Compostelle – le film de Yann Samuell


Cheminmars

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3–4 minutes

Le chemin de Compostelle passe près de la maison. Je croise souvent des marcheurs. C’est d’abord pour cette raison que je suis allé voir le film tourné en grande partie en Occitanie. En lisant la présentation, j’avais un peu peur que les bons sentiments noient le scénario. C’est en réalité une très bonne surprise et un film qui peut faire du bien si on préfère la générosité au cynisme.


À voir sur grand écran

Si Alexandra Lamy et Julien Le Berre tiennent les deux rôles principaux, les paysages et surtout le chemin que nous donne à voir Yann Samuell sont la force du film. Sources profuses, paysages escarpés, villages et églises, horizons immenses et libres sont grandioses et remarquablement filmés. Je mesure ma chance d’y vivre. La caméra virtuose frôle le risque de sombrer dans le documentaire géographique ou la carte postale : d’habiles signatures permettent de noter les lieux. Mais l’émerveillement domine. Surtout, on perçoit la puissance de la nature, sa capacité mystique à nous transformer. Ceux qui ne connaissent pas les lieux auront envie de les découvrir forcément et ceux qui les connaissent d’aller marcher.

L’histoire

Tout n’est pas vraisemblable même si le récit est inspiré de faits réels. Un jeune homme doit faire une marche de rupture pour éviter la prison. Une professeure suspendue sera son accompagnatrice.

Au delà du scénario un rien prévisible, le vrai thème en est la confiance (en soi, en l’autre) et la possibilité de donner du sens à sa vie en faisant chemin. J’évoque souvent ça.

Combien de mômes (et d’adultes) manquent du carburant de la confiance pour aller de l’avant ? Dans le film il s’agit de se délester, l’un de son couteau, l’une de son alliance et au delà des symboles de tant d’autres choses.

La chance des rencontres que l’on va chercher est aussi une bonne façon d’avancer. Les seconds rôles dans le film ont la bonté et le pardon comme point commun. Après tout, la vie a bien assez de héros négatifs à nous proposer et ils viennent habilement en contrepoint des errances du jeune héros. On ne leur en tiendra pas grief et ce d’autant plus qu’alors le film pourra concerner la jeunesse… Un film avec des humains avec leurs différences assumées. Plaisant.

Julien Le Berre

Compostelle affiche du film

Le jeune homme qu’on reverra sans nul doute est la révélation du film. Acteur, danseur, il maîtrise le rap. Il a été formé à Albi… Forcément, comprenez que je mette en avant le régional de l’étape ! Audrey Lamy fait le job, familière. Elle sait rester juste. Leur duo tient le chemin. Julien Le Berre possède cette alliance de charme, de charisme et d’énergie. Il parvient à jouer d’égal à égal. Il plaira à tous. Si l’histoire n’est pas toujours crédible, lui l’est. Il incarne son personnage et le porte comme si c’était sa vie qui se jouait. Pourvu qu’on sache lui donner des rôles lui permettant de dévoiler encore sa palette, d’aller dans des registres plus subversifs.

Nous avons besoin de bons sentiments

On peut regretter parfois que le cinéma français n’ose pas aller explorer de nouvelles façons de raconter des histoires, c’est surtout un problème de financements… mais depuis un moment comme dans Le Panache où il était aussi question de confiance et de nombreux films évoqués ici, j’aime trouver au cinéma des récits d’ouverture, de tolérance, de fraternité où les valeurs humaines prennent le dessus. L’espoir se construit aussi grâce à la mise en scène de possibles que ce soit au cinéma, dans une série ou dans un roman. Il faut des films d’ouverture…

C’est en cela que je ne doute pas que les aigris et cyniques dénigreront le film. Et rien que pour ça, je suis content de l’avoir vu.


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