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Le vaccin de Tartuffe

l'écriveur

Le vaccin de Tartuffe

Bien entendu, j'irai me faire vacciner dès que possible, c'est à dire quand ce sera mon tour et dès lors que les vaccins seront à disposition, mais voyez-vous je ne saurais passer devant des personnes autrement prioritaires.... 

Nous sommes pour la vaccination car elle est indispensable à l'éradication de la pandémie, mais nous sommes unanimement contre la rendre obligatoire car ce serait porter atteinte aux libertés individuelles qui nous sont tant précieuses !

J'aime beaucoup cette belle hypocrisie collective à laquelle sous des prétextes divers nous sommes tous rendus. 
Comme nous nous mentons bien, comme nous faisons joliment les couards !
Et cela de toutes parts...
Après tout, il y a bien une petite voix qui me dit, "tu verras dans quelques mois, l'épidémie aura reculé, tu n'auras pas besoin de passer la vaccination, tu n'es pas prioritaire !" 

[Pour les grincheux qui se sont déjà manifestés, à titre personnel je suis et favorable à me faire vacciner dès demain matin si possible et en même temps je refuse toute forme de réanimation ou de maintien artificiel de ma vie. Papiers signés en ce sens. Mais ça c'est personnel,sans valeur d'exemple.]

Imaginons que nous parlions de l'instruction. 

Je suis pour l'instruction car j'en comprends l'urgente nécessité . On ne saurait vivre aujourd'hui en société sans maîtriser les savoirs fondamentaux et les règles de la vie citoyenne... mais en même temps, il va de la liberté de chacun alors nous serons contre l'instruction obligatoire .... (cf. le débat récent sur l'instruction et/ou l'école obligatoire, ce qui n'est pas la même chose...)
Ou l'impôt... 
Ou le fait d'aller vêtu ...
Ou le fait de respecter les limitations de vitesse (beaucoup sont contre...). 

Quoi ? mais si le vaccin n'est pas sûr ? 

La question a le mérite d'être posée. On comprend aussi  que les autorités ne veulent pas prendre le risque d'une judiciarisation mais ce faisant elles augmentent le doute et la défiance. Il faut dire qu'à force de mentir nous avons été échaudés et si le drame de l'épidémie est incontestable, le crédit de l'équipe gouvernementale est réduit. 
On verra bientôt quand on découvrira comment sur bien des points le gouvernement leurre la population sur le plan économique. Après la déception, le risque de colère... dont la crise sanitaire permettra un temps de différer l'expression. Comme derrière nous en sortirons rincés, peut-être peut-être agirons nous autrement. Qui peut le prédire aujourd'hui ? 

Pour vacciner, on demandera avec plus ou moins de pression le fameux "consentement éclairé" à des personnes qui n'ont pas forcément fait d'études de médecine. 
Si cela "ne fonctionne pas" , on aura beau jeu de faire porter la responsabilité de l'échec aux individus qui n'auront pas été responsables. 
Comme certains diront que l’État n'aura pas su faire (et en la matière le pouvoir ne brille pas ). 

Délicat moment où l'intérêt collectif va devoir primer sur mon intérêt personnel ou ma peur de l'aiguille.

Bien sûr pour que l'intérêt collectif puisse être défini objectivement, il doit être juste et sincère, il nécessite des garanties ici scientifiques et démocratiques. Il faut donc des moyens à la science dont ceux de pouvoir expérimenter dans un cadre transparent. Il n'est pas certain que de confier le médicament à des organismes privés très puissants constitue la meilleure assurance. 
Pour que l'on puisse avoir une politique publique digne de ce nom, structurée et efficace,cela suppose  également des moyens qui ne se confondent ou ne se limitent pas avec des excès de procédures et de normes. Le principe de précaution peut parfois nous piéger surtout dans une société à la hiérarchie descendante.

La vaccination obligatoire a permis d'éradiquer en son temps un certain nombre de graves maladies. Et je suis fort content d'avoir été vacciné contre le choléra même si mon bras en porte encore la trace.

La vraie question n'est pas celle d'être pour ou contre un vaccin mais de notre capacité à définir l'intérêt collectif, de le rendre crédible  c'est à dire juste et rationnel comme de le rendre réalisable c'est à dire en se dotant d'un service public capable de mettre en œuvre ce qui a été choisi avec des résultats tangibles et mesurables pour tous. 
Visiblement, ce n'est pas à l'ordre du jour. 

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