Tondre ? Oui, mais avec parcimonie et mécanique !


Grandepelouse

·

3–4 minutes

Tondre ? oui, mais parcimonie et mécanique, en alternant les zones, en observant, en préservant les pâquerettes, voilà ce à quoi je veille aussi au jardin et la tonte est plus poétique !


La batterie de mes bras

J’avais raconté comment l’an dernier, à la mort de la tondeuse thermique, j’avais décidé de la remplacer. Intéressé par la machine peu bruyante, un passant et néanmoins voisin m’avait demandé se penchant par dessus la haie « combien de temps durait la batterie » et je lui avais répondu : «  aussi longtemps que mes bras ont la force de pousser la bête ». Car elle est mécanique et donc sans moteur, ne pollue pas, ne demande ni vidange, ni remplacement de bougie et un entretien somme toute minime.

Ici, la pente est douce et si l’on avoisine les 1 000 mètres ² de terrain, quelques arbres doivent être contournés. Je n’ai pas observé qu’il faille tellement plus de temps à la main. La machine était lourde à manipuler, faisait un bruit d’enfer, m’envoyait parfois un nuage de fumée dans les narines ou renâclait à démarrer. Là, il faut ajuster la hauteur de coupe, si on est maniaque faire quelques bordures au rotofil (oui lui est électrique) ou sortir les cisailles qui très souvent feront l’affaire…

Cette année, selon les lieux du jardin et les moments, je varie les coupes : j’ai laissé longtemps les pâquerettes, puis j’ai tracé des chemins (le chien adore ça pour y jouer et s’y faire des promenades) et puis j’ai laissé prospérer des ilots d’herbe qui monte en blé, de trèfle ou de luzerne qui vient maintenant à fleurir.

L’effet plutôt joli donne du relief au jardin et surtout je vois bien que ça plaît à toutes sortes d’insectes qui font la fête. La terre est argileuse et sèche vite. L’idée est de maintenir un peu d’humidité, de fraicheur, de jouer de couleurs…

C’est intéressant de voir quelles espèces prospèrent, comment elles s’installent et cohabitent les unes avec les autres.

Préserver et jouer en douceur avec le paysage

Il est clair, si je tonds partout, que l’eau dévale à la première occasion et se jette alors dans le chemin transformé en ruisseau quand ce n’est pas en torrent.

Certes, j’ai la chance d’avoir la rivière pas loin, mais il n’empêche que le jardin peut devenir rapidement très sec.

Un petit cerisier sauvage est venu boucher le trou dans la haie. Outre le compost de cuisine caché dans sa boite, les feuilles fondent doucement en humus au fond du jardin tandis que les coupes des haies ont été il y a longtemps broyées et répandues un peu partout. Quelques branches tombées des arbres, mises à sécher, iront servir de petit bois à la cheminée. Oui, je sais que le feu de bois n’est pas écologiquement parfait…

Il n’empêche que peu à peu j’apprends, modestement, à jouer avec ce jardin au pied du causse. La terre argileuse, peuplée de cailloux n’y est guère fertile mais pourtant de nombreuses plantes y font leur place…

Je veille à ce qu’elles ne s’étouffent pas les unes les autres, que les jolies pervenches trouvent à s’exprimer. Personne n’est considéré comme mauvaise herbe ici même si je m’emploie à nettoyer les allées comme demandé dans mon bail.

Je rajoute de temps à autres quelques bulbes, quelques semis qui devraient fleurir bien plus tard. Tout à l’heure j’ai croisé un joli cétoine doré, encore jeune semblait-il et souriant entre deux brins. Car le cétoine sourit si on le regarde bien et avec affection !

Ces passages au jardin, ces quelques travaux mais surtout ces découvertes ne cessent de me fasciner. Je vois aussi la faiblesse de mes connaissances et pense alors à ma grand-mère qui savait le nom des plantes en botaniste émérite qu’elle était.

Quand je fais le tour du jardin au petit matin ou le soir à la fraîche, c’est souvent à elle que je pense et je la vois penchée sur ses fleurs comme si c’était hier.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI

dernières publications

Les commentaires

Commentez, ou publiez une réponse sur votre blog (avec un lien vers cet article) ou sur le Fediverse (Mastodon, etc.) : elle apparaîtra ici.

Un mot en retour ?

Vous souhaitez citer cet article sur votre site ? Indiquez simplement votre lien ici.