espoir

Seule la Poésie pourra sauver le Monde,

On n’a jamais vu une armée de poètes venir tuer des gens au nom de la Poésie. On ne peut être poète et fonder son art sur la haine ou le ressentiment. Le poète transforme la colère en mots et sait dire ce qui compte. Il rend grâce, il ose, il se déjoue des convenus.

Il y eut des hommes politiques poètes, mais ils conservaient une forme de distance avec le pouvoir. Le poète place l’homme au centre du Monde tout en le reliant à la nature au sens mystique du terme.Il sait aller chercher le beau dans la fange et rendre supportable le béton.

Nous devons tenir, nous devons nous retrouver. Il est une permanence de la Poésie à travers le temps et l’espace. Des poètes de la période Yamato au Japon, de Villon à Éluard, de Omar Khayyām à Lucienne Desnoues, un fil mystérieux relie les poètes qui se comprennent et comprennent l’Humanité.

Les poètes ont l’intuition du nécessaire, des urgences qui nous traversent, immanence, permanence des sentiments et du goût pour la Liberté. Ils nous disent en nous et vers les autres. Solitude et solidarité dans le même panier d’osier de la raison à vivre ensemble.

Les catastrophes annoncées et prévisibles. Les poètes les ont dites avant les autres. Mais plutôt que prophètes figés de collapsologie, plutôt que naïfs imbéciles à l’Espoir recuit d’un Paradis impossible, ils sont dans le réel à le réinventer mieux que personne.

Que chacun d’entre-nous écoute mieux l’enfant et le poète en lui. Il saura trouver sa route. Délaisser les idioties, le futile. Oser la joie. réapprendre et se réapprendre sans cesse.

Nous avons besoin de poètes pas de procureurs.

Les savants sont du côté des poètes. Pas les généraux.

Les mathématiciens, les musiciens, les horlogers, les professeurs. Pas les ministres ni les reines dans leur château. Pas les prêtres dans leurs Église. Pas les dogmatiques.

Homère déjà chantait l’épopée. Les Dieux n’y étaient que des acteurs parmi d’autres. Déjà l’homme voyageait pour trouver sa place. Ce grand Roman, cette fable, notre vie.

Chaque jour nous devrions lire un poème. Dans les écoles, la poésie devrait être plus présente encore. Et les romans. Pas ceux qui flattent le scandale mais ceux qui ouvrent des portes vers de nouveaux espaces.

Dedans, dehors. La Poésie est ce chant qui du babil du nourrisson aux bribes du vieillard sénile nous désigne de l’oralité à l’écrit, du tempo au récit, de la construction la plus précise à l’invention et à la recréation.

Laisse aller la parole
Avec le vent
Ne souffle pas dans le vent
Ce n'est pas toi qui le portes
Il vient de plus loin que toi
Le temps qu'il frôle ton épaule
Il est déjà loin de toi
...
[Pierre Emmanuel - Visage nuage - Ligne de faîte (Seuil)]

Soyons du parti de la Poésie. Résolument. Pacifiquement. Urgemment !

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