Je ne vous avais pas écrit aujourd’hui…

Publié le Catégorisé comme sur le vif Étiqueté
Maisonfleurs

Bonjour, bonsoir… Parmi les rituels, il y a cet ami qui demande s’il peut appeler, on prend des nouvelles, cet autre qui veille à écrire chaque jour…

Ce samedi, une connaissance qui s’inquiète de n’avoir pas trouvé d’article ou de texte en ligne aujourd’hui… Je ne vous avais pas écrit aujourd’hui. Ce sont les petits fils qui nous relient. Je crois bien que ce matin je flemmardais… Et puis je ne veux pas écrire ou publier forcément le matin… ni chaque jour…

J’ai pensé à toi…

Comme à moi, il vous est arrivé de penser à un ami et qu’il vous appelle. Douce convergence. On ne sait pas qui a pensé à l’autre le premier, si le fait de penser à une personne crée une connexion invisible… ou si ce sont les circonstances qui allument le hasard… même après une longue période de silence ou de séparation…

Le changement de lieu, ce déménagement récent, est l’occasion de renouer avec des personnes du passé, de voir le carré de fidèles se repositionner… Il en manque à l’appel… Un qui ne pourra plus jamais… Et lui dont je ne sais ce qu’il est devenu. Je reste fidèle en pensée… Je crois aux liens indéfectibles au delà des années… Mais c’est bien joli celles et ceux qui reviennent. « Même pas mort ! »

Hélas, on préfèrerait encore que certains à défaut de vous oublier, vous laissent tranquille. C’est l’ex toxique qui ne veut pas comprendre, ou ce faux ami auquel on n’a guère envie de se confier et qui vous harasse de questions stupides ou indiscrètes . Une application de mon smartphone bloque les appels des intrus mais donne à voir les agaçantes tentatives… Scories pénibles du passé… N’insiste pas !

Il vient un moment où sans renier le passé, il faut couper le fil pour avancer…

« Pars, ne te retourne pas !  » chantait Higelin. Il terminait la chanson par crainte peut-être de l’abandon, « Oh pars, et surtout reviens moi vite ! » Je n’ai pas toujours cette demande.

Et là, je glisse juste des extraits (respect du droit d’auteur) de cette chanson de Nougaro, qu’il faut lire aussi, déshabillée de sa musique pour en mesurer la force poétique

Il faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
Il faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
...
Il faut tourner la page
Redevenir tout simple

...
Il faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire
Et puis se taire


© Claude Nougaro Paroles de Il faut tourner la page © Les Editions Du Chiffre Neuf, Music Sales Corporation, Universal Music Publishing Group

« J’ai pensé à toi » est une jolie phrase. Généreuse elle vous laisse libre d’apprécier…

Je la préfère à l’inquiétude qui enferme à double tour. Je n’ai pas besoin qu’on s’inquiète de moi, je prends place dans le paysage, je renoue avec le temps…

Je ne réponds pas forcément à la minute, mais je réponds.

Je ne vous avait pas écrit aujourd’hui

J’étais à chercher une mélodie à la chanson, à penser à des projets, ôter des mauvaises herbes, au four et aux souvenirs…

Sara Alexander et son disque Peace

Tiens, j’ai retrouvé le merveilleux disque de Sara Alexander. Paix ! Et tristement, il reste aussi vivant et d’actualité qu’en 1982 lorsque je l’achetai…

Ceux qui suivent le blog, voient que je plonge avec délice dans la discothèque des trente-trois tours, nouveau rituel du soir qui se substitue avec bonheur aux tristes nouvelles du monde qu’assène la télévision… Jolie collection dont j’avais oublié certains titres…


C’est toujours agréable quand on reçoit des retours de ce qui est écrit ici. L’inquiétude reçue par mail à midi était touchante… mais montrait aussi le petit piège : on s’inquiète si je n’écris pas. J’écris quasiment tous les jours, pour moi ou ici. Si ces billets créent un petit lien, il n’ y a pas lieu de s’inquiéter si je me tais un peu…

Je cherche, je cogite entre projets, nouvelles habitudes et essais…

J’ai tant à faire qu’il me faut choisir pour ne pas courir n’importe où, n’importe comment.

Aucune procrastination. La seule chose qui me retienne dans mes créations c’est l’admiration dans laquelle je suis devant ces nombreux talents. Ceux qui savent faire avec leurs mains, ceux qui réussissent des exploits de leur corps ou de leur esprit…

« Il existe tant et tant de gens savants, d’intelligents, de généreux, mais ils n’ont pas envie du pouvoir, lorsqu’ils s’y efforcent, ils sont assassinés » chantait Colette Magny.

Ce n’est pas parce que je n’écris pas que je ne pense pas à vous.

Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tot de vous mercis.

François Villon

On meurt moins de se taire que de ne pas être écouté.

À bientôt ?

Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

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