Comment réagir face aux commentaires racistes ou antisémites ?


Filles

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3–5 minutes

Par chance, dans mon coin, je n’entends pas d’expression directe du racisme ou de l’antisémitisme. J’ai quitté Twitter et Méta il y a un moment mais au détour d’une vidéo YouTube, à la lecture d’un article de Presse, je tombe souvent sur des commentaires directs ou jouant d’allusions. Pas si simple de savoir comment réagir.

Ni silence, ni mise en danger

Le ou la raciste (ou l’antisémite) dès lors qu’il ou elle exprime son ressentiment, le faisant souvent par écrit sous couvert d’un pseudonyme (en réalité la plupart du temps « démasquable ») appartient à la catégorie des personnes toxiques et attend des réactions à son expression. Son ambition est d’accroître les tensions et exalter le rejet de la différence. Je ne vais pas ici rappeler toutes les assignations et amalgames d’un phénomène connu et hélas réactivé considérablement aujourd’hui grâce à la révolution numérique.

Je l’imagine guettant le commentaire et revenant voir si « ça fait du bruit ».

Il ou elle, appréciera de se voir conforté·e par ses pair·es. Je pense que la confrontation lui plaît beaucoup aussi, peut-être plus. Pour certain·es déposer un commentaire provocateur c’est comme poser un piège pour attraper « un gauchiste » ou un »wokiste ».

Quand je lis un tel commentaire, je me sens pour mille raisons, en empathie directe avec les personnes victimes. Je crois important pourtant de ne pas me placer seulement dans la position morale du « c’est pas bien » ou « c’est interdit« . On ne peut ressentir vraiment ce qu’une personne visée peut ressentir, on ne peut que l’approcher, y compris à l’aune de sa propre expérience. Un commentaire raciste me touche d’un point de vue humain, affectif et je dois aussi le regarder comme citoyen me situant dans une république sociale et démocratique structurée malgré tout par des textes de Loi.

Le racisme est une injustice, il est illégal et me taire ou ne rien faire serait à mes yeux m’en rendre complice. Mais si j’interviens, je ne dois pas non plus m’exposer au risque de me mettre en danger, ni physiquement, ni affectivement. Comme face à tout délit. Je ne dois pas me laisser happer, gaspiller mon énergie par exemple dans des débats idiots.

Quand c’est direct

Le propos ouvertement raciste ou antisémite appelle au signalement auprès du modérateur du site ou des autorités.

Il faut s’empêcher je pense d’ouvrir le dialogue dans ces cas ou de valoriser un commentaire.

Dans les transports à Paris, il m’était arrivé il y a longtemps d’intervenir fermement pour un rappel, mais c’est tout. Il reste la terrible question de pouvoir « convertir » à l’humanisme un raciste qui a sa propre histoire. Pour certaines personnes, je pense que seule une mise en situation dans le réel pourrait les faire évoluer (sans angélisme). La prévention est évidemment à développer dès l’école et par l’exemplarité dans tous les services publics.

L’allusion

Plus ou moins fine, jouant sur les mots, l’allusion raciste ou antisémite sait flirter avec les limites. La personne aura beau jeu de dire que c’est nous qui « interprétons » ses propres propos et nier que « jamais » elle n’avait voulu dire ça.

Parfois, ce sont nos références historiques, culturelles et notre intuition qui permettent d’évaluer que les bornes sont franchies.

Il faut réussir à dire sans « sur-interpréter » mais sans minimiser. Il faut parfois plutôt que de s’en prendre à la personne, souligner que la formulation utilisée relève d’un stéréotype, d’un préjugé souvent exprimés. Sans sombrer dans le ton professoral, il faut parfois rappeler un fait historique, rationaliser. Pas simple.

On peut également dans certains cas tenter de signaler. Les modérateurs ne suivent pas toujours ne disposant pas forcément eux-mêmes des références.

Et vous comment faites-vous ?

Il n’en reste pas moins, surtout par les temps qui courent, où la parole est débridée, qu’il n’est pas simple de savoir comment réagir.

Je pense que le fait de pouvoir créer du lien, se souder, se montrer et s’afficher ouvertement comme personnes humanistes et antiracistes peut jouer. Il me semble d’une certaine façon qu’il faut occuper le terrain et prendre la main, c’est à dire ne pas être sur la défensive, dans la posture de répondre ou reprendre mais dans celle de s’exprimer comme antiraciste, de s’affirmer…

Il m’arrive pour ma part de réagir, de le regretter parfois, de signaler avec plus ou moins de succès.

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Une réponse à « Comment réagir face aux commentaires racistes ou antisémites ? »

  1. Avatar de monumentale

    "Il m’arrive pour ma part de réagir, de le regretter parfois, de signaler avec plus ou moins de succès.

    Peut-être lectrice ou lecteur, avez-vous des stratégies ou pratiques personnelles à partager ?"

    #racisme #antisémitisme #humanisme

    1. Avatar de Vincent Breton

      😉

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