Un réseau vraiment social ? C’est possible…


Mastodon

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6–10 minutes

Si je reste très critique avec certains usages, à l’heure où l’on fait porter tous les maux sur les réseaux sociaux, sans angélisme, on peut dire qu’un réseau vraiment social , c’est possible. L’instance Mastodon que je fréquente est enrichissante par les contenus comme nombre de personnes qui l’animent. C’est à préserver, à promouvoir en se plaçant du côté des valeurs.


Ceux que j’ai fui sans regret ou presque…

Janvier 2025, j’ai fui Méta et BlueSky. Ce départ s’inscrivait dans la logique de mon abandon bien antérieur de Twitter (avant qu’il ne devienne X). Cela me parait loin.

Ces réseaux, un peu comme le métro aux heures de pointe, ne me manquent pas. L’air toxique qu’on y respire était vraiment pénible souvent pestilentiel . Inutile de s’infliger ça. D’y perdre son énergie. Me manquent juste quelques jeunes artistes d’Instagram et parfois des infos locales y compris culturelles que je trouvais grâce à des petits groupes Facebook, lesquels sont tout de même envahis de commentaires réactionnaires assez lassants… Il faut donc trouver d’autres sources.

Pour choisir un réseau social, j’ai d’abord utilisé la technique des trois filtres :

  1. le filtre des apports
  2. le filtre de la communication saine ou éthique
  3. le filtre de la sécurité et du respect de l’usager

Je n’ai jamais trouvé d’intérêt à des réseaux comme Snap ou TikTok. Il fut un moment, quand j’avais pris l’abonnement payant, où j’avais pu avoir de bons échanges et découvrir des artistes sur SoundCloud (mais 90 € par an, c’est beaucoup). Pinterest a permis de donner une relative visibilité au site mais je n’interagissais pas. Linkedin promeut tout de même une idéologie droitarde assez contraire à ma philosophie et d’une manière générale, toutes ces plateformes liées aux géants du Web me font fuir. Dans le même esprit je n’utilise plus les applications liées à Google (messagerie, blogs, agenda, drive…).

J’avais un compte sur Diaspora.fr mais je l’ai fermé. Les interactions y étaient réduites et surtout j’y retrouvais beaucoup de messages doublons de ce que je lisais sur Mastodon sans compter la présence de comptes un peu problématiques (ressentiment virulent, transphobie, formulations violentes· sous couvert d’anonymat).

Un seul réseau, quand je veux !

Même si je dispose de temps libre, je n’ai pas envie de me disperser. Je ne veux pas m’enfermer dans des pratiques réflexes et une fréquentation systématique. Je refuse « qu’on me sonne », autrement dit d’être interrompu dans ce que je fais par une notification intempestive.

Dans l’idéal, je devrais réduire ou supprimer ma consultation du réseau sur smartphone, même si c’est vrai que ça peut occuper en salle d’attente, mais d’une manière générale, je ne consulte le réseau social qu’à la maison.

Ce n’est pas l’applaudimètre qui compte !

Abonnements

Au moment où j’écris, je suis abonné à 719 comptes. Certains sont des « robots » automatisés liés à des médias. D’autres de « grands comptes ». J’entends par là, des personnes qui peuvent avoir une certaine renommée dans leur domaine et sont très suivies…

En général, sauf s’il s’agit de pornographie ou de promotion commerciale (heureusement c’est rare), je suis les personnes qui me suivent.

Abonnés

Leur nombre tourne autour de 400. Suivant le principe dit plus haut, certaines personnes s’abonnent puis se désabonnent. On peut faire deux hypothèses : elles transposent une pratique de certains réseaux où l’on s’abonne au maximum de personnes pour se rendre visible ou dans l’espoir de gonfler son nombre d’abonnés… puis on se désabonne pour alléger son fil. Mais deuxième hypothèse, on peut aussi se désabonner par manque d’intérêt, ou même en raison d’un désaccord.

Il faut être lucide : certains abonnés « dorment ». Ils ne publient pas, n’interagissent pas. Difficile de dire s’ils sont au moins lecteurs… Quand on va regarder la rubrique des comptes sans activité, certains n’ont rien écrit depuis des lustres, ou jamais…

Je ne me suis pas livré à une analyse sociologique des abonnés. Certains sont très actifs, ont de nombreux abonnés et abonnements… D’autres ont peu d’abonnés, suivent peu de monde…

Ce que je veux dire ici, c’est qu’il faut de toute façon se libérer de la logique de compétition peu intéressante pour s’intéresser aux aspects qualitatif.

Interactions

Un message peut être mis en favori, être partagé ou commenté.

Les réactions varient selon l’image. Souvent un message lancé trouve écho. Ce que je publie est le plus souvent lié au blog ou aux sous-domaines.

On voit un petit cercle « d’habitués » qui commentent, avec lesquels on échange un peu plus, des liens se nouent ou s’expriment…

Pour m’exprimer de façon développée ou nuancée et garder la maîtrise de mes contenus, je préfère un blog personnel. J’y retrouve certaines personnes du réseau qui commentent le blog (un peu) ou même écrivent directement. J’avoue que j’adorerais réussir à réanimer des correspondances épistolaires papier, mais le numérique s’est imposé, et là pour le coup je suis gravement nostalgique…

La qualité des échanges

L’instance Mastodon où je me trouve, reste policée. Les retours ne sont jamais agressifs. Parfois un commentaire amusé se glisse.

Il m’arrive de réagir si je ressens une forme d’injustice. J’ai tendance à me pondérer moi-même, voire à me censurer ou réagir alors dans un développement soit dans un message personnel (hors du fil), soit dans article de blog.

La qualité des échanges reste forcément fragile. On peut mal se comprendre. Le second degré, le contexte… Nombre d’interprétations peuvent jouer et brouiller les échanges. Il faut rester prudent et ne pas dilapider son énergie.

J’ai vu une fois un message appelant à la violence sous prétexte de vengeance. J’ai supprimé ma réaction et signalé l’instance parce que réflexion faite, je ne voyais pas comment le débat pouvait évoluer de façon apaisée. Inutile de se stresser.

Exercer la curiosité

Ce qui m’intéresse, c’est plutôt de pouvoir exercer ma curiosité.

La part liée à l’information est au final réduite si l’on se réfère aux grandes nouvelles portées par les médias. En revanche, il est intéressant d’avoir le regard d’une personne qui vit un événement ou qui témoigne d’un engagement militant.

J’apprécie de découvrir des apports en termes de connaissances (ça peut être sur la langue, le numérique, un sujet scientifique…). En général, ça débouche sur la lecture d’un article, une chronique sur un blog… Parfois on nous fait découvrir un auteur, un bouquin, un film…

Je découvre surtout avec bonheur des univers d’artistes, de poètes, d’écrivains. Il arrive que nous prolongions les échanges via le site de l’une ou de l’autre…

Grâce à Mastodon, j’ai pu collecter des curiosités numériques et le ferai régulièrement.

La découverte de personnalités

J’apprécie tout particulièrement découvrir l’univers de personnes qui au travers de leurs préoccupations, de leur vécu, témoignent de leur sensibilité, questionnent la façon dont on peut vivre ensemble, aident à comprendre ce que peut vivre telle ou tel dans son quotidien.

Si tout n’est pas à prendre pour « argent comptant », on en apprend sur ce que peuvent vivre certains par exemple lorsqu’elles ou ils sont victimes d’injustices, de traitements inacceptables…

Par leur humour, le ton ou le style de leurs messages, certaines personnes nous font entrer dans des univers qui peuvent toucher. J’apprends de leur expérience de vie.

Parfois, on ne s’adressera qu’un petit signe, à d’autres moments d’autres liens peuvent se tisser sans sombrer dans la problématique des sites de rencontres. On se découvre des formes d’affinités quand on apprécie ensemble un paysage, une région ou un artiste… ou que l’on s’accorde sur une vision du monde.

Je découvre parfois des talents incroyables… qui ne se perçoivent pas toujours comme tels. Il y a des gens épatants et surprenants, c’est idiot à dire mais en ces temps où l’on critique et dénigre à tout va, cela fait du bien…

Articuler au réel

Je vois un certain nombre d’initiatives où l’on cherche à s’articuler au réel par la coopération, en proposant là des formes d’annonces , ailleurs des rencontres lors d’événements culturels, festifs, militants ou simplement amicaux.

Je suis prudent avec tout ce qui participerait simplement à des boucles de renforcement, des formes de cooptation aboutissant au rejet ou à l’exclusion, à l’étiquetage ou à des formes de préjugés. Nos fameux biais cognitifs peuvent toujours nous piéger. Je n’aime pas être enfermé dans une bulle ni qu’on me colle une étiquette !

Je n’oublie pas non plus que toute une frange de la population ne s’exprime pas sur Mastodon et n’en est pas plus lectrice. C’est une fenêtre. Ça reste un espace un peu clos… Une forme de communautarisme fermé peut nuire à notre propre ouverture d’esprit.

Le risque de dérive n’est jamais absent. Il faut rester attentif à cela, se référer à ses propres valeurs, être vigilant et attentif en matière éthique.

Au fond, la lucidité doit intégrer le réseau social comme un espace mouvant qui enseigne, se modèle et se remodèle en permanence. Demain matin, il existera peut-être une toute autre approche que nous n’imaginons même pas encore…

Mon compte Mastodon :


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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