Explorer le jardin


La grande pelouse

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3–5 minutes

Ce jardin ne m’appartient pas, pas plus que la maison où je vis. Explorer le jardin est une activité tout aussi passionnante que celle qui consiste à l’entretenir et ces deux temps sont liés. Ce qui me frappe c’est la profusion, la vigueur, la ténacité de toutes ces plantes qui veulent s’implanter, se développer, s’associer. Et ma méconnaissance de ce monde végétal, comme des animaux qui passent par là…


Cette chance là

La chatte et le chien ont adopté le lieu. Entouré de haies diverses, de grands arbres, le jardin c’est une prairie répartie de chaque côté de la maison. La terre est rouge. Au pied du causse le jardin reçoit cependant l’humidité de la rivière qui passe proche. En explorant ce qui pousse là, on trouve mêlés, entremêlées parfois, des plantes installées là par les premiers propriétaires, d’autres venues spontanément. Au gré des saisons, le paysage du jardin évolue.

Ce que j’aime d’abord, c’est explorer le jardin : que ce soit le matin, plus tard en journée… Selon l’éclairage et les passages on ne verra pas les mêmes choses. Passer, repasser, c’est découvrir à chaque fois une nouveauté.

Selon les moments, pour le déchiffrer, ma main intervient. Au cœur des buissons entremêlés, certaines plantes prenaient le dessus. Il a été nécessaire de séparer certaines qui avaient l’amour un peu vache. Je canalise les ronces, non par détestation mais pour qu’elles ne surgissent pas au dessus du grillage au risque d’égratigner le passant ou le cycliste.

J’expérimente de temps à autres des lieux plus libres, où je laisse pousser les adventices pour la joie des insectes… mais sous la luzerne montée très haut au début de l’été, le sol s’était asséché, pas joli à voir… Ce qui en tout cas est frappant, c’est la vivacité de toutes ces graines qu’un rien ranime, la façon dont soudainement une espèce vient envahir les lieux comme une armée faisant sa conquête d’un territoire. Le tout est souvent accompagné d’une armée d’insectes très présents en Aveyron (département où fut tourné Microcosmos il me semble).

Les spontanées

Quelques exemples de plantes qui se sont invitées et installées d’elles-mêmes…

L’arbre à papillons
Je lui laisse son nom familier. Il y a deux ans, il m’arrivait au genou. Semé spontanément au gré du vent, il vient du voisin. Il se sent si bien que je dois le contenir pour laisser passer l’auto.

Cerisier sauvage
Un grand cerisier borde le jardin. Il fait des petits chaque année et là aussi, il faut parfois contenir les impétueux qui viendraient partout.

Figuier
Il a donné ses premiers fruits cette année. Il se frotte un peu trop au cyprès voisin, il faut le tailler un peu mais il se plaît.

Potentille
Identifiée comme telle, c’est la petite nouvelle qui s’est installée à l’entrée du jardin. Je vais la laisser tranquillement pour voir ce qu’elle donnera plus tard.

Les officiels

plantés par l’humain

On pourrait vous faire jouer à deviner qui est qui. En bas à gauche, l’un des composts où les tailles des haies sont amenées à se décomposer. Un autre, fermé, concerne tout ce qui vient de la cuisine (hors déchets d’origine animale).

Si j’avais la science, les compétences, le temps, je pourrais réaliser un herbier et apprendre mieux à nommer toutes ces plantes et notamment la collection d’adventices qui ne manquent pas de « surgir » à chaque averse. De temps à autre, j’utilise une des ces fameuses applications pour smartphone, pour une fois utiles, qui aident à identifier les plantes. Quand j’étais petit, ma grand-mère, botaniste, m’épatait par sa science. Elle m’en aurait expliqué des choses, sur les aubépines et sur les roses et sur le palmier qui a décidé de s’élancer vers le ciel à côté du cerisier japonais.

Je suis à chaque fois surpris de la diversité qui persiste… Le jardin est heureusement sans aucun traitement et si je tonds la « prairie » tout en laissant de temps à autres des parcelles libres, je vois combien elle est diverse, évolutive.

Si l’on se penche un peu, on découvre aussi les insectes nombreux, souvent superbes, les lézards, quelques escargots qui ont survécu à la canicule. Une tortue échappée d’une maison a passé une fois. J’ai surpris j’en suis quasiment certain le passage d’une genette. De nombreux oiseaux de toutes sortes s’amusent dans les grands arbres dont de jolies huppes… Le soir on croise des pipistrelles. Les chouettes se font entendre. Il y a quelques mois au retour d’une balade, nous avons surpris un chevreuil venu boire à la gamelle du chien… Et tout ça c’est du vrai bonheur, une chance et une richesse.

Quand je vivais à Paris, j’allais dans les squares, les jardins… mais forcément, on se sent plus en proximité quand la maison est entourée d’un jardin.

Connaissez-vous ce bonheur là ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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