Réunion de campagne

Publié le Catégorisé comme journal d'un électeur Étiqueté
réunion du député laurent Alexandre

Pour le journal d’un électeur, notre envoyé spécial s’est rendu à Villefranche de Rouergue où le député sortant présentait son bilan, son projet, alors que nous irons voter dimanche. Ambiance locale…

Kiosque, saucisses et boulistes…

À Villefranche de Rouergue c’est une période de festivités qui commence avec une étrange juxtaposition des calendriers…« Les festivités débutent le vendredi soir, le 28 juin, avec un concert gratuit place Notre-Dame, dès 18 heures. Une soirée organisée par le comité des jeunes, qui en est à sa deuxième édition  » dit la Dépêche. La fête foraine s’est installée. Si j’ai bien compris il doit y avoir un corso mais dès aujourd’hui à dix-neuf heures, soit une heure avant cette réunion proposée par le député sortant, il y avait un apéro à la mairie…

Soleil brulant, kiosque, ambiance un peu moite, poussière, chiens paisibles et joueurs, des personnes attablées, pas loin une roulotte vendait ses frites, un saxophoniste jouait fort bien… Quelques drapeaux étaient accrochés aux grilles, de la CGT surtout, quelques un des insoumis…

Peut-être deux cents…

Imperturbables, quelques boulistes jouaient de l’autre côté ne manquant pas de s’exclamer. Des abstentionnistes ?

Ce ne sont pas des bourgeois, c’est le peuple qui est là. Au sens noble du terme. Peu de jeunes, sauf peut-être deux ou trois qui étaient de la marche des fiertés. Ce vieux peuple de gauche qui me rappelle la fête de l’Huma avant qu’elle ne devienne trop bobo… Ce soir c’était un mélange de culture paysanne et ouvrière, de militants un peu usés, de syndicalistes, de copains qui se connaissaient…

Le candidat

Il a 51 ans. Laurent Alexandre est né au pays, ouvrier. Il a l’accent, pas la grosse tête, le sens du dialogue, une vision humaniste, une présence sympathique d’emblée, à l’écoute, rassurant… La langue est sans fioriture et lui même ne cherche pas à se donner des airs. C’est ce qui lui donne sa crédibilité. Un passé de syndicaliste, ce que lui reproche son adversaire, et justement une vraie connaissance du pays et du travail…

La chaleur ? La fatigue ? Il tient le choc surement. Il parvient à répondre par avance aux contradicteurs, notamment à distance, à ses adversaires parachutés sur l’Ouest du département pour tenter de le contrer.

Le public lui est acquis sauf un sbire qui me rappelle le prophète dans Tintin qui tenta de le haranguer à la fin, trop incohérent pour que je le comprenne, les vieux ici le connaissent visiblement et à son énervement les tablées ont répondu en chœur : « Unité ! Unité ! »

Et le mot n’est pas déplaisant à entendre… et les applaudissements furent chaleureux.

Paris est loin

Bastide 1

Mais que Paris est loin et que l’Aveyron semble enclavé. Le train Rodez-Paris est souvent annulé. Le désert médical on connait. Et l’agriculture familiale est à la peine. L’Aveyron a souvent été plutôt conservateur. Villefranche de Rouergue s’est démarquée il y a longtemps, avec un maire modéré, Robert Fabre, le pharmacien président des radicaux de gauche – il avait signé l’Union de la gauche avec le PS et le PC – scandale à l’époque ! …Le maire élu en 2020 est un jeune « divers gauche » (MRG ? ) qui tente de réactiver la bastide…

Paris semble loin comme au dix-neuvième siècle… et encore à cette époque on avait un joli réseau ferré… Paris semble loin comme si la région, le département, ce n’était plus tout à fait la France, un peu plus qu’une province profonde…

Le débat

Dans la voiture les voix mêlées d’Attal, Bardella et Faure. Cacophonie. Qui apprend quoi sur qui ? Attal un peu meilleur, Bardella très (trop) sûr de lui. Celui là se cassera vite les dents à la réalité.

J’ai regardé la fin d’un œil distrait. Que pouvait apporter de plus ce débat ? Des gens auront-ils changé de choix à son issue ?

Le parcours d’obstacles

Comme des vagues successives que l’on doit franchir tour à tour… Le premier tour et dimanche soir. Je redoute d’avance tout ce qui va s’égrener, les énervements, les trahisons… mais les gens sont las de ce cirque. Si les revanchards pétris de ressentiment attendent avec gourmandise de pouvoir laisser exploser leur petite rancœur, ils s’empoisonneront tout seuls avec leur fiel.

Ce serait juste triste qu’il y ait trop de dégâts même si certains aimeraient, fondant l’espoir que cela incite à quelque renversement de table alors que le parti de l’Ordre trouvera en réalité toujours assez de supporteurs pour légitimer le surcroit de coups de matraque…

Quelle curieuse et triste époque…

Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

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