Chaque année en juillet, Cajarc au bord du Lot devient pour quatre jours village Africain. Africajarc est un festival à part. C’est la vingt-septième édition et l’énergie semble intacte. Impossible d’échapper à l’humanisme vivifiant qui se dégage de l’ambiance de ce festival multiple et qui mérite d’autant plus d’être défendu en ces temps difficiles pour la Culture.
Retrouvailles

Il y a du monde. Un marché africain s’est installé dans les rues du village. Des petites filles s’y font tresser les cheveux. Des musiciens jouent. Le mariage est parfait entre la petite cité médiévale et ses visiteurs venus parfois de loin.
Le festival est multiple : cinéma, expositions, littérature, contes, concerts gratuits… Celles et ceux qui viennent là trouveront de quoi occuper leurs journées et même leurs nuits. À cinq heures ce matin, j’entendais encore les tambours depuis la maison…
C’est pour moi la troisième édition. À l’instar du festival en Bastides qui se tiendra plus tard, c’est un moment populaire au sens noble du terme. Voilà un festival qui échappe à l’embourgeoisement.
Son nouveau directeur artistique n’a pas manqué lors de l’ouverture ce 24 juillet, de rappeler les valeurs humanistes, de développer une vision positive de l’ouverture vers les autres, de l’accueil, du métissage des cultures. Le festival est porté par une équipe de bénévoles conséquente, avec le soutien de la commune, du département, de la région. Trouver les financements est la gageure surtout pour un festival qui veut rester accessible pour l’essentiel.
Un beau public
Si je rouspète souvent de ne voir dans d’autres festivals que très peu de jeunes, ici, on rencontre des vieux, des enfants, des ados, des étudiants, des retraités, des familles, des bébés, des chiens, des gens d’ici, des gens d’ailleurs. C’est un beau public et grands-mères comme enfants de cinq ans n’hésitent pas à danser, partager leur joie. Tout se fait dans un mélange de familiarité, de respect et de bienveillance. Ça se mélange dans une belle harmonie conviviale.
Concerts
La scène est dressée dos à la rivière face aux gradins et il est possible d’aller se rapprocher des groupes qui vont défiler. Hier soir, quatre prestations étaient proposées ! Le programme est riche : https://www.africajarc.com/

Djusu « le coeur » en Malinké est un joli trio. Evelyne Mambo sait jouer de la voix. Tradition mais aussi rock-psyché, envolées lyriques, rythmiques, mélancolie… Chanson féministe, humaniste qui évoque aussi avec pudeur les guerres, loin de toute naïveté.

Afrodream venu d’Italie, enchaînait avec ses sept musiciens, là aussi avec une belle énergie.
Le festival se tient jusqu’au 26 juillet 26

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