Le lien entre Cahors et Marc Petit est fort. Il est né pas loin. Pendant quatre mois la ville accueille sur 17 sites, 80 de ses sculptures grand format dans le cadre de l’exposition d’une Rive à l’autre. Une œuvre magistrale et bouleversante.
L’ange de Lazaret

Avant même de m’installer à quelques encablures de Cahors, j’avais fait la découverte de l’ange posé sur la place Clément Marot tout près de la cathédrale St Étienne. J’avais été touché par cette incroyable présence sans en savoir tellement plus long à l’époque à propos du sculpteur. Il est pourtant célèbre, mais j’étais passé à côté. Marc Petit n’a que quelques mois de plus que moi. Il n’y vit plus, mais il est du pays et n’oublie pas la ville où il fit ses débuts. Cahors, est cette préfecture à part, une presqu’île lovée dans sa boucle du Lot et qui mérite le détour. Un lieu de douceur et de tendresse. Comme ces sculptures. Marqué par le temps. Comme cette œuvre. Avec ses places, ses monuments, ses jardins elle mérite d’être explorée et explorée de nouveau. De mai à septembre 2026, elle accueille donc 80 sculptures qu’il faut aller trouver dans 17 lieux. Je ne le savais pas non plus en revenant là aujourd’hui. Changeant mes plans, j’ai commencé l’exploration et je reviendrai.
L’île bleue

Elle nous accueille à l’Hôtel de Ville. Chacun des personnages est incarné, raconte son histoire, nous parle.
Du côté du Parc Tassart
Par là, sur les pelouses, dans les recoins, se retrouvent les amoureux, des jeunes gens et des vieilles dames. Jardin botanique qui accueille de grands arbres de collection, il mérite à lui seul le détour, ses invités sont précieux et si beaux dans leur fatigue douce.


Et ailleurs


Ils sont ensemble, liés par leur destin et pourtant chacun des personnages a sa vie propre.
Sur le fil





Qu’avaient-ils à me dire, ils et elles. Je les ai trouvés bouleversants. Sculpture ou chacun des personnages veut parler. Y a-t-il une hiérarchie dans le groupe ? Il faut faire le tour des sculptures. Les personnages se tiennent. On peut tour à tour les regarder de loin puis s’en approcher… Sur la sculpture de la quarantaine plus haut où les personnages groupés sont petits, j’ai vu des passants passer la main, presque affectueusement.
Car ils sont attachants. Ils sont touchants. Je suis resté près d’eux longuement, pour les écouter, à demander s’il y avait quelque chose à faire. Ce sont des personnages qui nous parlent, ce qu’ils ont à dire n’est pas du bavardage et n’est pas non plus seulement du désarroi. Les visages émaciés, les mains longues, ces corps contraires aux canons de la beauté, dépassent la tristesse à laquelle des spectateurs distraits pourraient les réduire.
Ils habitent les lieux.
Une fois parti, même sans regarder les images, je vois encore ces visages, ces expressions. Tout ce peuple surgi des doigts de Marc Petit qui semble nous faire croire qu’il ne se laisserait guider que par l’inspiration. Il part de vieux morceaux de bois, de cire et puis…
Son site est à visiter : https://www.marc-petit.eu/
Présentation de l’exposition : https://cahorsagglo.fr/exposition-marc-petit-dune-rive-lautre-0
« La beauté est derrière l’image » dit le sculpteur dans cette vidéo où il raconte son travail https://www.champslibres.media/avec-le-sculpteur-marc-petit/

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