Toujours revenir à la poésie

Publié le Catégorisé comme sur le vif
le rosier

Quand les nouvelles du monde sont insupportables, quand les gens s’énervent inutilement, quand la fatigue s’insinue et que pourrait guetter le découragement, toujours revenir à la poésie !

Ce n’est pas qu’affaire de poèmes…

Ce matin j’ai relu un peu de Christian Bobin. Et j’ai pris deux pages de René Guy Cadou. Mieux que des anxiolytiques, des antibiotiques ou des cachous !

Les médecins devraient pouvoir prescrire de la poésie. On irait avec son ordonnance en librairie. Pas de risque de surdosage. Si le courage manque un Haïku bien choisi, dispensé à dose homéopathique, peut s’avérer salvateur.

5 fruits et légumes par jour c’est bien, mais un poème par jour ne gâte rien !

Alors, oui, lisez donc des poèmes, ça aide à respirer, prendre de la distance… On entre dans un autre espace et l’on peut ainsi échapper au flux stressant des nouvelles du monde pour être dans le flow du texte qui va vous relier au présent. Là où vous êtes, avec vous même…

Mais si lire ne vous dit rien, si écouter vous ennuie d’avance, volez un moment de poésie de la vie !

le Lot à Cajarc en mai 2024

Une escapade ?

Je sais bien que tout le monde n’a pas la chance de vivre dans un cadre plaisant. Il est parfois difficile de trouver de la joie dans des paysages de béton, des immeubles usés, des lieux où la laideur et la violence commandent… Mais j’ai vécu en ville et je trouvais toujours une fleur entre deux dalles, un jardin caché, un arbre ou simplement une porte, une maison qui avaient quelque chose à dire… Parfois ce sera juste un souffle, un reflet, une lumière, une flaque d’eau… Un oiseau accroché à la rambarde d’un balcon, un chien au bout d’une laisse, un chat à la fenêtre ou un enfant sac au dos, sur le chemin de l’école…

Il faut se montrer disponible, guetter l’instant ou mieux, se laisser aller pour que cet instant vous traverse.

On laisse son cœur ouvert et l’âme retient l’image. Un cadeau, une liberté…

Et face à la pire actualité du monde, il y a toujours le merveilleux espoir du chant que fredonne l’enfant en sautillant ou alors cette vieille dame aux grands si yeux profonds au milieu des craquelures du temps passé…

Rosespompes

Ce qui est beau dans ce rosier croisé tout à l’heure, ce n’est pas seulement qu’il soit situé derrière une pompe ancienne, que cette pompe soit usée… ce sont les pétales qui commencent à joncher le sol, le petit portail…

Si quelqu’un avait ramassé les pétales au sol; l’image serait beaucoup moins poétique car elle n’accepterait pas la beauté de la vie dans son cycle, dans son mouvement, ce changement infini, perpétuel mais sans violence.

Il vient un moment où commenter le flux est inutile, s’en abreuver pour s’achever de tristesse tout autant. Il ne s’agit pas de fuir mais de se retrouver. Pour bien agir, il faudrait toujours revenir à la poésie. Même et surtout les « grands chefs d’État ». Lire un poème avant de prendre une décision éviterait bien des bêtises. La poésie ose dire simplement les valeurs de la vie. Elle sait souligner sans violence la nécessité de paix, de lien. Une sorte de miroir pour le cœur. On peut y puiser apaisement et courage. La poésie n’a pas de dogme. Elle nous place petits humains dans notre essentielle dignité humaine et dans cette responsabilité d’être d’abord nous-mêmes du côté de la vie.

Dans ce patient travail humain, dans cette résolution. Parfois c’est un chant, parfois une épopée, parfois un murmure… mais pour vivre et laisser la joie de la vie se déployer, toujours revenir à la poésie !

Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

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