Je ne dis pas vivre l’instant présent bien que cela puisse en faire partie. Comment être présent à sa vie c’est, sans se faire violence, se relier à soi, à son existence, en toute amitié. C’est s’autoriser de pouvoir se rencontrer, s’accueillir, se retrouver, peut-être se redécouvrir. Ce n’est pas l’examen de conscience. Ce n’est pas focaliser sur les petites douleurs, l’usure. C’est plutôt se ré-accorder, retrouver la note intérieure, la petite flamme de l’enfance et la voir vivante.
Couchés les coachs !
Qu’ils cessent les coachs, ces envahisseurs du numérique et des formations en entreprise, de nous envahir avec leur lot de « méditations », les « gratitudes à avoir » et « le savoir apprécier les petites joies de la vie ». Nous n’avons pas besoins de leurs trucs, de leurs accessoires, de faire semblant d’être « zen ».
Un jour, il faudra lancer un grand mouvement de libération et en finir avec les coachs -curés des temps nouveaux- qui ne servent qu’à nous vassaliser en nous faisant croire que nous ne sommes pas adaptés au système alors que c’est l’inverse.
Le chant des coachs vise au final à ce que nous acceptions de capituler en nous conformant. Je schématise grossièrement mais je ne les vois appeler notre singularité à se développer, cet affreux « développement personnel »,notre « talent » que dans le but de nous insérer mieux dans l’ordre établi. C’est de la manipulation au même titre que l’astrologie. Voilà, je me suis fait quelques nouveaux amis !
Faudrait nous dit-on ne pas penser au passé et mettre les malheurs sous le tapis.Mais si on fait ça, il y aura des bosses sous le tapis et on risque fort de se casser la gueule en se relevant du canapé du psy. Faudrait pas s’inquiéter du futur (tu parles!) et lâcher prise (de courant). Vivons l’instant présent pour nous ressourcer et mieux servir la patrie.
Je crois que c’est Fabrice Midal qui s’en prend à celles et ceux qui veulent que nous « gérions notre stress ».
Mais je ne suis pas une entreprise. Pas besoin de résultats, de tableaux statistiques pour voir mon évolution, encore moins de tests, de bilans et de formations payantes… Ce n’est pas le sujet.
La paix !
Oui c’est ça. Qu’on me fiche la paix, que je me fiche la paix et que je puisse être avec moi.
Non pas enfermé avec moi. Avec moi. En poésie.
Que ce soit à la maison, dans la rue, au spectacle ou au marché.
Avec moi tout en entier, sans me masquer, ni me nier. Pas en me tenant mal, mais en me tenant moi.
Il arrive que le mode automatique se substitue à mes actes. Si ma main dérive vers le smartphone pour le consulter lors d’un échange, lorsque je regarde un film… C’est que je ne suis pas à ce que je fais. Si je ne suis pas à ce que fais, c’est ce que je ne suis pas là. Que je m’emmerde ?
Mais alors où suis-je ?
Pense à tes pieds
Si vous avez mal dans vos chaussures neuves, vos pieds se rappellent à vous. Ou bien, retirant vos chaussettes, le talon râpe. Sauf à être fétichiste, vous regardez peu vos pieds et vous faites moins souvent le tour de vous-même que de votre jardin ou de votre maison.
Le tour de soi s’effectue non pas comme un examen médical ou psychiatrique, mais encore une fois, dans des retrouvailles, dans une attention à ce qu’on est devenu…
Sans cesse, sans attendre forcément la réponse, nous demandons à l’autre comment il va. Rarement nous nous posons pour prendre des nouvelles de nous-mêmes, nous dire nos vraies pensées, nous parler, non pas en schizophrénie mais en attention réelle.
Ce que l’on occulte de soi, parce que la vie, les urgences, la famille, le travail, la patrie…
Courir fait du bien, mais n’allez pas courir si c’est pour faire plaisir à d’autres ou répondre à une exigence sociale.
Qu’est-ce que tu aimerais faire ?
Je suis un peu familier avec moi-même, je me tutoie. Qu’est-ce tu aimerais faire vraiment, qui te ferais plaisir, t’amuserais, t’enrichirais (spirituellement) ?
Et tu y vas quand ?
Je peux m’aider peut-être…
L’aventure, c’est l’aventure
La vie c’est l’aventure. Être présent à sa vie n’est pas nier celle des autres. Mais le film de ma vie, je le vis. J’en suis l’acteur principal. La tête d’affiche. Sans moi, mon film n’existe pas. On n’a jamais vu un premier rôle jouer les figurants dans sa propre vie.
Réciter un rôle écrit par autrui, ça va bien cinq minutes.
Ah, oui, il y a autant de grands films qui se jouent que de personnes, et chacune et chacun doit tenir le rôle titre de sa propre vie tout en vous appelant à y jouer un rôle… mais si vous mourrez, leur film se poursuivra.
Être présent à sa vie, c’est être debout dans sa vie et ne pas avoir peur de l’aventure et de la joie. Des surprises que réserve le scénario.
Ma vie unique, ma vie mystique
C’est juste incroyable. Avec des gènes et un patrimoine génétique qui n’est pas infini, avec des espèces comportant des caractères qui permettent aisément de les identifier, les reconnaître, avec mille et unes ressemblances entre nous, chacune, chacun d’entre nous est un être absolument unique, irremplaçable et qu’on ne pourra jamais reproduire à l’identique. Même un clone selon les évènements, l’infinité de paramètres et le grand mystère qu’il nous faut bien concéder, sera au final différent.
Notre unicité, notre singularité est constitutive de ce que nous sommes.
C’est le grand mystère que nous cherchons à comprendre en philosophant, en tombant en amitié et en amour.
On ne cherche pas sa moitié, ni son double, ni même un écho. Juste le témoignage qu’on est pas seul à vivre cette expérience qui peut donner le vertige. Alors, toi aussi tu écris le roman de ta vie ?
Ma vie est unique, je suis le seul à la vivre, le seul à pouvoir la ressentir et la transformer malgré les aléas et les accidents.
Même l’horreur de la souffrance sera différente selon chaque individu. C’est pour cela que les hommes ont compris la nécessité d’une justice individualisée.
Chaque histoire est unique. Chaque livre de vie que nous écrivons est absolument unique.
Alors, c’est tout de même intéressant de pouvoir se relier à soi, d’être avec soi et de prendre conscience de ce souffle vital qui nous traverse et nous relie à ce qui est en écho comme à ce qui n’est pas. Le vivant et le minéral pour poser le décor.
Être présent à sa vie, c’est en marchant lire sa vie. Je suis l’auteur et le lecteur de ma vie. C’est plus puissant qu’un journal intime, cela peut-être vertigineux parfois et aussi tellement beau quand on se laisse surprendre, y compris par soi-même…
Un peu de folie, merci !
Il est raisonnable, pour se sauver, de s’accorder un peu de folie sans sombrer dans l’enthousiasme déraisonnable. Si nous ne créons pas avec ce que nous vivons, nous devenons vraiment fous ou alors juste des morts vivants.
La folie c’est d’oser essayer. Puisque je suis différent, je trace mon chemin. C’est extra, ça marche, j’avance et je découvre ! Ça met en joie ! Je donne du sens à ce que je fais en marchant, j’élucide ma propre vie, d’autres questions surgissent et donnent de la saveur au savoir.
Je coopère, on n’est pas seuls, on peut s’entraider, il y a des choses à apprendre, des leçons à tirer…
Mais l’idée c’est de ne pas s’oublier dans l’absurdité d’une Société qui depuis toujours se laisse commander par le pouvoir, la domination, la compétition et la négation de la plupart des individus pour servir les intérêts d’une poignée.
La folie (douce) , c’est d’oser créer, d’oser s’aimer, de savoir se reprendre mais de choisir pour soi son destin plutôt que d’autoriser autrui à tenter de vous redresser, vous faire la morale ou vous faire jouer un scénario qui ne vous appartient pas.
Comment être présent à sa vie ? En se le disant d’abord. En le pensant… oups, j’ai des réminiscences…
Un mot en retour ?