plage

Le grain de sable

C’est le petit grain de sable qui va faire tout capoter où tu découvres que le mieux est l’ennemi du bien.

C’est le point de détail qui change tout, là où le diable va se loger. C’est en voulant parfaire en modifiant une variable que soudain tout bascule ou bloque.

C’est l’expérience cruelle de l’autodidacte qui cède à l’essai empirique ou encore celui qui voulant que tout soit parfait va donner le petit tour de vis de trop, le coup de torchon qui fera péter le verre à lustrer , le coup de pinceau qui fait basculer le chef d’œuvre du côté du raté… C’est la cuillère d’huile en trop dans la sauce ou le gâteau qui brûle car on voulait parfaire sa cuisson. C’est le mélange chimique qui soudain devient explosif.

Il y a la prise de risque, la recherche de la limite mais ce moment où l’erreur peut s’avérer fatale.

Avec le numérique et la gestion d’un site Internet par exemple, dès lors que l’on veut modifier parfois juste un paramètre de rien, améliorer ici, modifier ailleurs… il y a toujours ce hasard qu’un bout de code, pas toujours facile à identifier, parfois ajouté par mégarde vienne tout bloquer. Il faut trouver la cause, refaire…

Dans une relation c’est le mot de trop, la maladresse, une parole mal formulée, un geste de travers.

C’est le cerveau qui se leurre, obnubilé par quelque chose qui l’attirait.

C’est le jeu pour voir, la faute à pas d’chance... C’est quand on croit savoir et qu’on ne savait pas. C’est l’étagère fixée qui se casse la gueule juste parce qu’on a rajouté le bibelot ou le livre de trop. C’est là qu’il ne fallait pas rejouer la mise.

C’est le moment où le barrage va rompre. Il avait tenu jusqu’à la goutte d’avant et soudain, c’est la catastrophe. Le ballon de baudruche que l’on gonfle… jusqu’à ce qu’il explose et même si on s’y attendait, on est surpris, effrayé…

C’est ce moment où c’est trop tard, trop tard pour agir sur cet objet là.

C’est l’accident, le concours de circonstances où tout s’emboîte ou plutôt s’enchaîne.

Tant que la vie est là, on peut encore tenter, essayer, il faudra refaire, peut-être carrément autrement pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets.

C’est peut-être comme ça qu’on meurt. Quand un équilibre fragile est rompu.

Juste avant, il vivait encore et puis soudain, la bascule, la ficelle qui craque… on a tiré trop fort, mais comment le savoir si l’on ne tire pas un peu, avant, “pour voir” ?

La chance n'existe pas; ce que vous appelez chance, c'est l'attention aux détails.
Winston Churchill 

Tout le monde connaît aussi : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront »  (René Char)

Et aujourd’hui, le principe de précaution comme censure à nos gestes… mais ça c’est une autre affaire !

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