Il nie les faits. Comme les autres. Certains sont prescrits. Encore un gourou qui tombe. Jacques Salomé, j’ai plusieurs livres de lui à la maison. Ils m’ont souvent inspiré, notamment « Le courage d’être soi« . Je n’aimais pas trop sa façon de se mettre en scène mais je n’y voyais qu’une dérive de la starisation.L’enquête de France Info semble assez sourcée et détaillée. Je pense aux victimes. L’horreur. Et je me sens insulté. Parce que j’ai acheté ses livres en toute bonne foi et que je croyais en ses belles paroles.
A tous ceux qui ne souhaitent plus vivre sur la planète TAIRE !
Bonjour et bienvenue.
C’est le titre qu’il a osé inscrire sur la page d’accueil de son site ! Aucune allusion aux faits reprochés, c’est logique.
Sur la bio du Figaro, le texte ouvre par une citation qui semble bien glauque au regard des événements : “Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains, transforme-les en caresses”. Il y est présenté comme psychologue ( à ma connaissance il n’a pas le diplôme de psychologue). Le site ajoute : « il a forgé un corpus théorico-pratique qui le désigne comme un expert en communication intime et en relations au quotidien.«
Je veux bien qu’on invoque la présomption d’innocence. La répétition de témoignages singulièrement convergents ne laisse guère d’espoir que ce soit une cabale soudainement montée contre un vieillard parait-il malade. France-Info mentirait à ce point ?
Je contemple le rayon de la bibliothèque de la maison où je vois cinq de ses bouquins. L’image répugnante qui me vient c’est que les pages de ces livres sont entachées du sperme de leur auteur, comme s’il avait éjaculé partout pour marquer son territoire. Impossible pour moi d’ouvrir seulement ces bouquins sans ressentir un vrai dégoût. C’est physique. Pour la première fois de ma vie je vais jeter des livres. Et pas au recyclable. Ce serait au dessus de mes forces. Que la Justice passe !
Stop aux gourous, coachs et autres leaders et à leur pouvoir !
À chaque fois c’est l’argent et le pouvoir qui agissent et pervertissent l’esprit. Les gourous sont dangereux parce qu’ils font des victimes et risquent d’engager des dérives sectaires. Ils abusent de notre naïveté, de notre crédulité…
Il serait un peu facile de dire que c’est la faute au système et que c’est « malgré eux » qu’ils se seraient laissés aller. La solitude de la star sur son piédestal l’inciterait à chercher « consolation »…
Sauf qu’à chaque fois, ils vont s’attaquer à des proies vulnérables. Ils ont pris le costume de la bonté, adopté un discours parfois humaniste ou été formidables dans leur art quitte à le trahir. Ce sont des Tartuffes obscènes.
Je sais bien que tous ne sont pas des stars et que dans leur appartement des maris usent de leur pouvoir contre leur femme. Mais il n’empêche que trop d’affaires remontent où c’est par sa position qu’un type a pu abuser d’autrui (quand ce n’est pas sexuellement, c’est psychologiquement, financièrement, physiquement…).
Mon intuition féminine
J’assume en moi cette part. Sans me le dire toujours ouvertement, j’ai toujours eu ce petit ressenti, cette petite alerte intime et sourde qui faisait que je me sentais mal à l’aise face à certaines de ces « célébrités ».
C’est facile de le dire après coup. Je n’ai jamais été surpris au fond et j’ai toujours ressenti le même sentiment un peu désagréable. Je n’ai pas eu à connaître de situation douloureuse dans mon entourage immédiat. Il ne faut pas se laisser envahir par le soupçon systématique ou la délation idiote… mais ces personnages ont tous en commun ce quelque chose d’aigu. Ce n’est pas leur cerveau qui les commande.
J’ai eu à des époques où c’était encore très compliqué, à dénoncer des faits : là un psychiatre de renom, ailleurs un vieil élu… À chaque fois mes « supérieurs hiérarchiques » m’ont averti que j’avais « intérêt à ce que ce soit vrai » sinon je prenais des risques pour ma carrière… À chaque fois ce fut vrai. Hélas.
Ne les laissons pas seuls, ne leur laissons pas le pouvoir
Un gourou, un coach, un leader, c’est une personne qui va parler non pour porter le fruit d’une réflexion collective, non parce qu’il serait « mandaté, mais dans le but d’influencer la conduite d’autrui.
C’est à chaque fois la même structure. Pas forcément pyramidale, mais on y voit le petit cercle de « supporters », de soutiens, le club et ce moment où le gourou va « s’intéresser » à une personne rencontrée parfois parmi une assemblée (stagiaire, fan…) une personne qu’il aura remarquée en général parce qu’il l’aura repérée pour sa vulnérabilité. C’est décrit dans plusieurs situations : l’invitation à rejoindre après le show, la « mission » spéciale, « l’aide » personnelle…
Le gourou va toujours trouver des adjoints. Les connards dont je parlais hier souvent eux-mêmes concernés par des affaires, s’appuient sur une logistique et toujours cette dimension « affective », cette emprise si besoin culpabilisante…
Il faut donc nous éduquer toutes et tous à ne pas être « clients » ou « victimes » : apprendre à dire non et savoir être attentif à l’autre.
Si j’ai évité des « ennuis » quand j’étais petit avec un jeune homme très insistant, c’est grâce à ma mère qui m’avait appris à dire « non ». C’est parce que mon « non » a été ferme. Et parce que j’ai eu de la chance. Je me suis imposé ensuite une éthique un peu austère, pour éviter toute ambiguïté. Par exemple comme cadre, je refusais de mêler ma vie personnelle à celle de mes supérieurs hiérarchiques ou de mon équipe. Je me suis toujours interdit de fréquenter des personnes de mon univers professionnel (surtout si j’étais leur « supérieur ») et j’ai toujours considéré important de déléguer, partager le pouvoir en favorisant l’autonomie de chacune et chacun…
Mais plus largement, nous avons à faire pour « chasser le gourou », moquer le leader.·
Derrière ces affaires terribles, c’est bien la question de la supériorité, de la hiérarchie officielle ou subjective qui est pointée. Quand elle est évidente, la position peut être un facteur aggravant.
Il n’y a aucune fatalité à laisser les machos virilistes gouverner le monde. Et les femmes n’ont surtout pas à les imiter pour arriver au pouvoir.
Ce qu’il faut défendre c’est une autre façon de concevoir les rapports entre individus. À la fois pour que chacun-e puisse apprendre à s’autoréguler (l’inhibition c’est bien aussi) ou apprenne à savoir dire non ou appeler à l’aide.
Il faut que la société ait les yeux, les oreilles et le cœur ouvert aux besoins et à la situation de chacune et chacun… Non pas dans une logique de surveillance permanente, mais tout faire pour limiter les situations problématiques.
Par exemple, un psychologue ne pourrait plus recevoir en situation duelle sans remettre un document précisant qu’en cas de souci le patient pourrait faire appel à une tierce personne clairement désignée ou une structure pour sortir d’une situation ambiguë ou signaler un fait (cela existe peut-être… je ne sais…). Plutôt que la surveillance (impossible) le recours en cas d’incident même léger permettrait de réguler…
Ce serait bien d’agir en prévention avant d’attendre la prochaine histoire glauque ! En attendant, le déroulé de ces histoires ne doit pas les banaliser…

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