On espère la Liberté. Mais il arrive que l’on ne s’en saisisse pas. Ou qu’on la redoute. Une crainte peut-être d’être ébloui par la lumière ou simplement de prendre sa place dans le paysage.
Le chemin des écoliers
Tu vis dans la prison
Et c’est toi le geôlier
Tu as perdu les clés
Que voudrais-tu garder
Au secret des oubliettes
Où tu versas ton passé ?
Parfois, tu regardes par la fenêtre
Entre les barreaux que tu as soigneusement posés
Depuis longtemps le Monde t’a oublié, peut-être
Que tes amis sont morts ou enterrés
Si tu sortais maintenant
Sur le seuil de la porte
Si tu faisais un pas, un seul,
Sur le chemin, vers les autres
Tu aurais peur, debout sûrement
Les yeux dans la lumière
Tu voudrais faire un pas en arrière
Le soleil dans les yeux
Le vertige, un frisson
Il n’y aurait pas mieux
Pour quitter ta maison
Ton espoir, ce serait que la porte claque
Que tu te retrouves dehors
Enfermé, du côté de la Liberté
Alors, tu n’aurais plus le choix
Il te faudrait traverser la ville
Que l’on se moque de toi ?
Te croyais-tu tranquille
À marmonner dans l’ombre
Des remords imbéciles ?
Qu’as-tu à perdre ?
Craindrais-tu la morsure de l’Amour
Le sel de l’amitié ?
Le poème d’une rencontre
La seconde d’éternité ?
Ta liberté tu l’inventeras en marchant
La Terre est petite, on ne s’y perd jamais vraiment
Tu vis dans la prison
Et c’est toi le geôlier
Il n’y a pas de clé
Il n’y a pas de porte
Il n’y a devant toi
Que le chemin des écoliers.

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