Désolé, j’ai pas pu rester sur Facebook !


Reseaux

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3–4 minutes

L’idée c’était de refaire juste un compte personnel pour retrouver quelques informations locales pas toujours aisées à repérer et peut-être retrouver certaines personnes perdues de vues. J’aurais dû me douter après l’expérience d’Instagram que ça serait plus problématique que bénéfique et joyeux. Je ne suis pas resté une demi journée, une expérience stressante ! Hop ! Suppression faite.

Préambule

Je dois dire d’abord que je ne me permettrais aucun reproche ni jugement personnel à quiconque continue de fréquenter ce réseau. Chacune, chacun a ses raisons, ses habitudes, son histoire… Je ne fais ici que le récit de mon ressenti.

Et en réalité, revenir après avoir quitté Méta en janvier 2025, a été une expérience brève mais dont je ne pensais pas qu’elle pourrait m’être aussi pénible. Quoi ? je suis une petite nature ?

La folie des suggestions automatiques

D’abord j’ai été sidéré : les suggestions de Facebook montrent à quel point nos traces sont collectées, croisées et conservées.

Ainsi, alors que parfois je ne connais pas même le nom de famille de certaines personnes, alors que je n’ai pas leur numéro dans mes contacts je me suis vu proposer « en vrac » : mon ex et toute sa famille (bloqués dans mon téléphone) , des gens connus autrefois on va dire dans des contextes « divers », des personnes avec qui j’ai pu parler il y a des lustres sur un réseau de rencontres où je n’ai plus de compte… des amis d’amis… et dès lors que tu cliques sur un nom connu et apprécié, ça déclenche une avalanche de nouvelles propositions…

Évidemment agaçant quand tu découvres que l’ex est venu piquer une photo sur le site pour la coller en bannière sur son profil… Bon là, ça réactive comme un vieux trauma.

Mais derrière l’histoire, vraiment la sensation assez affolante que Méta sait tout de nous… même si on n’y est pas !

Genre, le gars il t’attendait, il avait déjà des fiches sur toi.

Le surgissement des intimités

Si je place des images personnelles sur le site, elles ne relèvent pas vraiment de l’intime. Dès les suggestions, sans même m’abonner aux comptes, j’avais l’impression d’entrer par effraction chez les personnes, de me livrer à une forme déplaisante pour moi de voyeurisme malgré moi en quelque sorte…

On voit les intérieurs des maisons, des enfants exhibés comme des trophées, des tenues et des poses on va dire « suggestives » de personnes pas bien vieilles… et sans avoir mauvais esprit, on se dit que les prédateurs doivent en profiter.

Sans aller jusque là, il y a cette confrontation à la vie privée des gens avant même de les avoir en amis… si Instagram est critiquable car les photos semblent « enjoliver » le réel, Facebook nous montre au contraire, ces intérieurs indiscrets, ces visages surpris sans fard dans leur quotidien, la photo appuyant au contraire certains détails… et puis on voit machin à côté de truc·

Surtout, je ne veux pas voir votre vaisselle en vrac sur l’évier ni vos caleçons pendre dans vos chambres !

Et la publicité

Et après tout ça Facebook est venu me parler de publicités ciblées que je devais accepter gna-gna si je ne voulais pas payer pour je ne sais quoi.

Un malaise ressenti même déconnecté

Pendant des années ça ne me perturbait pas du tout. Nombre de personnes qui ont eu une addiction ne se voyaient pas addicts. Une fois soignés, s’ils ne retombent pas, c’est le dégoût qui les frappe. Il en va de ces fumeurs qui ne supportent plus la simple vue d’un cendrier. J’ai fait pareil. Un genre de dégoût et de panique. Je me suis retrouvé dans une sorte d’anxiété sociale numérique. Mon choix initial de rompre avec un système que je désapprouve pour des raisons de valeurs, c’est mué en aversion, en rejet intime.

C’était pesant. La seule solution a été pour moi de fermer le compte même si je m’en étais tenu à le créer sur l’ordinateur pour éviter d’avoir l’application dans le smartphone.

Test intéressant. Il faudra que je suive l’information locale autrement.

Et les amis d’antan dont je n’ai plus le numéro, ils savent très bien où me trouver…


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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