Françoise Sagan est née à Cajarc. Elle est enterrée dans un petit village tout proche à Seuzac, ou plutôt dans un petit cimetière en pleine nature. Exercice oblige, j’ai parcouru les 5730 mètres qui séparent la maison du cimetière en 15071 pas mais surtout en passant par des paysages incroyables à la frontière de l’Aveyron et du Lot.
Longer le Lot
Après avoir franchi le fameux pont métallique qui sépare le département de l’Aveyron de celui du Lot, à pied, on peut longer la rivière jusqu’à un sentier de randonnée qui grimpe sur le causse. Il faut éviter de se casser la figure et s’accrocher à la rambarde surtout en cette saison où le chemin est sale de feuilles humides…

Sur cette image, on est face à l’Aveyron et au petit village de Salvagnac-Cajarc

Le Lot est cette rivière étonnante et troublante. Elle m’a immédiatement inspiré. Les oiseaux et les poissons la peuplent en nombre. Les enfants y plongent en été. Elle peut changer de couleur selon les jours, son humeur… Il arrive que la rivière s’énerve jusqu’à déborder. Nul doute, qu’enfant, Françoise Sagan est venue jouer par là. C’était je crois la famille de ses grands parents maternels qui était du coin. Dans « le tour de ville » on peut voir encore une plaque sur l’ancienne maison de famille qui semble aujourd’hui inhabitée. Dans le bourg, une salle de spectacle porte son nom. Caroline Loeb était venue ici jouer un très joli spectacle lui rendant hommage. En ce moment, après les pluies, l’eau est vive. Plus, loin se trouve la petite centrale hydro-électrique.
La route étroite et les falaises
Une fois hissé au niveau de la route départementale, on progresse par une route étroite. On longe des falaises qui menacent de laisser chuter des pierres qui peuvent être grosses. En ce moment on entend partout le ruissellement de l’eau qui peut former de petites cascades. Il faut se tenir bien au bord de la route, surtout quand le bus rouge de la compagnie régionale déboule tel un pachyderme perdu et pressé. J’imagine que le chauffeur connait la route comme sa poche. Début février, le soleil est encore timide, mais comme il tape sur la roche, on a vite chaud en marchand. Artisans pressés, motards en goguette, retraités à vélo, guimbardes brinquebalantes… tout le monde y va de son petit signe de la main. Ici, c’est un pays où les gens n’ont pas peur de marcher et de franchir parfois de jolies distances.

Au cimetière.




C’est un petit cimetière au milieu de rien, ancien mais bien entretenu. Certaines tombes sont des concessions perpétuelles qui accueillent plusieurs générations. Rien de plus paisible comme lieu. La tombe de Françoise Sagan est à la fois discrète et centrale.
Le passant y sera étonné de voir que Françoise Sagan n’y est pas seule puisqu’elle s’y trouve entourée de son dernier mari, le père de son fils et de sa compagne. La tombe est modeste. Sagan mourut ruinée. On verra qu’on trouve sur la dalle des autos laissées en clin d’œil à sa passion, des stylos et autres objets évocateurs… quelque chose de l’enfance… et hum, une bouteille en clin d’œil !
Je ne sais où en est son fils aujourd’hui de la possibilité au delà du droit moral, d’exploiter l’oeuvre de l’écrivaine, le fisc étant toujours probablement en embuscade.

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