À tout âge la période de rentrée reste un marqueur. Libre de m’organiser, j’aime profiter de ce moment pour brasser les idées. Il ne s’agit pas de créer des ruptures à tout prix ou de faire un catalogue de promesses qu’on ne tiendra pas. C’est plutôt regarder l’existant, pointer ce qui encombre, les empêcheurs, puis voir quelle dynamique inspirante permettra d’aller de l’avant, de cheminer avec persévérance.
L’étrange été
On sort à peine d’une période éprouvante. Je pense qu’à l’instar de la pandémie, nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences et séquelles engendrées par la canicule, même si les médias semblent déjà vouloir passer au sujet suivant.
Le temps qu’il fait, c’était autrefois la question banale faite pour débuter une conversation. Les problématiques du climat viennent envahir nos préoccupations.
La fatigue est là, il va falloir aider le corps à affronter la suite.
Incertitudes
Le climat n’est pas la seule inquiétude. Les prix, les guerres qui tournent autour de nous comme des orages qui pourraient nous surprendre, la présidentielle en France avec les risques nombreux de crises… tout est là pour fermenter dans nos esprits déjà énervés. Le ressentiment ne demande qu’à prospérer, il est si confortable de désigner un ennemi pour au final ne rien transformer collectivement, ni de sa propre vie.
Plus que jamais, il sera nécessaire de réussir à ne pas disperser inutilement son énergie tout en étant présent, en veille vigilante. La question de l’énergie qu’on dépense pour telle ou telle chose, la façon même d’occuper notre temps, de nous épuiser inutilement dans des activités vaines, reste à observer tant dans les organisations que dans les familles ou pour chacune et chacun.
Il va être nécessaire de se mettre à distance, ce qui ne veut pas dire se mettre au silence ou se couper mais refuser les disputes inutiles, de se laisser embarquer.
Plus que jamais nous avons besoin de savoir nommer et exprimer nos valeurs, non comme une incantation dogmatique, non pour rejeter, mais pour nous affirmer. Je dis nous, parce que je conçois que les visiteurs et visiteuses de ce site, se retrouvent dans les valeurs humanistes, la solidarité souvent énoncées en ces lieux . Je dis nous parce que même seul·e nous devons pouvoir imaginer une prochaine ou un prochain en capacité de faire alliance pour résister. Résister ne s’entend pas comme se crisper pour que ne rien ne change, c’est au contraire retrouver l’agilité et l’autonomie pour ne pas se laisser faire ni happer.
Cohérence
Ce qui doit animer la réflexion, notamment dans l’analyse d’une situation, c’est la cohérence entre nos valeurs, ce que l’on est, ce que l’on fait. Sans moraline, il y a des points de friction qui méritent d’être repérés et des leviers qui peuvent être identifiés si on est honnête avec soi-même. Jusqu’où j’accepte la contrainte, la concession ?
La tolérance n’est pas le laxisme, l’exigence n’est utile que si on l’incarne et si elle apporte au final un « mieux » mesurable en ressenti et en apports.
Ça devrait guider les hommes et les femmes de pouvoir, comme celles et ceux qui aspirent à en avoir.
Rappel utile : exerçons-nous réellement le pouvoir, celui que nous avons sur nos propres vies ? Il faudra revenir sur ce sujet.
C’est cette recherche de cohérence, cette compréhension, cette appropriation qui va conduire logiquement à changer. L’idée n’est pas de changer pour changer car ce que nous faisons « serait mal » mais parce que ça nous fait ou fera du bien, fait ou fera du bien à autrui, nous rend ou nous rendra meilleur·e. C’est la dynamique du progrès individuel et social.
Un certain nombre de projets et d’actes, naissent non pas seulement d’une prise de conscience mais d’un alignement qui se dessine comme une perspective et engage pourvu qu’on le reconnaisse, l’accepte et se donne le signal. Ce n’est pas l’ampleur du projet qui compte, c’est ce qu’il ouvre.
Il ne s’agit pas de se mettre en pression, en insécurité, il s’agit de chercher ce qui nous augmente, nous enrichit, élargit notre palette de connaissances, de sensations pour mieux créer et partager.
Fausses urgences et stress
Si l’habitus peut nous piéger, nous pouvons nous laisser happer par des injonctions qui n’ont pas lieu d’être. Sans cesse, il faut s’interroger de savoir s’il y a lieu comme disent certains, de « se mettre la rate au cours bouillon ». C’est autre chose que de prendre en compte ses émotions et d’en faire quelque chose, y compris sur le plan créatif.
Les conditions du remue méninges
Un peu de distance, un pas de côté, la liberté de se dire, d’oser imaginer sans préjuger, il faut une forme de disponibilité, une capacité à poser les choses, mettre en mots, en écrits, en cartes mentales, peu importe le support.
Je ne crois pas aux planifications rigides qui nous empêchent d’agir avec sérendipité, mais l’impéritie est évidemment un piège usant : on ne peut concevoir sa vie en tentant de résoudre les crises au coup par coup.
C’est parce que je suis conscient de l’impermanence que je chemine. Je ne chemine pas pour chercher un sens mais pour donner un sens. C’est autrement motivant et amusant.
Oui, car le remue méninges n’est pas une machine à déstabiliser mais une machine à ouvrir des possibles créatifs.
C’est une façon de poser le cadre pour le tableau qu’on va dessiner.

à suivre !

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