nigellededamas

Le journal des poèmes

La plupart du temps je ne relis jamais les textes que j’ai pu écrire. Il arrive même que les relisant, j’ai tout oublié d’eux. Du moment où je les écrivis, du contexte…

D’autres sont comme de vieilles photos jaunies que l’on retrouve dans un album écorné ou une boite en carton usée. Ces photos sont parfois froissées, surexposées ou trop sombres, souvent ratées mais elles nous parviennent accompagnées de mille souvenirs. La plupart du temps personne ne songerait à les exposer tant elles sont maladroites… Le décors peut y être laid. Un objet incongru, une posture, un vêtement défait, une intimité indécente, le désarroi d’un quotidien sans gloire…

On s’y voit avec des coupes de cheveux improbables et des vêtements dont on se demande comment nous avons pu oser les porter… et puis, quelque chose vient dépasser tout ça et une ambiance, une saveur, une couleur, des mots surannés soudain font “de la poésie”

Alors, je retrouve dans la boîte ces vieux textes. On dirait une sorte de journal intime échevelé. Mais un biographe ne ferait rien de ces ellipses, de ces allusions, de ces métaphores…

D’autres textes encore, je ne les avais pas oubliés. Certains sont devenus des chansons. Ou bien ont déjà été partagés. Ils sont des pierres blanches. Des petits signes, des fanions, des étapes.

Je n’ai pas toujours les dates.

J’ai jeté beaucoup de textes aussi. J’en retrouve parfois perdus entre d’autres écrits.

Ce n’est pas très important. Des bouts de papier. De l’encre, des mots. Vous ne ferez jamais mon portrait avec.

Je ne sais pas pourquoi je me replonge en ce moment dans leur lecture et j’ose en partager de nouveau quelques uns. Comme un pressentiment d’une page qui se tourne, d’une étape, d’un départ, d’un adieu proche ?

Et comme confier tout cela aux limbes numériques, c’est se promettre à l’effacement, à l’oubli …

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