J’ai trié mes crayons…

Publié le Catégorisé comme réflexions
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"Straw Patterns" by David McEachan/ CC0 1.0

J’ai trié les crayons. C’est une manie de vieux garçon. Notez que mon tri laisse quelques imperfections. Apprenez que les questions ont surgi et que cette activité d’apparence anodine ne l’est peut-être pas tant que cela…

Mais pourquoi les trier ?

La première motivation, c’était pour attendre l’heure d’appeler le dentiste. L’épreuve du jour fut de dégoter un rendez-vous dans des délais raisonnables. Inscrit par la gentille dentiste du coin en 137ème position (je jure que c’est vrai), refoulé d’autres cabinets, j’ai trouvé une dame à 142 km. Près de Toulouse. La vie est belle.

Mais ce n’est pas le sujet. J’ai trié pour faire patience, j’ai trié pour ranger cette étagère, j’ai trié pour prendre conscience…

Pourquoi autant de stylos et crayons ?

Certainement quelque chose qui vient du temps où j’enseignais. Aujourd’hui j’écris très peu à la main, je colorie encore moins. Il y a des stylos, des crayons à papier, des feutres… quelques accessoires. Des gros feutres marqueurs également utilisés pour renseigner le nom des cartons du déménagement.

Mais pourquoi autant ? Ce ne sont pas des stylos de valeur, ce n’est pas une collection… Les feutres de couleurs c’était pour ternir mon « Bullet Journal ». Pendant le confinement j’adorais… J’ai laissé tomber.

Ils sont là, une armée au garde à vous. Utiles quand un enfant ou un ami qui passe veut écrire, colorier ou dessiner… mais quand même, je n’ai pas besoin de tout ça, moi qui pensait m’être allégé. C’est raté.

Je ne vous parle pas du fait que dans cette maison il y a encore trois ordinateurs et deux télévisions… La honte ! Allégé ? Mon œil.

Une technique très au point

On notera avec intérêt que j’ai testé sur une feuille chaque stylo ou crayon. Deux stylos bille secs ont été condamnés au recyclage.

Mais les autres avaient bien résisté.

Puis, j’ai classé. Je viens de voir sur la photo qu’un feutre n’appartenant pas à sa bonne famille était dans le mauvais pot. Je viens donc de me relever pour corriger l’erreur indigne.

Le pot des crayons accueille de la colle, une gomme et l’embout d’un pied de micro. En ressort une pointe d’insatisfaction. Il y a donc du maniaque en moi, c’est confirmé. On va voir combien de temps il va me falloir pour rectifier.

J’ai classé par catégorie et sous catégorie. À l’école maternelle, c’est une activité que j’aimais voir faire par les enfants. Certains allaient très loin (par couleur, taille… mêlant plusieurs variables…).

C’est gratifiant

C’est quand même gratifiant de classer et ranger. Ça donne l’illusion de l’ordre et du contrôle. Je ne peux pas contrôler la liste d’attente du dentiste, mais je peux contrôler dans une certaine mesure le rangement des stylos.

Et l’alignement des pots.

Avec le risque d’imposer une norme à toute la maison et à gare à celle ou celui qui à l’avenir ne se conformerait pas au bon rangement. Je ronge souvent mon frein. Certains rangent les cuillères à l’envers dans le tiroir. Insoutenable.

On sent que la dérive dictatoriale n’est pas loin.

Car vous imaginez bien qu’il en va de même pour le reste des objets qui sont dans les tiroirs et les placards.

La liberté

le canard s'est échappé

Tel que vous le voyez, lui s’est tiré discrètement de l’élevage situé sur l’autre rive. Il a pris la poudre d’escampette pressentant peut-être le destin auquel on le destinait.

Il n’a pas voulu se laisser ranger avec les autres. Ses plumes ont le goût de la liberté. Il a voulu s’échapper quitte à se mettre en danger.

Si j’avais été son éleveur, j’aurais été ennuyé… mais en le croisant j’étais content pour lui… Il a plongé, nageant ostensiblement pour s’éloigner de chez lui et abandonnant ses copains. Est-il rentré finalement le soir ? Pour un peu de grain…

Ne me dites pas que ça n’a aucun rapport avec mon histoire de crayons, je trouve que si. Affaire de plumes, de normes, d’ordre et de liberté.

Quand on crée les crayons ont besoin d’être libres. Je me souviens d’avoir entendu l’expression « désordre fécond ».

Du coup j’ai parlé de politique avec cette histoire d’ordre, de liberté… Oui parce que je me disais ce matin que je ne parle jamais de Dieu, de santé et de politique sur ce site car ce sont des sujets qui fâchent et clivent.

Et je suis certain qu’on peut se fâcher à propos de la façon de ranger les crayons. Ça pourrait faire une belle polémique sur les réseaux sociaux !

Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

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