On le dit volontiers : ç’aurait pu être pire ! Ce pire dont on n’est jamais sûr ni certain. Voici entre deux fêtes de fin de 2023, une petite improvisation pour saluer l’une qui finit avant que la nouvelle ne se présente au guichet.
Ç’aurait pu être pire !
L’année qui s’étire
L’année qui se tire
Tu vois la satire ?
Rétif à la fête
Ç 'aurait pu être
Pire !
La deux-mille-vingt-trois
Nous fit de l’effroi
Aux affres l’émoi
Des frasques et des guerres
Affreux comme naguère
Les marchands de canon
Dans la joie prospèrent !
Et crèvent les petits enfants
À l’Est, à l’Ouest,
Ici et à l’envers
Une liste sinistre d’artistes
Défendent un pervers
Au nom du lard et du cochon
Nous perdons la raison
Oraison !
L’année qui s’allonge
L’année qui nous ronge
Tu as bien changé
Une éternité !
J’ai changé de rue,
J’ai changé de Monde,
La pensée émue
J’ai bu chaque seconde
Mais,
Je n’ai pas changé d’amitié
Que craquent les oligarques
Que fondent les canons
Que le monarque démocrate
Ouvre les portes de la maison
Au savoir, à la patience
Au courage, à la résilience
Au partage, à la confiance !
Je ne suis qu’un étranger
Un cheminot, un rêveur sur le causse
Gyapète barbu, je suis le casseur d’os
Casseur de pieds
Je noircis le papier
Si je ne compte plus ceux du poème
Je m’apprête à dire je t’aime
À la vingt-quatre !
Mais sans me battre, ni m’abattre
Écoutant patiemment les battements de ton cœur
Petit enfant du dehors ou gavroche de l’intérieur
Luciole, insecte, ange aux ailes déployées
Merveille de la nature, orphelin oublié
Falaise silencieuse, rivière aux longs méandres
Nature consolatrice aux gestes toujours tendres
Humain, Humain te dis-je,
Humain jusqu’au vertige !
De l’incertain
Humain !
Du pire au mieux
Du mieux au rire
S’effiloche l’année
Encore quelques journées
Puis tu diras dans la sagesse de ton verre
Contemplant le soleil en hiver
Ç’aurait pu être pire !
Oui, ça on peut le dire !
Ç’aurait pu être pire !
Un mot en retour ?