3 cauchemars, 3 réveils à 3 heures


ciel du soir sur la Causse

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2–3 minutes

Faudrait pas que ça devienne une habitude. La nuit est une autre vie peuplée de rêves nombreux depuis toujours. Mais là, trois cauchemars assez puissants pour rester avec moi tout le jour. Films déroutants qui donnent un sale goût aux journées.

Réveil brutal à trois heures

À chaque fois, le réveil est rude et me fait bondir du lit. À trois heures exactement.

Il y eut sans contexte, cette tête longue, décharnée, ensanglantée, peut-être d’un loup ou d’un chien. Comme une apparition monstrueuse, muette et effrayante. La mort ?

Il y eut cette scène dans Paris. Dans un grand pyjama à rayures roses, assez ridicule donc, je promenais Galou. Lequel n’a jamais connu Paris. Et je n’ai pas porté de pyjama depuis le cours-moyen. Je croisais d’autres personnes nombreuses, des hommes et des femmes en robe de chambre et bigoudis promenant leur chien. Des chiens souvent ridicules un peu comme dans Tintin. Soudainement, je prenais conscience que Galou n’était plus au bout de la laisse. J’avais beau l’appeler, le chercher, demander de l’aide aux gens, je n’obtenais qu’indifférence. Impossible de le retrouver. J’avais beau tourner et retourner autour de l’immeuble où j’avais vécu longtemps. Réveil brutal aussi.

Et puis, presque plus calme, je me retrouvais en classe de première avec la prof de lettres, l’agrégée qui ne me notait pas mal, presque toujours un petit quatorze rouge dans le haut de la copie, toujours sans explication ni commentaire. Je sentais qu’elle me détestait. Je ne comprenais pas pourquoi. Je n’eus jamais droit à la moindre explication, ni au moindre conseil. Dans le rêve, elle moquait publiquement face à la classe dans une grande salle, ma façon d’écrire et autour d’elle, la cour de quelques filles, ces trois ou quatre qui l’adulaient, se gaussait en me regardant avec mépris. Je me réveillai ayant du mal à respirer et surpris de retrouver des personnages de la fin des années 70 !

La prof en question a écrit des tas de livres depuis.

Et de se promener avec des images toute la journée

Comme une ambiance poisseuse ou la sale impression laissée par un film malaisant, je me suis retrouvé, vaquant à mes occupations, avec l’empreinte persistante de ces images, presque leur goût.

Pas de crainte, juste cet espèce de vertige intérieur.

Comme si le rêve m’avait conduit dans l’expérience d’une seconde vie, en l’occurrence pas joyeuse et me laissait des traces poisseuses toute la journée.

Ce que mon cerveau lave, nettoie, archive

Mon pauvre cerveau, après toutes ces années, toutes ces aventures, tous ces épisodes, toutes ces maisons, toutes ces vies différentes, il lui a fallu traiter beaucoup d’informations, digérer, accepter, classer, archiver.

Sa façon de prendre la parole en laissant remonter des bruits de la nuit m’est toujours étonnement.

Je rêve et si je rêve que je rêve ma vie devient comme autant de matriochkas.

Peut-être qu’il lave, recycle parce que demain ça fera trois ans que j’ai signé le bail ici ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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