Il fait si chaud camarades, que le temps d’aller acheter mon pain le vélo a fondu et les plantes l’ont envahi. C’est ainsi. Je vous écris du fond d’une cave creusée six pieds sous terre. Heureusement, aujourd’hui, nous n’avons pas entendu les Mirages de l’armée de l’air vrombir et rugir en s’amusant dans la vallée…
Je ne m’habituerai jamais à la guerre
Et encore moins aux commentaires des journalistes de télévision qui égrènent des nombres de morts avec l’empathie d’une horloge atomique.
Ils parlent des populations martyrs comme s’il s’agissait de peuplades sous-développées, de peuples imbéciles ou immatures incapables de se doter d’une démocratie. Et tous de rester silencieux ou pudiques sur les gestes d’autocrates fous qu’on laisse faire. L’Organisation des Nations Unies peut voter des motions et discourir…
J’espère juste que deux membres de la famille retenus là-bas pourront rentrer sans trop de dégâts.
Prendre l’amer

D’une boutade dans un courrier électronique reçu ce matin, « faire avancer le Schmilblick »… lequel est un nom déposé, à la fraîche avec le chien, ce matin donc, j’ai photographié le bateau.
Pourrions-nous nous échapper loin ? Non. Le Lot autrefois navigable est censuré par des aménagements…
Sur le village ici règnent trois figures aimables et étonnantes : celle du conseiller municipal Pompidou, de l’écrivaine native des lieux Sagan et du comique lequel à l’époque passait le Lot en moto avec sa troupe d’amis et se croyait encore en Aveyron. D’où le bateau, d’où l’avenue…
Mais le chien soufflait si fort qu’il a fallu vite rentrer juste après n’avoir pas oublié de poster la lettre d’anniversaire.
Des siècles après

Par les aléas de la vie, des siècles après les avoir vus, je me redécouvre une fratrie… S’il y a de la douleur dans ce qui nous unit, je me réjouis de découvrir que nous pouvons nous faire des confidences, nous apprendre, nous comprendre… Rien n’est plus beau dans la vie que de libres re-trouvailles même si ce sont surtout des trouvailles puisqu’il s’agit d’abord de s’apprendre. Les mots ne manquent pas. J’aime quand les heureuses surprises montrent le bout de leur nez. Je me surprends soudainement à la vocation d’aîné moi qui n’ai cessé de rêver d’être le cadet, celui qui peut discrètement se faufiler sans qu’on lui confie sans cesse les responsabilités dont celles d’être exemplaire…
Nager ?

C’est interdit. L’été j’ai déjà surpris de jeunes gens sautant du pont de fer, au risque d’aller se heurter à la pierre d’un pont ancien cachée sous l’eau, au risque de se prendre les pieds dans les câbles de métal.
De l’autre côté de jeunes enfants descendent parfois nager. Ce n’est pas plus autorisé mais c’est plutôt beau et drôle à voir quand ils s’éclaboussent en riant. Ils ne craignent pas le silure lucifuge !
Demain matin, il faudra sortir très tôt si je veux aller au marché de Villefranche de R. et trouver des tomates dignes de ce nom.
C’était une chronique caniculaire, lacunaire mais avec cette juxtaposition étrange d’émotions où se mêlent le lointain et le proche. Nos vies humaines en quête de paix, d’amitié, d’espoirs et de paix.

Un mot en retour ?