En allumant l’ordinateur le matin, un rituel s’est imposé, celui des mises à jour numériques : qu’elles concernent les logiciels ou les systèmes, elles sont plus fréquentes. Elles concernent souvent la sécurité, proposent parfois une évolution de certaines fonctionnalités. On ne perçoit pas toujours « à l’œil » le changement apporté. Là on voit un progrès, ailleurs une régression ou il faut opérer un réglage. Et le lendemain une nouvelle mise à jour nous fait nous demander si nous ne sommes pas toutes et tous devenus des « bêta-testeurs » en direct.
15 mises à jour ce matin.
On annonce dans la journée une nouvelle mise à jour de WordPress. Elle viendra s’ajouter au reste.
Les spécialistes qui décryptent la photo mise en avant de cet article, auront noté que je ne mens pas quand je dis que j’ai une machine sous Ubuntu avec GPU NVIDIA et Secure Boot actif. On est en effet sous Ubuntu 26.04 LTS. Autrement dit la dernière version stable avec son petit noyau tout récent 7.0.0-30-generic.
Quand on met à jour le système, il n’y a pas grand chose à faire. Il suffit de suivre les instructions à l’écran et c’est rapide dans la plupart des cas. Bien que je n’aie jamais connu d’incident majeur, il y a toujours un léger stress notamment si la mise à jour demande un redémarrage.
Parfois, on peut observer un changement mais dans la plupart des cas, rien de très visible.
Ce matin on observait aussi la mise à jour de deux navigateurs : Google Chrome Stable (151.0.7922.169-1) et Firefox (154.0~build1). Pour tester le site je dispose de dix navigateurs différents mais je n’utilise que Firefox au quotidien. Ce matin, j’ai pu noter ce désagrément fréquent : la langue par défaut est repassée à l’anglais. Alors il faut retourner dans les paramètres.
Quand je veux en savoir plus long, je peux aller regarder les nouveautés apportées par telle ou telle version. Toute la difficulté consiste à s’approprier les nouvelles fonctionnalités dont on ne perçoit pas toujours l’intérêt immédiat.
Des mises à jour de plus en plus fréquentes
Depuis peu Firefox qui se sent fragilisé, accélère les mises à jour. Au début des années 2000 elles étaient espacées puis depuis 2020 on voit que le tempo s’est accéléré entre les changements de versions et les mises à jour intermédiaires.
Il y a le souci de proposer de nouvelles fonctionnalités, de ne pas attendre quand un bug est observé et de répondre aux urgences liées à la sécurité.
Un logiciel n’est plus un dispositif fixe mais toujours en évolution permanente en raison des interactions avec des environnements toujours évolutifs.
On a le sentiment parfois d’une sorte de paradoxe : la sécurité est renforcée (provisoirement) mais une certaine instabilité est engendrée. Quand on utilise un logiciel, si certaines pratiques sont « fixes » , régulières, intégrées, presque « réflexes » d’autres changent. Parfois nous pestons contre une évolution ergonomique. Avec Firefox, il a fallu protester pour qu’on ne nous impose pas le recours à l’IA par défaut.
Nous voyons ces désagréments aussi avec nos smartphones où certaines mises à jour d’ applications sont l’occasion de tenter de nous imposer un paramétrage si nous n’y prenons garde comme par exemple les notifications ou certaines configurations intrusives que nous avions écartées auparavant.
Là où hier, on attendait qu’une application soit stabilisée, sans bug avant de la déployer, aujourd’hui on mise plutôt sur l’agilité et la réactivité face au repérage de difficultés.
Une des problématiques vient souvent du fait qu’une mise à jour peut engendrer un trouble, une régression ou d’autres problèmes selon les environnements. Il fauta llors attendre le correctif salvateur.
Ne pas rester dans la passivité
Une erreur serait de différer les mises à jour, notamment pour des raisons de sécurité.
Il me semble que nous devrions être doublement réactifs : sans vouloir tout apprendre d’un logiciel et de ses évolutions, découvrir et tenter de comprendre ce qu’il peut faire notamment de nouveau, peut nous faire avancer dans nos usages et améliorer « nos productions ».
Pour prendre un exemple, il y a une grande différence entre taper sur la barre espace pour obtenir un retrait du texte et utiliser un style automatisé avec LibreOffice. Le petit apprentissage peut faire gagner beaucoup notamment si on veut conserver une mise en forme propre lors d’échanges de documents.
Un autre point est aussi de faire remonter les difficultés. Les développeurs des logiciels sont en réalité à l’écoute des critiques et constats. L’ennui c’est que c’est souvent en anglais avec des contraintes formelles mais j’ai souvent eu des retours et vu des avancées. Sans être technicien, il est possible de faire remonter remarques et besoins en faisant simplement part de ses observations et difficultés. Parfois, nous repérons un souci et si plusieurs réagissent, alors, une correction peut être apportée.
Bien que l‘automatisation probabiliste envahisse aussi l’évolution des logiciels et applications, il faut encore une régulation humaine pour répondre aux besoins réels. Le numérique à travers ses mises à jour, apparaît alors comme un système vivant et en évolution permanente dans lequel chaque logiciel possède son fonctionnement évolutif dans un système qui bouge et interagit sans cesse.

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