L’Humusation un procédé d’avenir !

Un processus découvert ce jour

On critique Twitter, mais au fil d’une discussion à propos de la mort, j’ai découvert après l’enterrement classique et la crémation, ce processus de compostage humain.

L’idée est de permettre de réduire notre impact écologique après notre mort grâce à la transformation des corps humains par les humuseurs.

Après le compost au fond du jardin, on peut aussi composter les corps des défunts, favoriser leur régénération en humus fertile…

Le procédé n’est pas encore autorisé en France mais semble bien intéressant pour préserver l’environnement.

Nous avons du mal à causer de la mort, surtout de la nôtre, surtout… de notre vivant

Quand je parle de ma prochaine mort, les gens trouvent ça morbide. Alors qu’il me semble important que ce moment et ce qui suivra puisse s’organiser autant que se peut.

L’humusation heurte nos représentations car elle ose évoquer la dégradation des corps en créant une symbiose avec la nature. Ainsi le corps mort revient à la nature dans son essence, offert à la décomposition… ça peut sembler indigne… pourtant ce qui se passe dans nos caveaux ne doit pas être plus ragoûtant…

Il y a celles et ceux qui voudraient préserver le corps. On congèle, on empaille, on embaume, on momifie, on pratique la thanatopraxie… Il me revient ce roman d’anticipation (Ravage ? de Barjavel ) où les corps congelés des ancêtres se décomposaient brutalement après une panne…

Pour certains il est important de posséder un caveau familial, d’entretenir stèles et tombeaux ou de conserver l’urne de l’aïeul en lieu sûr…

D’autres sont a contrario dans la logique de répandre leurs cendres…

Alors, l’humusation risque fort de heurter les principes et représentations. Il faut la concevoir avec un protocole précis tant technique qu’humain… Il faut qu’interviennent des « humusateurs » certifiés qui iront récupérer dentiers et prothèses et broyer les os…

Forcément, ceux qui ont un peu d’humour noir comme moi imaginent des scènes du genre : « Quand tu auras fini ton dessert, tu mettras pépé dans le compost, n’oublie pas de lui retirer son dentier !  » ou « pour les rosiers, je mets toujours un peu d’humus de tante Agathe, c’est le meilleur !« .

Ça ne me gênerait pas du tout à titre personnel de servir d’engrais à de belles pivoines…

Avant de mourir, j’espère avoir rangé mes affaires !

Je n’aimerais pas trop que l’on vienne fouiller dans mes papiers, mes brouillons,mes factures, un journal intime oublié… ou même des vêtements usés, du mobilier encombrant… Il y a toujours à ranger, éliminer…

J’espère parvenir à me débarrasser au fur et à mesure du temps.

Ne rien posséder ou presque aura toujours été une vertu en ce qui me concerne. Moins je possède plus je suis libre.

Mais c’est un lent et long travail que de s’alléger !

J’espère me voir mourir pour ne pas encombrer moi même…

Le droit de mourir dans la dignité, de ne pas mourir à l’hôpital. Surtout je ne voudrais pas mourir après avoir été placé dans le coma ou être resté longtemps dans la souffrance, de n’avoir plus conscience de moi même.

Toute la difficulté sera de savoir et pouvoir anticiper. Se trouver sur le fil. Savoir quand prendre la décision d’éteindre la lumière.

Évidemment le luxe merveilleux serait de pouvoir se coucher un soir et mourir tranquillement et doucement dans son lit.

En tout cas j’ai déjà fait savoir et écrit que je refusais toute réanimation ou procédé de maintien artificiel de la vie…

Si je devais être victime d’une maladie grave, je souhaiterais seulement adoucir la douleur ! Je ne verrais pas l’intérêt personnel de tenter à tout prix de prolonger mon existence même si j’aime la vie ! Ce que je dis ne s’applique strictement qu’à moi même.

Mourir sans emmerder personne !

Je conçois ma mort comme un moment « personnel ». Il faudra bien que l’on ramasse mon corps et qu’on procède à la crémation. Je crois qu’il faut un ou des témoins au regard de la Loi… C’est la partie la plus ennuyeuse. Il y aura un peu d’argent pour faire ça et j’espère que les professionnels sauront procéder discrètement…

Ceux qui m’aimèrent un peu se souviendront un temps de moi. D’autres tomberont peut-être sur une chanson ou un truc écrit… et puis peu à peu le souvenir s’estompera.

Je ne crois pas en Dieu, ni en la réincarnation, ni en une quelconque prolongation. On vit, on passe, on laisse un peu de traces et puis on s’efface… Même les souvenirs que les personnes aimées se feront ne seront que des formes vagues d’illusion…

Rien ne me serait plus détestable que d’imaginer mes proches ou amis se trouver dans la situation de devoir interrompre leurs activités pour se réunir dans un funérarium sinistre se croyant obligés de faire la tête, chouiner ou prononcer des paroles convenues… Les gens qui m’aiment vraiment savent que je n’attends pas ça d’eux et que les compliments posthumes ne servent pas à grand chose.

Je détesterais penser qu’on se réunit ainsi devant un diaporama avec une musique gluante.

Pire encore, je détesterais que certains qui ne seraient pas bienvenus chez moi, osent s’infiltrer dans la salle.

Bon en même temps, je ne serais pas en mesure de réagir puisque je ne serais plus que mort. Mais comme qui dirait ma dernière volonté c’est qu’il n’y ait aucune cérémonie pour ce moment.

Au delà de ma petite personne, mes morts, ceux que j’aime, sont tellement présents dans ma vie quotidienne – pas en dialogue, mais en mémoire, en sentiments intimes – que ce n’est pas du tout à leur enterrement que j’ai trouvé de quoi faire mon deuil.

Alors au pire que mes très proches boivent un coup, fassent une bouffe mais que l’on s’épargne toute cérémonie, tout faire-part, toute annonce, toute inscription…

Dans l’idéal, j’aimerais faire un peu comme ces vieux dit-on qui dans certaines contrées africaines quittent le village à pied pour aller mourir auprès d’un arbre… Alors j’aimerais juste que dans une conversation, presque par hasard dans la vie de tous les jours, les gens se disent : « Tiens ? il est parti ? On n’a plus de ses nouvelles! »

Partir discrètement… sans que l’on s’en aperçoive… cela me plairait.

Faudrait pourtant oser parler de notre mort ou de nos morts…

Je ne déteste pas envisager ma mort. Imaginer le paysage et la vie sans en faire partie. Cela permet souvent d’aimer mieux ce que l’on aime.

Pour ne pas me blesser le plus souvent, certains proches n’osent plus me parler de personnes mortes qui ont beaucoup compté pour moi. Et pourtant je souffre plus que l’on ne me parle plus par exemple de la personne que j’aimais et qui n’est plus depuis … déjà 15 ans !

Et pourtant cette personne aura été déterminante dans ma vie.

Souvent lorsque j’agis, je le fais pensant à son regard, son ressenti et tout ce que j’ai reçu.

Mais même nos morts ne nous appartiennent pas…

Vive la vie !

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Catégorisé comme Blogue

Par Vincent Breton

Après avoir travaillé longtemps dans l'Éducation nationale, Vincent Breton anime le site "L'écriveur" https://vincentbreton.fr et le site Numérilibre https://numérilibre.fr (site de celles et ceux qui s'intéressent au logiciel libre)

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