Le tour du chemin derrière la maison


Descente vers village

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2–3 minutes

Cette chance, ce luxe, c’est de pouvoir s’offrir en sortant de la maison, une balade en pleine nature qui en met plein les yeux, les oreilles et les narines. Ce matin encore, j’étais à ce bonheur bon pour la tête comme le corps.

Un rituel ?

Il ne faut pas avoir le souffle court car ça grimpe. Je ne le fais cependant pas assez ce tour. Quand on sort de la maison, on peut prendre la route qui va au village. Environ 1,5 kilomètres. Ou bien décider d’y aller par le chemin qui va grimper sur le causse, redescendre vers le village et faire ainsi une jolie boucle en revenant par la vallée… D’autres explorations sont possibles et si l’on tourne à gauche on peut aller assez loin à pied et même se perdre…

En regardant l’archive du site, je vois qu’il y a un an, à quelques jours près, j’avais fait la même sortie. Celle là avait été marquante car pour la première fois j’avais dû laisser Galou à la maison. La promenade avait eu un goût de tristesse tant je pressentais déjà qu’une page allait se tourner. Depuis son départ je l’ai refaite cette balade et aujourd’hui encore, je le ressens dans l’air qui vibre, comme un souffle tendre et joyeux qui m’accompagne. Comme il aurait aimé courir et fureter, c’était sa joie.

Contes et fugues

Quand je suis dans ce chemin, je plonge vite dans le monde des contes : celui du Chaperon Rouge qui doit traverser la forêt, ou lorsque Poucet et ses frères s’évadent. Dans le conte Unique, l’enfant parcourt aussi un long chemin. L’histoire de Vadim, un feuilleton, avait aussi pour cadre les chemins. C’est presque une obsession chez moi. Ado, notre troupe s’appelait le « Théâtre des chemins de Provence ». Lorsque je grimpe ce chemin, je repense aussi souvent à la sensation que nous éprouvions en grimpant celui qui jouxtait la maison de ma grand-mère en Haute-Provence et nous offrait des évasions incroyables… L’aventure est à sa porte. À douze ans, je m’inventais des fugues qui ne duraient jamais longtemps, mais je m’imaginais disparaître derrière les collines et vivre caché dans une cabane construite entre quelques genets. J’ai toujours ce goût de l’escapade et surtout de cette liberté conquise sans prévenir personne. Une sorte d’évasion pour se retrouver.

Succession de paysages

Ce que j’aime dans cette balade qui doit durer quatre-vingt dix minutes, c’est la succession de sensations et d’images. Au début ça grimpe dur, le chemin est étroit, herbu. Ce matin j’ai entendu les chevreuils aboyer. Puis sur le causse sec, on a la vue infinie sur le Rouergue d’un côté et le Quercy de l’autre avant de redescendre, de pouvoir admirer le village et la château, la vallée du Lot. Une fois je m’étais perdu dans un chemin étroit menant au bord de la falaise au risque du vertige et de la mauvaise chute. J’aime lorsqu’on pénètre dans le village par le haut, c’est là qu’il dévoile ses charmes… On y croise peu d’humains. Le retour par la vallée rapproche de la rivière et le Lot aujourd’hui avait choisi de se mettre en bleu. Et comme je le disais ce matin, cette sensation d’être sous l’aile douce et protectrice de ce pays…

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Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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