Je vous ai raconté le vent de la nuit. Maintenant l’eau est partout ici. Le Lot hésite à sortir de son lit, le moindre ruisseau se prend pour un torrent, des lacs s’installent dans les champs et au retour des courses, j’aurais pu prendre une douche à la cascade.
Les veines et vaisseaux secrets du Causse
Qui passe ici en été, quand la pierre sèche rétrécit et sert de refuge aux lézards, douterait que partout l’eau court, s’infiltre en des circuits secrets qui peuvent devenir exubérants.
Marcher dans la campagne, c’est entendre l’eau ruisseler. La zone est inondable. Chacun espère que le barrage plus haut ne viendra pas à rompre sous le poids de l’eau ou l’effet d’un séisme trop puissant.

Sauf à transformer les cultures en rizières, nombre de plantations risquent d’être compromises. L’eau sourd de partout et la rivière proche est prête à tout envahir à son tour.
Route barrée

Arbres tombés ? Route noyée ? J’ai obéi à la pancarte. Mais la surprise de l’autre route, ce furent les cascades nées des pluies, et l’une d’elles particulièrement réussie.
Plus épatante encore celle qui est assez proche de la maison
Entre le gel et l’eau la falaise est forcément fragilisée. Des pierres tombent chaque jour et il faut avoir l’œil pour éviter de les heurter. Le pays n’est pas fait pour les berlines de luxe.
Et je pense aux époques lointaines où une mer chaude et agitée envahissait les lieux.
J’aime pouvoir me dire que cette beauté, cette aventure est à moins d’un kilomètre de la maison. C’est un pays fragile mais c’est un lieu sauvage où la nature ne se laisse pas faire, ose prendre sa place et nous replacer à la nôtre.
Et comment vous dire à quel point ces petits événements, ces aléas climatiques, relient à la vie, relient à toute cette eau du ciel et de la rivière. Comment vous dire que c’est à ce moment là, que l’on sait que l’on aime un pays.

Un mot en retour ?