Comment s’informer sans Facebook à la campagne ?


Le chêne symbole du site

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4–6 minutes

Il faut le reconnaître, à la campagne, Facebook est la ressource privilégiée pour partager l’info locale. Qu’il s’agisse d’événements locaux, de l’activité de certaines associations, de la vie culturelle, on les retrouve aisément sur ce réseau. Passage obligatoire ? Non, peu à peu, il est possible de faire autrement avec un réel bénéfice.

Recréer un compte Facebook ?

Ce serait une réponse : après tout, j’ai quitté Méta en janvier 25, je pourrais recréer un compte, suivre des groupes et des personnes sans rien publier. Ce ne serait pas « si grave ».

J’avais tenté l’expérience avec Instagram. En six mois, j’ai pu constater que j’étais « guéri » de cet univers et mon cerveau ne m’avait envoyé que des signaux négatifs.

J’ai je l’avoue, pendant dix minutes, tenté l’expérience avec Facebook. Très vite l’application me suggérait des « comptes du passé » que je n’avais pas forcément le désir de revoir. Étonnant de constater à quel point Facebook se souvient pour vous de liens d’antan, retrouve des amis d’amis… sur votre simple nom, sans numéro, sans suivre personne, sur l’ordinateur avec un navigateur bloquant les cookies… J’ai commencé à vouloir suivre des groupes locaux. Quand on ne vous pose pas des questions intrusives, il ne faut pas longtemps pour être sollicité. Au delà de ce que l’on cherche, il y a tout ce que l’on vous propose et je me suis senti submergé, très vite confronté à des commentaires pénibles, des univers qui ne m’attirent pas pour ne pas dire qu’ils me rebutent.

D’une certaine manière, là encore, je peux confirmer que je suis « déconditionné » et qu’à présent mon cerveau ne m’envoie que des signaux négatifs. Je suis devenu « vegan » en matière de réseaux sociaux.

L’image vaut ce qu’elle vaut, je dirais que Facebook est la version pornographique des réseaux sociaux, celle où mon consentement ne m’est pas demandé pour les choses importantes. Bref, j’ai clos le dossier et refermé le compte (ce qui n’est pas la manœuvre la plus aisée).

Oui, mais alors comment s’informer ?

J’habite dans un hameau aux maisons éloignées les unes des autres, en pleine nature, on se voit peu entre voisins et chacun mène sa vie à son tempo. J’ai plus crée de liens à l’extérieur, dans des communes parfois un peu éloignées.

Je vis dans une petite commune dont la superficie est importante mais peu peuplée, d’habitat dispersée, sans commerce de proximité ni école.

Il n’est pas indifférent de savoir que je me trouve à la frontière de deux départements, relevant de l’un pour l’administratif, de l’autre pour les déchets, d’un autre groupement de communes pour l’eau etc. Quand je vais pour me faire soigner dans le département voisin, on tend à me refuser car je suis de « l’autre côté » de la frontière.

Comme de nombreux habitants du coin, je ne suis pas un natif de la région. Il faut du temps pour être inclus et je tisse plus facilement des liens avec des personnes venues d’ailleurs. Pour les locaux, c’est plus long, ils ont une forme de prudence et de pudeur. Et je n’ai pas l’âme d’un colon alors, je la joue discret.

Pour l’information nationale et internationale, je la recueille un peu à la radio, peu à la télévision, sur les réseaux, parfois dans la Presse. Comme elle est stressante, je limite les doses, mais ce n’est pas le vrai sujet.

Au fond j’ai deux préoccupations principales :

  • être informé des événements locaux qui peuvent avoir un impact : la vie sociale, l’organisation scolaire, des décisions d’aménagements…
  • suivre la vie culturelle qui est riche (j’y inclus une part de la vie associative)

S’informer en marchant, s’informer numériquement

J’ai réappris à lire les affichettes. Pour ça, il faut marcher dans les communes avec lesquelles j’ai des liens. La première à 1km, les suivantes plutôt à 20 puis 40 ! Alors souvent je photographie, là l’annonce d’un festival, ailleurs d’un concert. Attention à bien lire l’année !

Parfois je m’en remets à mes déambulations. C’est par exemple avec mes yeux, par hasard que j’ai découvert l’exposition fabuleuse des statues de Marc Petit dans Cahors.

Il faut savoir être disponible à l’inattendu et ouvrir l’œil et les oreilles.

Mon petit inventaire

J’ai commencé un petit inventaire de ressources culturelles locales ou pas trop éloignées. Je l’enrichis de temps en temps et retourne voir les sites que j’ai par ailleurs en favoris.

Pour certains sites je me suis abonné aux newsletters ou listes de diffusion.

Pour simplifier la gestion, j’ai crée une adresse dédiée ce qui évite de tout mélanger.

J’ai intégré également quand ça se présente, le flux RSS de différents sites dans mon lecteur. Je peux aussi bien y inscrire une communauté de communes locale que le site d’un festival ou d’un artiste.

Sur Mastodon ou Friendica, je m’essaie à la recherche autour de mots clés ou de comptes spécifiques, mais ça reste un peu aléatoire.

Je viens aujourd’hui de prendre un abonnement numérique à la Dépêche du Midi qui donne accès à des éditions locales. Là, il faut payer mais au final, je choisis ce que je veux voir.

Changer de posture et de statut

Au fond, si cela demande un petit travail personnel, l’idée est de passer de la posture passive où un algorithme va décider pour moi de ce qui va « descendre » en ma direction à une approche où je choisis d’engager une démarche active, mue par la curiosité. Je choisis en fonction de mes appétits du moment.

Est-ce qu’on loupe plus de choses par cette stratégie qu’en laissant Facebook faire à sa place ? Je crois qu’il faut se prémunir de la croyance d’exhaustivité d’une part et se dire que de toute façon, on ne peut être présent partout. Ce qu’on loupe là une année, on va le retrouver ailleurs une autre. J’ai déjà appris qu’il ne s’agit pas de vouloir remplir l’agenda à tout prix.


Chaque contexte est différent. Peut-être avez-vous une démarche propre qui vous permet de chercher, recueillir et organiser l’info locale ? Je suis preneur d’idées !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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