Bonjour ou bonsoir ! Ce matin, je me suis écrit une lettre. Je ne vais pas la publier ici. C’est de la correspondance privée ! Si l’exercice peut sembler étrange ou farfelu, je l’ai trouvé non seulement intéressant mais apaisant. J’ai été étonné de la force de ce que j’avais à me dire et de l’aide que cela peut apporter.
Prendre des nouvelles de soi
La vie nous mène, souvent rapide. Nous sommes commandés par la liste des choses à faire. Si nous prenons des nouvelles des autres, si parfois elles ou ils nous demandent comment nous allons, nos réponses sont souvent attendues dans un cadre défini… Nous pratiquons l’autocensure… ou la plainte… La communication domine l’introspection.
Mais combien de fois nous accordons-nous le temps de prendre réellement des nouvelles de nous ? C’est à dire de nous interroger vraiment sur notre ressenti, nos perceptions…
Il faut pouvoir s’accueillir, s’arrêter, prendre le temps de cette démarche en apparence égoïste ou nombriliste. S’écrire à soi-même. S’interroger pour évidemment se répondre…
Quelquefois, la fatigue nous pointe dans nos défauts. Il ne s’agit pas de nous adresser des reproches, de nous disqualifier mais de commencer par nous écouter. C’est à l’intime, un dialogue avec soi où l’écrit permet sans s’interdire l’ humour, de poser les choses avec distance… mais avec franchise…
Un cadeau à soi-même
Parfois on s’offre un objet, un spectacle, une sortie… Là il s’agit de se donner du temps à soi même. Cela invite à la bienveillance.
Chacune, chacun, définira le cadre qu’il lui plait.
À la main, à la machine… nul besoin d’être formaliste. Si le but n’est pas toujours précis, l’intention première est de se relier à soi-même.
C’est un exercice étonnant puisqu’on est à la fois l’émetteur et le récepteur. J’ai fait le choix de commencer comme une véritable lettre par « Mon cher Vincent ». Comme dans une lettre classique, de prendre le temps de l’introduction, des questions… Puis très vite, le ton est venu, sans difficulté… On peut hésiter entre le « je me parle » et le tutoiement…
Des liens étonnants
M’écrivant, revenant sur le parcours accompli, en m’écoutant… je me suis rendu compte que prendre des nouvelles de soi, notamment en n’oubliant pas son fameux enfant intérieur, c’était aussi redécouvrir le chemin accompli…
Non pour sombrer dans la nostalgie, mais à la fois mesurer les étapes du chemin et mieux comprendre certains « épisodes » en les éclairant des expériences passées…
Un certain nombre d’éléments, de réactions, de perceptions ou ressentis se comprennent mieux.
La confidence, si elle est sincère va oser relier des évènements de la vie parfois éloignés ou survenus dans des contextes très différents pour les éclairer. Et je m’étonne de tout ce que l’on peut apprendre de soi-même, encore et encore, y compris quand l’expérience de vie est longue…
Se projeter sans se mettre la pression
S’écrire pour prendre des nouvelles de soi, pourrait se limiter à l’inventaire. Si l’on parvient à transformer les erreurs en essais, on comprend mieux ce que l’on a vécu… Sans orgueil, on a le droit de se féliciter du chemin parcouru, des obstacles surmontés… S’écrire à soi-même, est aussi une jolie façon de se placer en perspective et de se projeter…
Loin des ultimatums, ou de se mettre la pression, il s’agit de mesurer les possibles, d’imaginer une suite créative à sa vie tout en se rappelant ses valeurs…
Pouvoir choisir en cohérence avec ses valeurs, définir ses besoins, s’affirmer en intégrant ses imperfections, son parcours… s’écrire peut constituer une jolie aide pour tracer sa ligne de vie…
Un mot en retour ?