Oui, j’ai un compte Mastodon !

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Mastodon
4–6 minutes

Non, je n’ai pas de compte Facebook, ni Snapchat, ni X, ni Bluesky, ni Instagram… Oui, j’ai un compte Mastodon et j’y trouve des choses intéressantes. Ce n’est pas si complexe. Il faut accepter l’idée d’entrer dans une logique différente de celle des géants du Web. Pour soi, avec les autres, il faut aussi veiller à conserver une approche éthique et lucide en s’interrogeant sur ce qu’on attend d’un réseau social, ce qu’on veut y faire et avec qui…


J’étais las des géants commerciaux

J’avais quitté Twitter depuis son rachat par le sinistre Elon Musk. J’ai raconté comment j’ai quitté Méta et Bluesky en janvier 2025. Les positions des patrons de ces réseaux, la manipulation des algorithmes, leur côté intrusif et non respectueux, sans parler des contenus violents , il n’y avait guère de raison de rester. J’y ajoute également l’espèce de conditionnement du cerveau au scroll. Mon cerveau n’est pas dans mon pouce. Ni plus bas.

Il y a certainement une phase de déshabituation. J’ai un temps hésité à restaurer un compte Instagram où j’avais des contacts artistiques intéressants. Il est vrai qu’il est dommage que les associations et institutions locales n’investissent pas mieux le fédiverse… Il faut chercher autrement l’information. Mais il est vrai qu’une fois désintoxiqué, le cerveau envoie plus de signaux négatifs que positifs si on est confronté de nouveau à ces réseaux commerciaux. C’est exactement comme lorsqu’on habitue son corps à une bonne alimentation, on n’a plus d’appétence ensuite pour les plats industriels transformés. Je crois que c’est valable pour tout : les arts, la musique…

Quand il s’est agi de choisir un ou des réseaux, j’ai d’abord appliqué les 3 filtres : le filtre des apports, le filtre de la communication saine ou éthique, le filtre de la sécurité et du respect de l’usager.

L’autonomie retrouvée

On choisit son instance selon ses valeurs. On peut en changer sans perdre ses abonnés. Personne ne vole vos données, ne vous impose de la publicité. Les instances peuvent se relier entre elles, ont parfois leurs propres règles…

Il existe des outils pour aider au choix comme https://instances.social/

Mastodon s’inscrit d’ailleurs dans le système plus large et interrelié que constitue ce Fédiverse dont je parlais plus haut avec par exemple Peertube (pour les vidéos) ou Pixelfield (pour les images).

Pas de manipulation, pas de publicité, pas d’effet de « buzz » ou en tout cas, ça reste modéré. La modération est plutôt bien faite et les attitudes toxiques vite pondérées.

Penser et agir autrement

Une erreur serait à mon avis de chercher chez Mastodon ou d’autres instances du Fédiverse, une sorte de substitut à ce qui existe sur les réseaux commerciaux. C’est la même chose avec les géants du Web comme Microsoft ou Google. J’ai dit de façon un peu provocatrice qu’il fallait cesser de proposer des alternatives aux géants du Web dans le sens où il ne s’agit pas de chercher des outils qui feraient « la même chose ». Il faut changer de paradigme et s’interroger sur ce que l’on attend de ces outils et ce qu’on entend y faire. Plutôt que de partir de ce que l’outil propose ou impose, préférer définir ce que l’on souhaite y faire, pourquoi on est présent sur un réseau social.

Quand un compte Mastodon relaie un message de X je trouve ça dommage. Les polémiques également ou la violence des propos ne m’intéressent pas. Je ne pense pas que ce soit utile autrement que pour conforter un groupe dans un point de vue. Je n’ai jamais changé fondamentalement d’opinion en lisant des messages virulents… lesquels se retournent plutôt contre leurs auteurs.

Je prône l’assertivité, la non-violence et le respect d’autrui. Les propos réducteurs, les préjugés, ne sont pas absents de Mastodon. Ils sont heureusement moins visibles et plus faciles à invisibiliser…

Je me refuse toutefois à édicter ce qui serait bien ou mal. C’est une question de choix personnel, d’histoire personnelle… Après tout j’ai beaucoup publié sur Facebook autrefois. Je peux simplement inviter à essayer…

On en revient à la nécessité de réfléchir à ce que l’on attend d’un réseau social.

Pour ma part cela peut être :

  • trouver des informations que je ne vois pas ailleurs
  • pouvoir découvrir des artistes, des personnalités qui ont un message novateur, qui ouvre l’esprit
  • développer quelques affinités électives même si je n’ai encore jamais rencontré « en vrai » une personne croisée sur Mastodon mais par exemple, j’ai pu parler poésie, découvrir des blogs, partager des textes…
  • en tant qu’acteur :
    • je partage des « humeurs » ou des impressions,
    • je réagis en lien avec le quotidien ou l’information
    • je peux réagir à un message mais je le fais avec prudence : nuancer un propos, questionner ou mettre en cause une affirmation est rarement bien accepté
    • j’informe de publications ici

De temps, il faut s’autoréguler : il m’arrive de m’interroger sur l’intérêt ou la pertinence d’un massage. Pourquoi je dis ça ? Qu’est-ce que j’en attends ?

Même si on peut écrire des messages relativement longs, il me semble que l’expression d’un point de vue nuancé se fera mieux par exemple via un blog. On peut d’ailleurs avec certaines limites techniques, fédérer des blogs entre eux notamment avec des protocoles comme ActivityPub même si à titre personnel, je n’y suis pas parvenu en raison des règles de sécurité qui protègent mon site…

Un réseau social reste un espace partagé, public, avec ses règles.

Maître de mes contenus sur ce site, il n’en reste pas moins que je suis responsable de ce que j’écris par exemple devant la Loi. On n’écrit jamais coupé de tout… ou alors, il faut s’en tenir au journal intime en s’assurant que personne ne tombe jamais dessus !

Pour me retrouver

Il est possible de me retrouver sur l’instance piaille : https://piaille.fr/@VincentBreton

à voir une présentation résumée de Mastodon.

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