Comment je déguste les livres


Bibliotheque

·

3–5 minutes

Il y a celles et ceux qui les entassent, d’autres les dévorent, j’aurais tendance à en lire trois en parallèle et laisser en attente juste deux ou trois jours, le roman dont je me réserve le plaisir comme une friandise.

Ne m’offrez pas de livre

Je n’aime pas les mariages forcés. Les livres que l’on m’a offerts ce sont les seuls que j’ai mis en attente pour être certain qu’ils correspondent à mon état d’âme du moment. Surtout les romans. Et si je peux même ici partager certaines de mes lectures, je n’aime guère en rendre compte. C’est affaire trop intime, surtout pour les romans.

Trois livres en parallèle

En général je lis trois livres simultanément. Ils sont souvent répartis dans différentes pièces. Je ne les lis pas au même rythme.

Je place la poésie à part, car je lis rarement un recueil in extenso. Je vais aller, revenir, naviguer.

En général, il y a un roman, une lecture de réflexion approfondie ou un ouvrage historique, une biographie. Je prends le temps de les lire, surtout s’ils sont bien écrits. Et puis le troisième, un livre plus léger : là un opuscule, une autre fois de la bande dessinée, des bouquins liés à la santé, à la psychologie. Ce sera en général vite lu. Ça peut-être lié à l’actualité.

Lire, est le premier geste matinal.

Réserver la gourmandise

Lorsque je choisis un livre en librairie, parfois deux ou trois, s’il y a un roman qui m’attire particulièrement, « me met l’eau à la bouche », attise ma gourmandise comme ma curiosité, je ne vais pas me jeter dessus en rentrant.

Je vais le poser en évidence, telle une gourmandise que l’on réserve. Pas de gloutonnerie, de la délicatesse, de l’attente.

Ce livre là, je me placerai dans de bonnes conditions pour le lire. Tasse de thé et peut-être autre chose. Voilà du moment de plaisir pur où je ne réponds pas au téléphone ni aux sollicitations. Je ne mettrai pas de musique non plus.

Adolescent, imitant ma mère, j’aimais lire au lit. Aujourd’hui, je préfère m’installer dans le fauteuil, mais mieux encore à la table de la salle à manger comme si j’allais déguster un plat maison.

Inutile de souligner que je réserve à ce moment, la lecture de vrais livres écrits par des autrices et des auteurs qui ont des choses à dire, ne s’enferment pas dans le concept et se refusent au buzz passager. J’ai besoin de livres qui me parlent, me troublent, me consolent, m’ouvrent des voies nouvelles. Je n’ai pas besoin de livres qui me noient d’effets mais de livres savoureux, de livres délectables où je peux percevoir les voix humaines.

Retours

Il y a des livres que je sais près de moi.

Enfant, adolescent, je relisais jusqu’à l’usure des livres aimés. J’usais le Petit Chose ou certains Clavel. Barjavel j’y revenais sans cesse. Anne Frank fut comme une sœur.

Adulte c’est plus rare ou parfois juste un passage aimé. Il y a aussi ces livres hérités de la bibliothèque maternelle que je lis malgré la poussière et l’usure comme pour tenter de mieux comprendre quel fut son univers.

Je me souviens d’une copine au collège qui avait décidé de se cultiver par ordre alphabétique. Pour ma part, j’entrevois moins d’intimité avec des livres prêtés ou empruntés. Je sens le passage d’autres mains, d’autres regards. C’est étrange.

J’ai appris depuis peu à alléger ma propre bibliothèque. Pas le plus simple exercice.

Les non lecteurs

J’ai vécu près de dix ans avec une personne qui ne lisait pas. Chez sa mère, un mur entier était tapissé d’une bibliothèque factice. Je ne juge pas. C’est un autre monde. Je ne sais pas comment je ferais sans cet aliment là. Ce serait comme manquer de protéines ou de calcium. J’aurais la crainte de me déliter. Surtout n’avoir aucun mépris. D’ailleurs, j’ai souvent fait la lecture…

Mais vous ?

Je découvre chez les unes et les autres des habitudes construites parfois très tôt. Telle jeune personne va poser son livre à la même place, lire à la même heure. Telle vieille dame emporte un livre à lire au bord du Lot comme une excuse de promenade.

J’ai toujours aimé voir une personne lire. Peut-être cela vient-il du spectacle qu’offrait ma mère, allongée dans son lit sur une masse de coussins, les jambes repliées et plongée profondément dans une lecture dont rien n’aurait su l’extraire. Je me souviens parfaitement de ses yeux courant sur la page, de son visage calme, de la paix qui régnait.

Comment lisez-vous lectrice, lecteur ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI

dernières publications

Les commentaires

Commentez, ou publiez une réponse sur votre blog (avec un lien vers cet article) ou sur le Fediverse (Mastodon, etc.) : elle apparaîtra ici après modération.

Un mot en retour ?

Vous souhaitez citer cet article sur votre site ? Indiquez simplement votre lien ici.