Quand la nature est accueillante

Publié le Catégorisé comme sur le vif
Le Causse

Quand la nature est accueillante, malgré la pluie, malgré la grêle, c’est ce moment où profitant d’une brève accalmie nous sommes grimpés sur le Causse avec Galou. C’est un endroit que nous aimons, où nous n’étions pas allés depuis un petit moment. Cathédrale païenne dont la voute est le ciel immense et les chapelles les chaines de montagne au loin, c’est un lieu poétique et mystique. Le souffle de la vie s’y déploie. Il faut s’y laisser consoler et gonfler de joie et d’énergie. De la joie pure et gratuite.

Tout vous salue ici

J’ai toujours aimé les grands espaces, la nature a des vertus apaisantes. Je commence ici une petite collection de lieux tous plus étonnants les uns que les autres. C’est un monde à part. Je croyais connaître, c’est mieux encore, surtout quand tu passes par les secrets de l’hiver. Les pierres sont à nu, les arbres s’exposent dépouillés, gris sur la terre rouge.

Les murs de pierre sèche racontent leur histoire, les oiseaux règnent, l’eau ravine tout. Un peu plus loin les dolmens, les croix, les repères pour les marcheurs de Compostelle… Je vous avais déjà raconté la surprise en janvier quand nous avions découvert ces étonnantes caselles contemporaines.

Mais ce qui était vraiment merveilleux lorsque nous sommes arrivés tout à l’heure , que nous avons poussé cette bizarre porte métallique qui ouvre le chemin, c’était ce sentiment étrange, la certitude, d’être accueillis, reconnus… et nous l’étions malgré le vent d’une façon presque maternelle et tendre. Aimez un lieu, il vous aime… mais plus encore, laissez-vous traverser par ce lieu, il vous reconnait, il vous accueille, vous adopte et vous protège…

De la grêle sur la tête et de la joie en repartant

Il était hasardeux de vouloir entreprendre une marche par ce jour de mauvais temps. Si le soleil venait pour un clin d’œil farceur c’était pour mieux envoyer ensuite une bourrasque suivie d’une averse d’eau et de grêle.

Mais ce fut comme une sorte de bénédiction. Une grêle pour rappeler qui possède qui. Dans le paysage où bientôt il n’était plus possible de prendre des images, nous étions petits. Petits mais accueillis. Petits dans la main du ciel, sur la terre et dans les odeurs d’eau, de plumes, de fauves et de tous ceux qui passèrent par ici, avec leurs peurs, leurs prières, leurs enfances et leur pureté…

Je sais bien l’étrangeté, l’impossibilité à tenter de raconter cette traversée d’émotions, et la triple récompense : celle d’avoir été reconnus, celle d’avoir été accueillis, celle d’être repartis plein d’énergie et de joie, comme si la nature avait chargé nos bras de cadeaux, de sensations…

Et le chien riait comme moi en courant sous la grêle. Et la nature se riait de nous…

Comme je doute de trouver foule ici, ce sera un lieu où vraiment nous reviendrons, notamment en été, pour passer une nuit à regarder les étoiles filantes et rêver peut-être à l’abri d’une caselle…

Ce que je souhaite à la lectrice ou au lecteur qui passe, c’est d’avoir pour vous-même, un lieu aussi doux et fort, à la fois refuge et source d’énergie, un lieu où le poétique touche l’expérience mystique et nous reconnait dans une sorte de grâce où je ne place pas le religieux au sens de la doxa, mais plutôt une sorte de foi amicale et enfantine en ce trésor inestimable dont nous pouvons tenter d’effleurer la richesse, la fragilité et la puissance…

Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

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