Pour être honnête, l’idée s’est imposée progressivement. Comment créer un site minimaliste qui ait du sens ? Sûrement lorsque j’ai éprouvé le besoin de cohérence entre le fond, la forme et mes propres valeurs. Comme dans la vie de tous les jours, il faut parvenir à passer de la prise de conscience à la mise en œuvre. On s’aperçoit alors que la recherche de la simplicité qui ne se confond pas avec l’austérité est un art subtil et poétique.
Pourquoi suis-je allé vers un site minimaliste ?
J’ai déjà raconté les premiers sites. On adorait les textes qui défilaient, les couleurs racoleuses, que ça clignote… Le kitch est certes un art, mais l’anecdotique est souvent sans objet. Est anecdotique, ce qui n’apporte pas un plus.
Au début on veut « montrer ce qu’on sait faire », partager ses créations. Le simple fait de savoir publier une page sur Internet à la fin des années 90 épatait les amis. J’entends encore le chant du modem…
Avec l’accès facile à des systèmes de gestion de contenus comme WordPress, on a vu la possibilité d’enrichir les pages de fonctionnalités dont certaines techniquement assez bluffantes. Nombre de celles-ci ont relié de façon étonnante un CMS libre comme l’est WordPress aux géants du Web et notamment aux exigences de Google (dont la terrible extension de statistiques que la CNIL finit par interdire tant elle espionnait les visiteurs). Sans même ce lien, on a introduit des extensions sophistiquées avec de « beaux effets ». Mais outre le fait que ces dispositifs servent souvent un système économique, ils ouvrent souvent des failles de sécurité et alourdissent le site.
C’est en testant et analysant les performances du site, en essayant de creuser les causes des ralentissements ou de certaines failles de sécurité que la prise de conscience est venue.
Cette prise de conscience s’est alignée avec la conscience écologique d’une part et notamment après la pandémie l’idée de poursuivre le travail d’exigence éthique. Les contenus de ce site restent soumis au droit d’auteur. Ce sont en majorité des contenus à dominante artistique ou littéraire mais ils s’inscrivent dans l’esprit de partage avec une consultation libre. Rien à payer, pas d’abonnement obligatoire, pas de collecte d’adresses…
Quand j’annonce dès la page d’accueil « vivons heureux en poésie », ce n’est pas pour moi un conseil de développement personnel, mais plutôt la mise en partage d’une expérience de vie. Je m’emploie à cela au quotidien et cela passe aussi par une forme de minimalisme dans ma propre vie.
J’écrivais l’autre jour qu’il y avait une forme de résistance dans ma démarche notamment face à un Internet fondé sur la compétition. Mais je ne veux pas que l’on perçoive une approche négative. C’est plutôt un cheminement, une évolution et l’envie d’avoir aussi avec ce site une approche « poétique » et la possibilité d’une véritable expression personnelle.
L’épure pour mettre en avant le contenu
J’écris souvent long. Mais en essayant de structurer. Un écrit on peut revenir en arrière ou en haut aisément. C’est plus simple qu’avec les vidéos où l’on reste captif, tout comme les audios où l’on ne peut facilement revenir en arrière…
Il faut parvenir à structurer sans que ce soit lourd. Cela passe par l’écriture des textes comme la conception de la navigation et des aides apporter à l’orientation dans un site aux pages nombreuses.
L’épure, c’est beaucoup de blanc et peu de couleurs. C’est travailler le choix des polices et des espaces. Et là aussi, pas de tarabiscoté. Il faut en plus que tout s’adapte sur n’importe quel écran. Près de de 40% des lectrices et lecteurs, lisent ce site depuis un smartphone.
Le nettoyage technique
Hier encore, j’ai supprimé une extension. Elle permettait de présenter les .pdf sous forme de petits livres dont les pages tournaient en faisant un joli bruit. Mais j’ai découvert que l’extension ouvrait une petite faille de sécurité. On pourra toujours lire des .pdf directement dans le navigateur ou en les téléchargeant (donc même hors connexion).
J’ai supprimé également un « joli » lecteur audio pour lui préférer une présentation en html assez simple avec une présentation épurée qui permet pour 0 euro d’obtenir la même chose.
Je ne suis pas un technicien mais peu à peu j’ai supprimé avec quelques lignes de code, des extensions qui alourdissaient les performances et ouvraient parfois des failles.
Mais il faut lutter parfois par exemple contre des fonctionnalités natives du système de gestion de contenus. Par exemple pour obtenir 0 cookie, j’ai supprimé la possibilité de laisser un commentaire (on peut toujours écrire ou commenter sur Mastodon…).
Je n’ai eu de cesse et je peux poursuivre, d’alléger les pages, d’avoir des images légères. Puisque je veux me libérer des géants du Web, j’utilise pour tout faire des logiciels libres.
Le fait d’avoir aujourd’hui un site réputé comme très performant (le terme pour moi veut dire rapide, léger, adaptatif et écoresponsable) c’est un travail. Mais la démarche est intéressante, on soulève le capot, on regarde sur quoi agir. C’est une façon d’apprendre comment est fait l’outil qu’on utilise. Et comme ces robots multi-usages qu’on vend parfois pour la maison, on n’a souvent besoin que de deux ou trois fonctionnalités. Mais c’est vrai, c’est une démarche volontariste… Elle m’a permis de comprendre certaines limites techniques aussi.
À chaque fois la question qui revient : de quoi ai-je vraiment besoin ? L’outil choisi est-il le plus léger, le plus responsable ? On essaie, on teste… On élimine ce qu’on n’utilise plus.
C’est exactement comme avec la collection de pulls dans le placard.
Sur le plan technique, comme de la mise en forme, je vois bien que la simplicité est souvent profitable : je passais des heures autrefois et à chaque mise à jour, à régler le plugin LiteSpeed Cache en lien avec le cache du site… Depuis que j’utilise le cache Varnish (XtremCache) au niveau de l’hébergeur je n’ai plus rien à paramétrer !
Cette simplicité s’accompagne du besoin et de la possibilité de maîtrise : contrôle des données, maîtrise de l’hébergement. Le site conçu dans l’Aveyron est hébergé dans le Puy de Dôme. Il ne se retrouve pas sur je ne sais quel serveur américain…
Authenticité et Liberté
L’idée n’est pas d’éblouir le chaland mais de l’attirer par du contenu « fait à la main » et sincère. Tout n’est pas au top, des corrections, des évolutions ont eu lieu… mais il n’y a rien à vendre. Ici, on partage des idées, des expériences, une démarche…
Encore une fois, même si parfois je semble donner des conseils, ce n’est pas un site de développement personnel ou de conseils mais un lieu de partage.
Je pense ça, est-ce que ça fait écho chez-vous ? J’ai inventé ça, vous en amuserez-vous ?
À la liberté d’écrire – qui n’est pas sans responsabilité- avec l’exigence de « dignité » – se place en miroir celle de la liberté des visiteuses et visiteurs de lire, de faire preuve de curiosité mais de ne pas avoir à en rendre compte.
Si j’ai des échos des unes ou des autres, en réalité je ne sais pas qui passe ici.
Si je sais que certains liront et reviendront, je sais aussi que nombre de lectrices et lecteurs, arrivés par hasard ne resteront pas plus d’une minute, parfois trente secondes… et puis comme naissent des amitiés ou des histoires d’amour, une sorte de rencontre a lieu au hasard d’un article ou d’un poème… et je reçois parfois des messages touchants ou intéressants.
Les choix esthétiques sont ici la conséquence des choix « éditoriaux »
Trop souvent, on va chercher un beau « template » ou un thème de site qui plaît pour son esthétique.
Et puis, on se rend vite compte, qu’à moins de se limiter à quelque chose de très conformiste ou d’avoir les moyens de se payer une agence (et encore faut il vérifier son efficacité car il y aurait beaucoup à dire) , si on se contente d’écrire dans du « tout fait », le costume ne sera jamais vraiment bien coupé. Il faut du sur mesure. Et le « sur mesure » c’est « quelle est mon intention ? qu’est ce que je veux partager ? quelles sont mes valeurs de référence ? «
Parfois encore je m’arrête et je me dis : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? (en pensant à un choix technique par exemple).
Il m’arrive de ne plus aimer un texte. Je peux y revenir, le supprimer. Le site est dynamique.
Je regarde s’il n’y a pas d’incompatibilité majeure mais mon moteur n’est pas de tenter de me positionner dans les premières pages du moteur de recherche.
Nota :
J’ai modifié ou enrichi ces temps derniers les pages de présentation.
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