Quand ils ne disent pas « adventices » par politesse, ils les montrent du doigt avec dédain : « les mauvaises herbes ». Je les appelle moi les « spontanées » et les découvertes ne manquent pas au jardin. Si je régule, je leur laisse la part belle. Les oiseaux et les abeilles adorent. La chatte aussi…
Jouer avec la pelouse
Ceux qui suivent savent que la tondeuse ici est mécanique et non systématique ! J’ai déjà raconté comment je laisse des zones libres, d’autres plus ou moins régulées. Sous les haies, la luzerne s’amuse, mais elle n’est pas la seule.
Folle Avoine, pâquerettes (cette année c’est la fête à la pâquerette), nigelle de damas, escholtzia (avec son orthographe idéale pour une grande dictée), valériane et liseron ont pris le dessus sur les ronces.
La description de la Folle Avoine dans Wikipédia est à elle seule une véritable poésie. J’adore ce passage : L’inflorescence est une panicule, lâche, ouverte, pyramidale, de 10 à 40 cm de long sur 5 à 20 cm de large, composée d’épillets retombants, solitaires. Les épillets fertiles sont portés par un long pédicelle filiforme. Ils comptent deux à trois fleurons fertiles. Les glumes persistantes, sont semblables entre elles, même longueur de 18 à 28 mm, même forme lancéolée à apex acuminé, et dépassent le sommet des fleurons (elles sont plus longues que les glumelles). La glumelle inférieure des fleurons porte une arête dorsale coudée, torsadée à la base, de plus de 25 mm de long.
Les fleurons comptent trois étamines, aux anthères de 3 mm de long. L’ovaire est pubescent. Chaque fleuron présente à la base une cicatrice d’abscission ovale, ce qui permet la séparation à maturité d’un propagule (semence) constitué du caryopse avec ses glumelles, les glumes restant sur la plante. Le fruit est un caryopse velu, de 6 à 8 mm de long, aux glumelles adhérentes.
D’autres m’échappent, il faut se pencher un peu et chercher à les identifier. C’est là qu’on découvre les insectes, dans les fleurs, au pied… Un peu plus bas, Isis la chatte s’est trouvé un nid douillet dans les hautes herbes, quelle fête !
Si certaines fleurs comme les iris sont venues de plantations anciennes, un arbre à papillons en un an a pris une sacré ampleur. Quelques cerisiers sauvages s’agrippent dans la terre argileuse…
Plus encore que jardiner, c’est l’exploration et la découverte de toute cette diversité qui m’épate. Il faut juste réguler un peu pour que personne n’étouffe personne. C’est vrai, je me suis amusé à tracer des chemins par lesquels le chien adore passer comme pour jouer…



Chaque éclosion, chaque découverte est vraiment une réjouissance. Les rosiers en ce moment entrent en scène juste après les églantiers. C’est toujours étonnant de voir l’arrivée des unes puis des autres dans une mise en scène savamment orchestrée. Chacun sait quelle partition il lui faut jouer.
La nature nous rappelle aussi incidemment l’intérêt de savoir accueillir, découvrir les plantes « venues d’ailleurs », apportées par le vent ou les oiseaux comme la beauté de la diversité bien supérieure à l’uniforme auquel les esprits pauvres aspirent.

Un mot en retour ?