Pas une journée sans apprendre !


Lepre

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3–5 minutes

D’aussi loin que je remonte, je crois que c’est une constante. Pas une journée sans apprendre. Qu’il s’agisse d’expériences concrètes, de découvertes sur soi, de notions dans des domaines divers, c’est un trait humain, plus ou moins développé mais qui avec la création est à mes yeux source de vie.


Ma vieille boussole

Je dis vieille boussole car les habitués de ce site savent que j’en parle souvent. Une journée réussie, c’est une journée où j’aurai pu apprendre quelque chose, créer, partager, prendre soin de moi et d’autrui…

Mais tout commence par « apprendre ».

Apprendre

Philippe Perrenoud définit très bien ce qu’est apprendre : c’est désirer, persévérer, construire, interagir, prendre des risques, changer, exercer un drôle de métier, mobiliser et faire évoluer un rapport au savoir…

Lorsque j’apprends je suis tour à tour balancé entre la joie de la découverte et presque la souffrance quand je crois que c’est la connaissance qui résiste, alors que c’est moi qui résiste.

Ce qu’on cherche, la plupart du temps est sous nos yeux.

Il faut décoder un langage, comprendre une logique.

L’impatience ou l’obstination mal venue peuvent me bloquer. Et si je me dis que je suis nul, c’est une bonne façon de ne pas m’exposer.

Serge Boimare a très bien parlé de ces enfants qui s’empêchent d’apprendre par peur, par impatience…

On peut souvent apprendre en regardant l’autre faire ( succès des vidéos YouTube) mais il faudra oser se lancer à un moment donné.

Je vois aussi deux modes d’apprentissage qui supposent une disponibilité, la capacité de rester en curiosité :

  • la rencontre parfois inattendue
  • la résolution d’un problème

Qu’as-tu appris à l’école mon fils ?

On se souvient de la chanson de Graeme Allwright… mais il ne parle peut-être pas là d’apprentissage…

Si je regarde ma journée, qui n’est pas encore achevée j’ai appris des choses d’ordre et de niveau divers :

  • comment mieux positionner le harnais adapté de mon chien malade
  • que le cabinet de vétérinaire rural pouvait faire une analyse sanguine en quelques minutes comme une radiographie
  • qu’un médicament pour les humains pouvait être prescrit à mon chien et je suis allé regarder pour quels motifs il est prescrit pour les uns ou les autres
  • comment modifier un fichier .htaccess qui régit les règles de sécurité de ce site
  • les limites du CMS que j’utilise en matière de sécurité
  • à analyser certaines erreurs techniques du site
  • que je peux encore perdre du temps à vouloir obtenir la perfection sur des points de détails
  • mais qu’en creusant malgré tout ce point de détail je pouvais mieux comprendre les causes d’un problème et choisir d’ajuster ma réponse
  • j’ai découvert aussi un blog qui me référençait et par sérendipité les richesses très intéressantes qu’il proposait…

Venue de la rencontre inattendue ou de la confrontation à un problème à résoudre, mon expérience se construit à partir d’un savoir disponible, plus ou moins installé, avec une appropriation plus ou moins automatisée et sa confrontation à l’action (qui est une forme de création).

Si je lis un ouvrage de philosophie et qu’il ne transforme pas ne serait-ce mon regard, alors je n’ai rien appris. Ou alors cela dit que je n’ai rien compris ou que je me suis ennuyé ou que je n’ai pas voulu être remis en cause par une connaissance ou une approche perturbatrice.

Il en va de même en regardant une série à la télévision. Je m’autorise à regarder des séries bêtes qui m’aspirent par le vide, parce que je veux m’abandonner… le tout est de s’en rendre compte ! J’apprends alors que je peux plonger dans la vacuité… C’est un peu comme se gaver de mauvaises confiseries… ou souffrir d’addiction. L’addiction m’attache et ne me permet pas de m’élever, ni d’apprendre, ni de vraiment créer au sens conscient du terme.

Des apprentissages implicites

Il y a ce que nous savons mais que nous n’élucidons pas toujours. Ou ce que nous croyons savoir qui relève de la croyance.

L’apprentissage n’est évidemment pas seulement scolaire…

Comme Monsieur Jourdain on peut « faire de la prose sans le savoir » mais c’est intéressant souvent d’aller éclairer ce que l’on sait… le retour sur soi, ses connaissances…

Que faisons nous de nos apprentissages ?

Ils nous façonnent. Ils nous transforment et nous engagent. Dans ma vie, en changeant d’activité, j’ai souvent découvert que des domaines sans lien apparent pouvaient s’éclairer les uns, les autres… l’expertise acquise là peut devenir utile ailleurs et se transposer.

Cela plaide pour les ponts entre les domaines, les sciences. On a souvent critiqué la polyvalence, mais on voit aujourd’hui combien les polymathes permettent des avancées puissantes dans la connaissance.

Apprendre va permettre d’inventer, de créer… et logiquement inviter à interagir car l’activité intellectuelle mêle sans cesse ce colloque intime et l’émulation de la pensée de nos semblables humains.


Ça vous arrive vous, une journée où vous n’apprenez rien ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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