unefenetre

Voilà que juillet s’est terminé…

chassé croisé

Comme un goût de brûlé

Ce rituel d’embouteillages, de corps serrés et allongés en juillet qui se lèvent le jour et l’heure prévus pour céder la place à d’autres corps qui feront la même chose, interchangeables… ce néant de gens qui miment la nonchalance ou l’insouciance alors qu’ils ne font que s’ennuyer ou cèdent à la vacuité… Banalité. Les privilégiés se seront échappés loin de la foule. Mais comme les autres, seront confrontés au drame du vide de leur vie. Tandis que d’autres, si nombreux, si souffrants, resteront rivés sous la canicule dans de petits appartements surchauffés. Ou mourront abandonnés à l’hôpital ou sur une aire d’autoroute.

Dans les familles, la promiscuité des confidences aura vite laissé percer les rancœurs. Il y aura ces disputes inévitables entre sœurs, ces maris avinés qui taperont leurs femmes ou celles qui serreront les dents en attendant qu’il ait fini, ces tenues affreuses au petit déjeuner, ces salles de bains encombrées, ces adolescents qui parviendront à s’échapper du cloaque un temps, pour aller mêler leur haleine à celle d’une ou d’un autre avant de pouvoir heureusement se séparer en se croyant amoureux à la fin de l’été.

Alors, comme leurs parents déjà désabusés, ils redeviendront les petits toutous consciencieux lapant dans l’écuelle de la norme et du conformisme. Ils auront l’enthousiasme d’une console de jeux, la joie d’un emploi du temps… Ils feront le récit lapidaire de leurs souvenirs de vacances symétriques à celles de leurs camarades. Ils mentiront un peu. Ils retrouveront leurs profs toujours aussi amers dont le bronzage luisant ne tardera pas à s’étioler.

Tout n’est pas triste dans cette saison morbide. Surtout s’il y a des romans, des paysages, des rencontres qui transforment. Mais chaque été signe d’avance notre affligeante déchéance. Il faudra bien rentrer. Ou on fera mine de rentrer parce qu’on sera resté en réalité. Tiens, les voisins ne sont pas revenus ? Ils ont déménagé en douce. Laissant leurs impayés en souvenir.

J’aimais tellement Paris au mois d’août . Je faisais tout pour y retourner pendant que les autres étaient au bord de la mer. On y faisait des rencontres étonnantes la nuit, dans la cour carrée du Louvre ou au bord du canal St Martin qui sentait l’eau croupie. La journée, on croisait de petites vieilles tirant leur cabas. Celles qui avaient encore le regard bleu et profond, on les aidait à porter leur sac jusqu’au cinquième en se demandant pourquoi elles promenaient de la fonte en pleine chaleur.

Cet été là, le 2022, brûle. Brûle de forêts sacrifiées, brûle d’inquiétudes à venir sur fond de disputes idiotes. Il brûle et pourtant bientôt avant les prochaines catastrophes prévisibles, nous en ferons un souvenir précieux. On le trouvera peut-être agréable.

J’ai mis deux ou trois choses sur le site en juillet. Je n’en suis pas très content. Il y a un tournant à prendre ou peut-être encore une page à tourner. Un livre à fermer ?

Quelques fidèles ou rares curieux lisent encore ce site, vont écouter une chanson. J’en ai quelques unes qui arrivent là, que vous allez trouver bientôt. Elles ne sont pas faites pour flatter. On va voir si vous aimerez. Pas certain du tout.

On va voir ce que le mois d’août va faire de nous. S’il faut poursuivre ici, mettre la clé sous la porte, inventer autre chose… On va voir…. Je ne suis pas pressé.

Amusez-vous bien si vous le pouvez encore ! Courage ! L’automne arrive bientôt !

PS : pour voir ce qui s’est passé en juillet, passez par le menu du haut ou les catégories du bas 😉

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