Solstice sur le causse


Galou près de notre chêne aimé sur le causse

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3–4 minutes

Avant la torpeur, nous nous devions d’aller saluer le chêne. Solstice sur le causse ! L’été officiel a débuté à 4h42. Moins de deux heures après nous y étions. Le soleil à l’horizontale fait déjà grimper la température en montant. Voilà le jour le plus long qui commence !


Les campeurs dans les cazelles

Les cazelles , je vous en parle souvent. Sur le causse, sur le site (mal) nommé « Super » Cayrou, les cazelles sont œuvre d’art et refuge. Le cayrou c’est un tas de cailloux. Le lieu a été imaginé par les artistes-architectes du collectif Encore-Heureux et Pieter Dijkstra avant sa réalisation en 2020 par Vincent Caussanel.

Ce matin, du monde dormait dans l’une des cazelles quand nous sommes passés. J’aurais dormi là, je n’aurais pas voulu manquer le lever du soleil, ni les premières heures fraîches pour marcher.

Peut-être les dormeurs m’ont-ils entendu saluer le chêne. Car venir là ne saurait s’imaginer sans aller le toucher, le saluer. Je crois bien que je lui ai parlé ! Des papillons tournaient autour de lui, une énorme toile d’araignée s’était tissée dans ses branches. L’arbre a toujours cette grâce souriante. Dans une autre époque, je lui aurais voué un culte véritable mais mieux qu’un Dieu, cet arbre est un ami, un personnage qui a pris sa pleine place dans ma vie, mais qu’il faut aller voir car il ne répond jamais aux SMS.

Un peu plus loin nous avons entendu les sonnailles du troupeau. Un épagneul breton furtivement a traversé le chemin en courant. Nous n’avons pas vu d’autre animal… Il y a quelques temps, un soir, nous étions tombé nez à nez avec une laie énorme qui avait hésité à charger.

Lieu mystique

Je n’embêterais personne avec ça… mais s’il y avait un lieu où l’on pourrait sans craindre de me heurter répandre mes pauvres cendres, ce serait là. J’aime tellement cet endroit tourné vers le sud. À quelques centaines de mètres, on trouve un dolmen et un peu plus loin une croix.

Lorsque les croyances, le mystique, s’inscrivent matériellement mais en les respectant dans ces lieux magiques que la nature nous offre, je trouve que c’est une parfaite compréhension de la dimension poétique et du souffle vital qui nous relient dans le même élan à la beauté et à l’éternité. C’est ici qu’on peut se poser les grandes questions, respirer et se relier à soi.

On se sent humble et nourri. Le regard peut se porter au loin à l’infini ou au plus proche sur la pierre, l’arbre qui pousse et prend sa place dans le paysage. Invitation au mystère et au voyage. Ce n’est pas pour rien que passe là le chemin de Compostelle.

La joie de Galou

Ce vieux monsieur de 120 ans halète, ahane comme il peut malgré tous les traitements de la vétérinaire. Je l’ai déjà dit sa joie, son amour de la vie, du jeu et des rencontres sont exemplaires.

Je lui apprends l’ombre, les douches douces pour lui éviter la souffrance des temps caniculaires. Parfois c’est difficile et il souffre, mais la gourmandise est là, la soif de jouer avec ses balles aussi et sa joie à fureter sur le causse est entière. En vieillissant la mansuétude et la bonté ne l’abandonnent pas, au contraire.

Je ne lui dois pas seulement la complicité, mais c’est un grand philosophe en actes, un thérapeute hors pair qui ne vous laissera jamais dériver dans les sombres idées.

L’été solide

Nous voilà dans l’été solide. Celui qui nous impose le poids de la chaleur et de la lumière. Le soleil nous rappelle qu’il a sur nous le pouvoir de nous illuminer et de nous brûler.

Si la chaleur n’est pas trop accablante, j’irai ce soir voir qui chante par les rues de Villefranche de Rouergue. Je redoute toujours un peu la cacophonie des fêtes obligées mais je ne renonce pas à l’idée d’une bonne surprise.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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