La vie éparpillée


un ciel rouge sur la vallée

·

1–2 minutes
Elle s’est éparpillée
Sur la bouche blême du mensonge
On a mené la morte à la tombe
Juste avant le printemps
Juste avant son anniversaire

Toi, tu t’es envolé sur la moto rouge
J’ai pris ma respiration, puis je suis parti
À Paris

Comme font toujours les jeunes gens qui doivent se sauver
Urgemment

Dans les yeux d’Orlando j’ai bu l’espoir d’être moi-même
En me quittant, il m’a dit que nous finirions nos jours ensemble

Entre-temps le moineau perdu est tombé du balcon
Comme un oisillon du nid
Six étages maudits

J’ai bu l’eau de l’Océan
J’ai mangé la neige de la montagne
Je me suis marié enfin à la rivière

La rivière a des longs cheveux
Je reste assis au bord de la falaise
Je réchauffe mes mains au souffle du chien

Le cortège des amours passe au loin dans la vallée
J’attends un signe,
Que tu reviennes
Que tu lises ces lignes
Ma Reine d’eau douce
Ma fugitive, aux algues bleues

Et que tu poses ton enfant contre mon ventre
Pour que je le protège jusqu’à plus soif
De l’amertume, des contes noirs, des sales légendes

Et que je vous aime, et que je veille sur vous
Jusqu’à ce que se lève le soleil
Sur la longue mémoire sertie d’espoir

Voilà, je t’ai tout dit
Bien sûr que tu peux rester

Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI

dernières publications

Les commentaires

Commentez, ou publiez une réponse sur votre blog (avec un lien vers cet article) ou sur le Fediverse (Mastodon, etc.) : elle apparaîtra ici.

Un mot en retour ?

Vous souhaitez citer cet article sur votre site ? Indiquez simplement votre lien ici.