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Voici pourquoi je n’ose pas dire : voici mon poème !

Pourquoi je n’ose pas dire : voici mon poème !

Je ne dis pas ma femme
Je ne dis pas mon fils
Je ne dis pas mon chien
Je ne dis pas ma maison
Je ne dis pas ma voiture

Je n’ai pas l’âme propriétaire !

Je dis la femme que j’aime
Je dis l’enfant que j’accompagne
Je dis l’animal de compagnie
Je dis la maison où je vis
Je dis l’automobile qui roule, roule et vrombit

Et qui me mène par les routes du Monde immense 
Où j’invite les globe-trotteurs et les globe-trotteuses
Toutes sortes d’auto-stoppeurs et d’auto-stoppeuses
Les bardes, les chanteurs et les chanteuses,
Les clochards célestes et terrestres, 
Les fugueurs, les déserteurs, les perdus et les éperdus, 
Celles et ceux qui parlent les langues merveilleuses
De tous les genres
De toutes les plumes
Les plus colorées
Les plus mélodieuses
Et même les rocailleuses
Qui déboulent et roulent
Dans le rire lumineux des enfants échevelés

Je suis l'éternel locataire
Fidèle à ma jeunesse pauvre

Je loue le Monde où je pose mon regard
Le ruisseau discret
La vague
Le bavardage humain
Les mains qui signent
Ou osent
La métamorphose

Tout ce qui file et glisse au travers de moi
La métaphore, la parabole, le songe, l’au-delà

J'écris ce poème ou ce qu'il deviendra

Je te donne ces mots, je les pose, je ne t’oblige pas

Là

Et peut-être, 
Peut-être c'est l'espoir, 
Peut-être ce sont les mots qui glissent sur les lèvres
Les mots qu'on pense mais qu'on ne dit pas, 
Peut-être  goûteras-tu l’ivresse d’une surprise
Un émerveillement secret
Peut-être oseras-tu laisser le Monde te traverser
Tu deviendras nuage ou océan, rumeur ou sur l’aile du vent
Tu écriras silencieusement ta liberté

Je te donne ces mots et ce papier plié,
Entre deux chemises, dans la vieille valise
Un tiroir oublié
Un coin perdu de ta mémoire
Un jour
Tu les retrouveras, si longtemps après
Tu te souviendras
La poésie te traversera
J’aurai fait mon travail d’écrivain clandestin
Tu seras dans la confidence
Un petit carré de ciel bleu dans la tête
Pour toujours

Et tu comprendras que je ne peux rien posséder
Pas même ce poème que je te donne en amitié

Un rien de sel sur la tête
Le pain rompu des retrouvailles
Une chambre nue
Ta solitude où vit en fidélité
Tapie et aimante
La poésie


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