La douce rencontre des chevaux


Chevaux3

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2–3 minutes

De nouveaux voisins sont arrivés près de la maison. Voulant un peu oublier les disputes des hommes, je suis allé les saluer avant de monter sur le causse. Ils m’ont offert un moment de paix et de joie. De ces moments qui vous emplissent et qu’il faut savoir goûter.


Ils m’ont vu de loin.

Nul besoin de faire du bruit, de les appeler ou de me manifester. Je me suis présenté à la barrière.

L’année passée, ce n’étaient pas les mêmes. Nous étions venus avec Galou qui avait capté à lui seul tout l’intérêt des chevaux. Quand je croise des animaux, je ne peux m’empêcher de penser à lui. Je le rêve près de moi.

Ils m’ont vu de loin et sont venus calmes, sans bruit. Tranquilles.

Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
·. (Verlaine)

Il faisait très doux. Pas de pluie, pas de vent, oubliée la tempête. Ce champ a bu l’eau ou l’a rendue à la rivière que l’on entend en bas rouler ses eaux boueuses et tumultueuses.

Quelle sérénité et quelle délicatesse dans cette façon de venir à ma rencontre !

« — Il y a un homme au bout du champ, on va voir. »

Les chevaux sont des animaux d’une très grande politesse.

l'arrivée des chevaux

C’était surtout le plus petit qui manifestait la plus grande curiosité. Les enfants sont ainsi faits.

La jument l’accompagnait distinguée dans son manteau. Légèrement en retrait.
Lui avait-elle soufflé quelque conseil de bonne éducation avant de le laisser venir à moi ? C’est possible.

En tout cas, l’un et l’autre avaient la même pudeur et la même prévenance que celle des gens d’ici. J’étais peut-être le premier humain qu’ils croisaient de la journée.

La jument s’étant assurée de ma probité et de mes bonnes intentions, prit ses distances comme si elle avait décidé de nous laisser faire connaissance.

Nous avons eu une longue et douce discussion sans paroles, les yeux dans les yeux. Je n’avais qu’à me laisser faire.

L’animal est très jeune. Mais il lisait en moi avec la sûreté de sa pureté. Il savait tout décrypter de moi.

Nous sommes restés ainsi un long moment. Les yeux dans les yeux. À la fin, en langage d’homme, je l’ai remercié et félicité. Certains payent très cher un analyste, un psychologue, se confient au prêtre ou s’abandonnent au magnétiseur, j’avais trouvé meilleure personne au geste désintéressé, naturellement généreux.

Il était juste venu lire en moi, conservant son mystère mais m’envoyant de longs flux de confiance. Attentif parfaitement.

Nous nous sommes reliés l’un à l’autre. Cheval es-tu un ange ?

Comment peux-tu ainsi me savoir, me rassurer et me consoler là où je ne montrais pas de douleur et m’accepter si parfaitement, comme si nous étions deux amis de longue date. Si jeune et si sage ! Tu seras philosophe ou le fus !

Nous nous fîmes la promesse de nous revoir. La maison est proche. Nous avons su nous séparer sans peurs, ni pleurs, ni craintes inutiles. Comme le font deux amis qui se sont croisés et vaquent ensuite à leurs occupation emplis de la joie de s’être vus et de compter l’un pour l’autre.

le poulain me regarde

C’était un des très beaux moments de cette journée. Une rencontre absolument importante et inoubliable. Aujourd’hui, un cheval m’a lu. Ça n’arrive pas tous les jours.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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