Je suis connu habituellement pour le ton policé de mes propos et ma courtoisie. Je crains plus que tout d’être gouverné et aveuglé par mon propre ressentiment. Je conçois et souhaite même la divergence de points de vue. Je me refuse à une vision binaire et simpliste. Il n’empêche, il est plus que temps. Résistons aux connards ! Il n’y a pas de con qui ne puisse apprendre. Le connard c’est un con qui devient méchant parce qu’on lui laisse prendre le pouvoir. C’est un type dangereux. Et qu’il faut arrêter parce qu’il s’en prend à la Liberté et que c’est mortifère.
Le hasard d’un morceau de journal télévisé.
En moins de cinq minutes, j’ai pu voir :
- L’obscène Trump entouré de petites filles et de jeunes femmes signer un décret ouvertement transphobe. La veille, il avait proposé de déporter toute une population avec cette voix doucereuse qu’il sait prendre pour annoncer des horreurs. Ça frémit à peine.
- Juste après, un ministre français proposait de limiter le droit du sol dans un département. Il fut un temps où l’extrême droite aurait osé murmurer de telles insanités, on lui aurait fermé son clapet.
Deux revenants. Deux cauchemars.
Nous avons vu comment des grandes fortunes américaines, bénéficiant pourtant d’argent et de pouvoir, sont allés se prosterner en faisant acte de vassalité aux pieds du nouveau Président. Pour rester dans la course, ils ont volontairement renoncé au peu de principes qu’ils avaient encore. L’indignité du collabo est désarmante. Le collabo est candidat au poste de connard.
Le connard et les collabos
Le connard n’est rien sans la clique de collabos qui flairant l’opportunité de se trouver du « bon côté » du manche lui serviront la soupe, minimiseront ses propos, se transformeront en délateurs zélés.
Les fragiles, les pauvres, sont des proies faciles. On les présente comme des menaces. La logique est imparable et comme ils ne disposent que de peu de moyens, comme ils sont dans la peur, dans la survie, ils ne mesurent pas leur propre capacité à s’unir.
Le principe du connard est de fabriquer une machine à exclure. C’est une machine très bête, elle n’a pas besoin de vérité ni d’argumentaire rationnel. Son carburant est l’ennemi. Quand il en manque un, il faut en trouver un autre. C’est là son défaut. Les ennemis s’usent. Jusqu’à ce que le connard se trouve soudainement en infériorité face à toutes celles et ceux qu’il a pu exclure. Mais il faut souvent du temps pour ça.
Trouver la machine à réparer
Il faudrait d’abord que les gens, gauche notamment, cessent d’avoir honte de leurs valeurs.
Il ne s’agit pas de pouvoir d’achat ni de budget mais de liberté individuelle et collective.
La machine à réparer ne doit pas dire qu’il faut prendre aux uns pour donner aux autres. Il faut créer ou réinventer un modèle coopératif pour faire ensemble autrement, partager et construire.
On a laissé la « concurrence » imposer la mise en compétition, alors qu’il faut favoriser la mutualisation.
Ni renoncement, ni déconstruction ne feront un projet si on ne valorise pas l’altruisme, la solidarité, la joie du faire ensemble.
Il ne s’agit pas de revenir en arrière ou d’être dirigé par la peur mais d’avancer en lucidité.
Que voulons-nous pour nos enfants ? Comment pouvons-nous y parvenir ?
Soutenir les exclus
Face à l’indignité, toutes celles et ceux qui le peuvent doivent parler clair, haut, fort, redresser la tête. Il faut choisir son camp. Tranquillement et fermement. Les disputes de cour de récré, les ambitions personnelles, n’ont pas leur place.
Ouvrir sa porte, filer un coup de main, envoyer un chèque au bon endroit, c’est souvent pas grand-chose mais peut infuser localement.
Penser à la Liberté
La Liberté est du côté de la vie. La vie, c’est ce souffle qui nous traverse. Ce souffle c’est notre âme. Notre âme et notre corps sont liés dans ce mystère. Je vois mes mains. Je ne vois pas mon âme. Seule mon âme sait en pleine conscience, ce que je fais de ma vie avec ma parole et mes gestes. Il faut être convaincu d’exister pour se placer du côté de la Liberté.
La Liberté suppose la limitation du pouvoir sur autrui.
Chacune, chacun est pleinement digne. La première dignité est de pouvoir me reconnaître en l’autre. Et quand l’autre vous reconnaît et vous dit « salut ! « ou « Paix ! » il n’y a rien de plus beau. C’est le début du « possible ». Ce possible c’est, savoir vivre ensemble, peut-être devenir camarades, amis et dans l’exacerbation de la rencontre entre deux êtres, amoureux : s’aimer, c’est-à-dire se trouver reconnu-e en confiance dans le regard de l’autre, écrire quelque chose ensemble, pour un temps…
Chaque être est unique et semblable pourtant à moi-même. Personne ne possède personne et le rôle d’une Société civilisée est d’aider chacune, chacun à prendre sa pleine place. Pour ça, il faut calmer les connards avant qu’ils ne nous entraînent dans leur dérive suicidaire. Il faut leur trouver autre chose à faire.
On ne pourra pas lutter contre les connards avec leurs armes, en les imitant. Je suis foncièrement non violent même si c’est une voie beaucoup plus difficile. On pourra lutter avec des valeurs ancrées, des actes solidaires et des paroles solides et de la poésie.
Et heureusement, j’en connais plus d’un qui osent et font ça.
Il faudra peut-être veiller à les encourager plus encore, donner écho à ce qu’ils imaginent et qui éclaire l’espoir.
Nous en avons bien assez de cette collection de connards. Au placard !

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