Un quart des lecteurs du site sont des robots !


Cerveau

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4–5 minutes

J’écris en disant souvent « chères lectrices, chers lecteurs« . J’aime beaucoup les humains malgré leurs défauts. Mais je ne devrais ne pas oublier : « chères robotes, chers robots« . Tout de même 25% selon les jours, quelle fidélité ! Si je vous inspire, vous m’aspirez si bien ! Mais les verrous que je pourrais poser restent en réalité symboliques à l’heure numérique. Alors quoi ? Fermer le site ? Trop tard, le Web n’oublie rien. Verrouiller ou adopter de nouvelles stratégies agiles et lucides ?


Le scraping est là.

Je lisais hier je crois, le message d’une personne qui revendiquait avoir trouvé une solution miracle pour que plus aucun robot ne vienne sur son site. Soit. Puis d’avouer que même les moteurs de recherche ne pourraient plus venir. Pourquoi pas. L’invisibilisation peut-être une stratégie. Mais les limites de l’exercice font que le site non découvrable par les humains, risque de l’être tout de même par les robots indélicats.

C’est vrai que c’est agaçant de se dire que les IA viennent tout sucer sur un site pour s’en inspirer ou le réinjecter dans une soupe souvent indigeste. Après, on peut rêver les influencer ! Dans le fatras où nous sommes, IA et moteurs de recherche sont liés. J’ai tenté sans trop de naïveté des solutions qui ont engendré d’autres problèmes. J’ai gardé un « opt-out » symbolique dans la page des droits d’auteur.

Si demain matin je mets des solutions bloquantes, ce sera trop tard pour le contenu ancien qui circule déjà !

Le vrai problème ne tient d’ailleurs pas tant dans les OpenAI, Anthropic, Google, xAI, etc. mais plutôt chez les IA « amateurs » ou pirates qui volent directement des textes pour les replacer ailleurs ou pour les sites détenteurs de données qui vont les récupérer pour des usages illégaux. Comment dire ? Mes poèmes et chansons sont assez marginaux pour ne pas trop souffrir de ce risque.

Le droit d’auteur bousculé à l’ère du numérique

Il y a déjà des années, j’avais vu un site pomper un de mes articles en intégralité pour l’instrumentaliser. J’ai des poèmes qui ont été copiés sur des sites tiers sans aucune autorisation et mes demandes de retrait n’ont pas toujours été suivies d’effet. Je ne vous dis pas l’agacement quand en plus ils sont assortis d’un commentaire nunuche et présentés avec une décoration kitsch ! (Orgueil mal placé, ça me vexe, et je me dis que peut-être ce sont mes textes qui sont nunuches !)

Il y a la problématique du droit moral -réputé inaliénable- , de l’éthique et du droit patrimonial.

Et l’esprit IndieWeb dans tout ça ?

Ces temps derniers, vous avez vu que le site intègre plus avant le Fédiverse et la démarche Indieweb.
L’esprit IndieWeb repose sur quelques principes fondateurs : publier d’abord sur son propre site, syndiquer ensuite ( c’est l’acronyme POSSE : Publish on your Own Site, Syndicate Elsewhere).

Le Fediverse ajoute une dimension de réciprocité éthique : les gens qui partagent tes textes via Mastodon sont généralement dans une culture du crédit et du lien à la différence des grandes plateformes commerciales centralisées. Le Fediverse favorise la circulation ouverte des contenus, parfois via des bots, des agrégateurs, des instances qui republient automatiquement. Le site étant ActivityPub-compatible, les publications peuvent voyager loin sans sans contrôle.

L’illusion du contrôle total

Pour garder le contrôle total, il ne faut rien publier notamment sur le Web.

Si je ne recherche pas la notoriété, (je préfère la qualité du lien à la compétition par le like), je ne suis pas dans le rejet du partage, ni dans l’abandon total du contrôle. Il est possible d’ailleurs à certains moments que je fasse valoir mon droit patrimonial en « vendant » telle ou telle production. Pour être pompeux, j’avance dans l’idée d’une éthique du partage conditionnel et situé.

Vers une licence creative commons ?

Revient alors l’intérêt de choisir de publier sous licence creative commons. Ces licences permettent à un créateur de partager ses productions numériques et leur utilisation en précisant sous quelles conditions. Il n’y a pas besoin de « signer des contrats » . Pour autant ça n’abandonne pas le droit moral ou patrimonial.

Bien sûr, les licences ne protègent pas de la violation des droits, ni du scraping et ne permettent pas à un auteur de se rémunérer.

Le pari de la visibilité accrue

Le plagiat n’est possible que si le texte qui « inspire » le faussaire n’est pas ou plus connu. sinon, il est vite pris au piège. On peut penser d’une certaine façon que la protection d’un texte sera d’autant plus forte qu’il sera connu, diffusé, mis dans la lumière et revendiqué par son auteur.

La contrefaçon est détectable si on connaît déjà bien l’original.

Paradoxe apparent : rendre son œuvre plus visible la protège mieux que la cacher. Un poème qui circule avec son nom, son lien, sa date d’origine est un poème qui sait d’où il vient et d’une certaine façon peut le prouver.

Et si la meilleure des protections c’était de prendre la main, d’être visible, partout ?

À suivre donc… avec le choix demain d’une licence creative commons et sa mise en place ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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2 réponses à « Un quart des lecteurs du site sont des robots ! »

  1. Avatar de Matoo

    Il faut laisser faire tout ça, même si tu peux empêcher les robots malgré tout. Tu as ces tips assez simples de Seb Sauvage que tu peux mettre en place : https://sebsauvage.net/wiki/doku.php?id=stupidantibot

    Il faut rester assez zen, et continuer à écrire et à publier. Avec ou sans bots, avec ou sans lecteurs. 😉

    1. Avatar de Vincent Breton

      Je suis très zen 😇 Concernant les robots le seul problème serait pour la bande passante mais elle est bien préservée sur le site avec XtremCache et l’hébergeur a les reins solides.
      J’élargissais des robots à la question du droit d’auteur. Pour l’instant ce sont surtout de vrais humains qui ont piqué mes textes ! Nonobstant dans l’alignement Fediverse/Indieweb, je pense introduire une licence creative commons… si je ne change pas d’avis d’ici là !😄

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