L’idée en apparence farfelue ne l’est peut-être pas tant que ça.Elle n’est pas neuve, elle n’est pas de moi. Mais imaginez un argent qui ne pourrait plus être placé, ne pourrait plus donner lieu à spéculation et à l’instar de tout objet, perdrait de la valeur au fil du temps ? Ça changerait bien des choses…
Allô Silvio ?
Silvio Gesell pas Berlusconi… Wikipedia explique un peu. Je n’ai pas retrouvé dans ma bibliothèque le livre où il raconte l’intérêt d’une monnaie qui se déprécie au fil du temps si on ne l’utilise pas.
Ah, oui, un argent fait pour échanger pas pour enrichir ou spéculer…
Augmenter la vitesse de circulation de l’argent, soutenir la demande, combattre la déflation et réduire le chômage en favorisant la consommation et l’investissement plutôt que la conservation des liquidités… Il y eut quelques expérimentations qui inquiétèrent assez les autorités pour les énerver.
Je me suis souvenu de tout ça au moment où nos 577 représentants n’ont pas été fichus de s’entendre pour trouver un budget.
Pas loin de Gesell on trouve Fischer qui disait : « La monnaie ordinaire procure à son détenteur un avantage simplement parce qu’il la retire du marché. Le ‘stamp scrip’ supprime cet avantage et rétablit la neutralité entre la monnaie et les biens.”
“Le ‘stamp scrip’ (monnaie à timbre) est conçu pour maintenir l’argent en circulation permanente en imposant un petit coût à sa simple détention. Il pénalise la thésaurisation et encourage la dépense et l’investissement là où ils sont le plus nécessaires.”
De Gesell aux SEL
Il existe encore localement des SEL (système d’échanges local). Les SEListes ou SELien·ne·s échangent des biens et services selon une unité propre à chaque groupe. L’objectif n’est pas seulement économique au sens classique, mais de proposer des échanges égalitaires. « Le SEL est un groupe
de personnes qui mettent des services, des savoirs et des biens à la disposition les unes des autres, au moyen d’une unité d’échange choisie par ses membres.«
Et derrière, les esprits intelligents auront pensé aux coopératives, aux mutuelles (les vraies pas les assurances), ou même au licences créative commons !
Tout cela pour rappeler qu’il existe d’autres logiques que celles qui dominent à ce jour.
Ces logiques s’extraient de la compétition, de la volonté d’obtenir le pouvoir sur la Société (et les personnes) notamment par l’argent.
Des expérimentations persistent, il y eut des essais intéressants… mais il est vrai aussi qu’on est dans une approche peu promue aujourd’hui et pourtant qui serait hautement intéressante…
Et l’Art là dedans ? Qu’échangerait-on contre un poème ? Le barde ne risquerait-il pas de ne pas trouver preneur ?
Si ça se trouve, il lui faudrait inventer d’autres façons de faire, enseigner l’art d’écrire des vers ou de chanter…
La manque d’imagination
Aujourd’hui ce qui frappe c’est le manque d’imagination… non pour inventer des taxes mais au delà même du « consentement » à l’impôt, savoir revenir sur les valeurs et le sens.
Le besoin de justice (sociale et fiscale) appelle à regarder vers ceux qui ont des grosses fortunes et ne payent pas ce qu’ils devraient. C’est vrai. Mais ce faisant, on légitime et renforce l’idée d’une organisation économique fondée sur le capitalisme. Les riches étant priés de partager un peu (si peu) pour pouvoir continuer de fonctionner dans ce système. Comme une concession faite pour avoir le droit de continuer ce qu’ils font dans une logique en réalité mortifère.
Non, on n’imagine rien, on ne pense pas valeurs, projet social…
Et c’est compliqué parce qu’il faudrait imaginer des mutations extraordinaires dans un contexte de mutation.
Alors peut-être oui… commencer par le local à chaque fois que possible.
Je réfléchis à passer certaines parties du site en licence creative commons. À suivre !


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