Qui doute encore ?

Publié le Catégorisé comme journal d'un électeur
Election
"Hand voting drawing, election vintage"/ CC0 1.0

Qui doute encore de ce qu’elle ou il fera dimanche ? Peut-être reste-t-il des gens qui détournant la tête ou par conviction profonde refusent de voter. Peut-être certaines ou certains vont refuser de voter pour un candidat qui ne représente pas leur choix personnel mais que le jeu des désistements a placé devant eux… qu’est-ce qu’on peut leur dire sans les froisser ni les braquer ?

Le pays est divisé

Ce n’est pas nouveau, mais c’est plus marqué encore. Cette triste campagne, comme un film accéléré, n’a pas permis de réflexion profonde… C’était le but je pense. Les partis politiques pour la plupart ne font au mieux que d’aligner des catalogues de mesures avec lesquelles on peut-être plus ou moins d’accord mais qui vont se confronter à la réalité…

Ces mesures sont destinées à attraper les électrices et les électeurs… mais elles le font un peu comme « le papier mouches » suspendu au plafond pour attirer les insectes. Une fois englué… difficile de se dépatouiller.

La démocratie de délégation favorise une vision consumériste des choix. C’est bien pour cela que certains veulent « essayer » une politique comme si c’était une paire de chaussures.

Il faudrait plutôt une démocratie de contrat qui engage et responsabilise chacune et chacun en lui donnant du pouvoir… notamment au niveau local.

Il va falloir compter sur les institutions, les administrations, la fonction publique pour que le pays fonctionne et tienne. Il est clair que l’approche illibérale si elle devait être mise en œuvre, favoriserait la mise en compétition et l’exclusion et que ce serait la pire réponse... mais il est clair aussi que nous ne pourrons nous contenter de faire ensuite comme avant après ce nouveau tsunami… mais quelle tristesse de voir comment le Président de la République après l’impéritie d’hier a joué l’avenir de la République aux dés…

J’irai voter

« Mon » candidat n’est pas le pire, loin de là. Il y a eu des péripéties… Il peut y en avoir encore. Par le passé, il m’est arrivé de voter pour la droite… juste pour faire barrage et ce n’était guère plaisant… surtout que mon bulletin de vote a été pris et trahi sans vergogne, sans attention… J’ai déjà dit qu’un bulletin blanc de barrage, vraiment pris en compte, ce serait intéressant…

Mais chipoter n’est pas de mise quand la maison brule… Je le répète inlassablement. Sauf à penser qu’il faut que la maison brule pour reconstruire… mais quoi ?

Les acouphènes

Preuve indéniable de stress, je dois à la menace de l’arrivée de l’extrême droite, le retour des maudits acouphènes. Ils chantent vite et augmentent si je vois le visage glabre du jeune Bardella paraitre sur un écran.

J’ai trop regardé la télévision, trop trainé sur certains réseaux sociaux où si j’en doutais j’ai bien vu que l’agressivité, la haine parfois et le ressentiment toujours étaient le moteur ou le carburant de l’extrême droite et de cette bande de trolls frustrés prompts à en découdre lundi matin, surtout s’ils se sentent absolument « victorieux ».

Ils étaient déjà là avant, ils seront là après… pas utile de leur laisser toutes les commandes…

Trêve

Ce soir à minuit, nous aurons droit à une trêve. Un jour si ce n’est de calme, où le sujet sera mis au second plan.

À la campagne, il y a de nombreuses fêtes, des festivals… pas évident d’aller se distraire ou s’amuser, mais je suis aussi convaincu que la Culture est un espace de liberté, d’émancipation qui sait rapprocher, relier… On a besoin de poésie pour se relier au présent, pour vivre, tenir. Ce qui compte c’est de placer sa vie bien dans l’axe de la poésie.

L’extrême droite est l’ennemie de la poésie. Elle n’aime pas la couleur, la diversité…

Au fond, refuser de voter pour l’extrême droite, faire barrage, c’est préférer la vie, la joie du d’un monde ouvert, fécond et créatif au conformisme rance d’un monde figé, fermé, replié, sans oxygène.

Nous verrons si lundi matin il faudra, tout en restant parfaitement dans les clous de la Loi, entrer en résistance, c’est à dire ne rien laisser passer qui atteigne la liberté individuelle, le respect de la dignité de chacune et chacun… juste histoire de ne pas oublier que la France fut le pays des Lumières et des droits de l’homme… et que cela ne mérite aucun mépris…

la pivoine
Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *