Comment réagir en citoyen face à la crise politique ?


Le Lot en octobre

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4–6 minutes

Les médias s’agitent. Les citoyens sont consternés. Le spectacle est navrant. On parle de crise mais aucun politique ne semble à la hauteur. Aucune autocritique, pas de remise en question. On dirait des gosses crispés. Ils veulent le pouvoir et puis après ? Quand on est citoyen, avec des convictions mais pas forcément militant d’un parti, comment réagir face à la crise politique ?


La tentation de déchirer la carte d’électeur

À titre personnel, je ne me sens représenté par aucun parti politique. J’ai toujours voté. Je ne l’ai jamais fait pour un programme tant j’y voyais d’imperfections mais pour éviter « le pire » en fonction des circonstances.

Quand un programme parfois peut m’intéresser, sembler se rapprocher de mes valeurs, je constate avec tristesse que le fonctionnement interne du mouvement ou du parti censé le porter dit tellement le contraire de ce qu’il propose et prétend promouvoir, que je ne peux m’y retrouver. Les égos, le fonctionnement patriarcal, la compétition interne ou externe, les querelles… tout cela n’est pas nouveau mais me reste étranger. Ce fonctionnement, je ne m’y retrouve pas. L’autorité n’est acceptable que si elle s’exerce au nom d’une fonction ou d’un mandat explicite.

Au delà, les mouvements et partis politiques continuent de penser programmes, planification, ignorant de fait les incertitudes, les aléas, les accidents, l’imprévisible. Autrement dit, je ferais plutôt confiance à un mouvement capable de définir des valeurs, de s’imposer un cadre éthique et plus qu’un programme, capable de proposer des objectifs et une démarche. Et cette démarche devrait permettre de partager le pouvoir, développer l’autonomie dans un équilibre entre individualités à respecter et solidarités nécessaires.

À l’arrière plan, se pose la question du véritable pouvoir sur lequel les citoyens n’ont que peu de prise, le pouvoir économique.

Quand la gauche dit vouloir « taxer les riches » dans un souci légitime de réparer des injustices, elle dit en creux qu’elle s’inscrit dans le modèle économique en vigueur en tentant seulement de le réguler. Mais on le sait, l’Histoire nous a montré qu’imaginer d’autres modèles est difficile dès lors que les nations sont en compétition. Le risque de violences est toujours là y compris en interne contre les populations.

Les politiques instrumentalisent les peurs pour tenter de convaincre : peur de la dette, peur de l’autre…

Bien sûr ceux qui fondent leur projet sur la compétition nous ont déjà démontré que cela conduit à la faillite même s’ils tentent d’en nier les conséquences terribles.

Voter est nécessaire mais n’est qu’un acte citoyen. Une difficulté est de ne pas rester un « citoyen-consommateur » qui essaye des programmes politiques comme des lessives… Lesquelles d’ailleurs n’ont guère de différences d’efficacité entre elles.

S’exprimer

Les lobbys économiques puissants ne manquent pas de s’exprimer notamment au travers des médias qu’ils détiennent. Les citoyens peuvent parfois le faire dans la rue. Nous y étions il y a peu. La stratégie connaît ses limites. Certains militent. Je l’ai fait peu ou prou selon les périodes plutôt pour des causes précises.

Je ne crois pas du tout que les réseaux sociaux permettent des débats intelligents, de développer des idées contrastées. J’y lis souvent plus de bêtises que d’idées éclairantes qui ouvrent et construisent.

Les visions binaires, la désignation de coupables, constituent une façon de s’exonérer à bon compte.

Les livres, les blogs, les écrits longs permettent me semble-t-il de poser mieux les choses. On peut à la fois s’en imprégner, y revenir, mettre de la distance, exercer un regard critique.

S’exprimer par écrit notamment, est un luxe, mais aide à poser les choses, à réfléchir… Le tout est de s’imposer la sincérité et l’honnêteté.

Être ce que l’on attend d’autrui

Une difficulté est de ne pas se laisser happer. Il faut s’évertuer à tenter d’être ce que l’on attend d’autrui. L’assertivité, c’est la capacité de s’affirmer dans ses besoins tout en prenant en compte ceux de l’autre.

On devrait partir de ça pour gérer un village comme un pays. Toute la discussion va porter sur la légitimité des besoins…

Si j’ai besoin d’avoir un voisinage calme pour vivre tranquillement, je me dois d’avoir une attitude paisible.

Il y a la question du consentement : c’est à dire la part d’efforts que je peux consentir par solidarité. Cela suppose que la justice soit la préoccupation première. Je préférerais ce terme à celui ambigu d’égalité. « Liberté, Justice, Solidarité ». Ce serait ma devise…

Au delà du « consentement » il y a la dynamique plus constructive du projet, la part de créativité, d’inventivité… Il faudra savoir réguler, mais il serait intéressant que les politiques au lieu de projets pour « préserver », « sauver », « défendre »… ouvrent des perspectives non pas seulement nourries d’utopies mais d’autres façons de regarder les choses et de nous mettre en projet.

Il y a la question du dialogue. Quand nous nous retrouvons en famille, si chacune-chacun débarque avec ses projets de façon intransigeante, cela devient vite invivable. Regardez ces familles où les uns et les autres ne dînent même plus ensemble pour éviter le contact. Chacun bricole son menu à soi, mais quand il n’y a plus rien dans le réfrigérateur, on fait comment ?

Je reprends souvent mon antienne mais pour les crises comme pour le reste, nous avons besoin individuellement et collectivement d’apprendre pour comprendre, de créer pour transformer (changer le monde en étant attentif à ne pas imposer un cadre figé), de partager et de prendre soin. Autour de ces axes, il y aurait de quoi discuter et faire.

En attendant, restons calmes dans la tempête et sa mise en scène !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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