Douves, vivier et lavoir à Cadrieu


Château de Cadrieu

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2–3 minutes

Par la voie verte volée au train d’antan, le vélo a permis la surprise d’une jolie découverte à l’amusante allitération, voici offerts : douves, vivier et lavoir à Cadrieu, et tu te dis que nos ancêtres savaient bâtir en poésie !


Les douleurs de l’Histoire

Cadrieu

Il n’y a pas 200 âmes dans ce village au bord du Lot. Ce n’est pas bien loin de la maison et comme c’est dans la vallée, mes mollets trouvent encore la force de m’y conduire sur mon vélo musculaire. De la route départementale, on ne verrait rien, il faudra emprunter l’ancienne voie de chemin de fer. Le voyage devait être incroyable jusqu’à Cahors ! La ligne avait été ouverte en 1886. Le choix de déferrer est récent et je ne suis pas convaincu que ce soit une véritable bonne idée que de muséifier l’Occitanie en misant tout sur le tourisme…

Cadrieu possède sa maison seigneuriale, un château détruit pendant la guerre de cent ans, reconstruit au XVIIIᵉ siècle. On y parle d’oubliettes et de douves. Petit j’aurais aimé y jouer. On raconte aussi que la 2e division SS de sinistre mémoire est passée par là.

La découverte

Freine ! Il faut poser le vélo et aller voir de près. On a rénové le lieu. Ici tout est beau si ce n’est la contestable installation d’une table pour y déjeuner. C’est quoi ces touristes incapables de poser le cul dans l’herbe ?

Mais c’est beau. On a fait travailler pour 72 495 euros hors taxe, des artisans locaux. Si l’État, la région, le département, la communauté de communes et la commune ont payé, on a récupéré 3 943 euros d’amendes de Police, la bonne idée ! Mais pourquoi taxer des rénovations ? Donner pour reprendre c’est assez ridicule, comme un jeu d’écritures hypocrite.

Je trouve que le lieu a quelque chose de théâtral. Il suffit de fermer les yeux et d’imaginer. Les femmes chantaient-elles en battant le linge ? Leurs enfants couraient-ils dans l’herbe et jouaient-ils tout autour ou les plus garnements d’entre eux allaient-ils tremper leurs pieds dans le bassin ? Que se jouait-il là ?

Le vivier, pour conserver le poisson du vendredi, qu’y mettait-on ? Probablement ce qu’on avait pu pêcher dans la rivière en contrebas.

Et les oubliettes ? Quelque prisonnier ou malfaisant s’y trouvait-il retenu ?

Si j’étais du coin, j’inventerais un spectacle à offrir l’été… sans sombrer dans les reconstitutions obscènes à la Puy du Fou.

Quand je suis remonté sur mon vélo, m’imaginant conducteur de locomotive, je vous jure que j’ai lancé « Tchou-tchou ! » en démarrant comme un gamin. Un peu plus loin, surgis d’on ne sait où, deux m’ont dépassé en jubilant sur leur vélos équipés de gros pneus.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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