Se moquant bien des malheurs du Monde, le Printemps s’impatiente depuis un moment.— Me parlez pas du climat ! Y a plus d’saisons ! Oui, mais le temps se déroule. Irréversiblement. L’enchaînement des cycles est prévisible. Et pourtant chaque printemps est une variation unique. En tout cas ce soir, je peux noter que l’hiver s’achève et que j’en suis bien content !
J’aurai encore laissé passer l’hiver
Bertin chantait cela (en cliquant sur son nom vous irez à la chanson).
J'aurai encore laissé passer l'hiver
Sans refaire la charpente mangée aux vers
Et ni enfin écrire cette lettre
Sur l'amour, sur le vide rongeant l'être
·.
J'aurai toujours pris la vie de très haut
Et sans avoir pas trahi père et mère
J'aurai laissé par le carreau cassé entrer l'hiver
J'aurai laissé mourir de froid tous mes oiseaux
[Le poids des roses]
Je n'ai peut-être pas fait tout ce que j'avais à faire, mais j'ai désherbé la bibliothèque. J'ai fait deuil de ces livres qui me retenaient au passé comme j'ai fait (partiellement) le deuil de mon,, doux Galou.

J’ai rangé, nettoyé, jeté, repeint. J’ai beaucoup écrit mais presque pas de fiction. Quelque chose retient ma main, surtout, je veux marcher, même en écriture, pas ressasser. J’ai chanté. J’ai noué ou ravivé des liens. J’ai mal dormi. J’ai exploré, marché, mais il a trop plu cet hiver. Ce n’était pas la pluie océanique salée, mais ces lourds seaux d’eau glacée.
Saleté d’hiver sali de catastrophes, pas de neige pour jouer. Heureusement, les bestioles croisées, celles sauvées des chasseurs. La meute à côté s’énerve encore.
Norouz
Norouz (le Nouvel An persan) est célébré chaque année à l’équinoxe de printemps.
En 2026, Norouz tombe le 20 mars 2026 (l’heure exacte de l’équinoxe dépend du fuseau horaire, mais en France c’est bien le 20 mars).
Il y a en moi ce petit garçon qui a fait son école maternelle à Téhéran. Je me souviens de la Caspienne, d’Ispahan et de l’appel du muezzin qui résonnait avec une mélancolie très douce.
Norouz c’est le nouveau départ, le renouveau.
Mais l’inquiétude est là… entre les bombes du vieillard fou et la persécution, comment peuvent-ils tenir dans cet espèce d’étau insane ?
L’hiver fut difficile pour les unes et pour les autres.
Mais sous la terre, sous notre patience, la vie est là. Ce souffle vital qui traverse tout et nous relie au vivant dans ce grand mystère.
Mais il reste encore quelques heures pour ranger l’hiver, prendre une sorte de profonde et longue respiration pour se préparer au printemps.
Rendez-vous demain à 15 h 46 !
Ne le loupez- pas !

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