Ci-gît l'amer

Ci-gît l’amer

Guérir du ressentiment

Je viens de terminer l’ouvrage de Cynthia Fleury. Terminer est un grand mot car j’y reviendrai certainement, le livre m’accompagne depuis plusieurs jours, le matin, au jardin…

J’ai corné des pages, c’est bon signe. C’est un livre qui appelle à poursuivre… à revenir.

Les analyses critiques ne manquent pas, Cynthia Fleury est largement “médiatisée” avec tous les risques que cela peut engendrer.
Elle nous donne à lire un travail, une somme riche de liens et d’ouvertures vers d’autres auteurs et ouvrages sans sombrer dans l’exercice scolaire.
Ce ressentiment dont nous voyons bien comment il peut envahir notre intimité, les relations sociales, la politique… chacun forcément lira l’ouvrage à son propre prisme.

L’actualité chaque matin nous donne des illustrations concrètes de ce que l’ouvrage évoque mais il ne faudrait peut-être pas limiter son regard à ce que la période actuelle nous renvoie…

Cynthia Fleury n’hésite pas à donner son point de vue, elle ose aller chercher dans ses lectures des éclairages multiples qui ne peuvent que nous questionner, nous faire avancer.
Pascal Gibourg donne sur Remue-net une riche analyse. Le lien sur le site de France Inter permet d’élargir et d’enrichir la réflexion.
Je ne vais pas ici me livrer à l’exercice complexe et redondant qui consisterait à citer ou commenter…

Il y a de très belles pages, notamment sur l’ouverture et de très belles évocations du rôle que peut jouer la poésie. Certains passages viennent comme des fleurs éclairer avec un certain lyrisme ce qui n’aurait pu être qu’un essai aride. On aimerait d’ailleurs que Cynthia Fleury ose se lancer seule plus avant, se libérant des maîtres, comme le faisaient autrefois les grands philosophes qui déroulaient le fil de leur pensée… mais la richesse du livre et sa force tiennent dans sa capacité à venir nous toucher sans nous flatter pour nous transformer.

Quel bonheur en tout cas de voir ce fil d’Ariane déroulé avec ténacité, précision et honnêteté !

Du bonheur qui n’évacue pas l’inquiétude de savoir que seul un “happy few” pourra accéder au livre. Il faudrait tellement qu’à l’école, dans les instituts de formation… la philosophie prenne ou reprenne la place qu’elle mérite.

Mais si vous hésitiez à aller vers cette lecture, n’hésitez pas !

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