Mais quelles sont mes intentions ?


Garcon

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4–6 minutes

Cette semaine j’ai choisi de causer de l‘intention. Ce creux de l’été est le bon moment. C’est un sujet adoré par les coachs et autres gourous de service comme par les philosophes. Mais quelles sont mes intentions ? Encore faut-il en avoir. Et quelles soient « bonnes ». Mais l’enfer est pavé de « bonnes intentions ». Et l’on ne peut tout prévoir ni tout planifier. Avoir une intention ce n’est pas se donner simplement un projet, c’est déjà une direction, une mise en route qui restera lettre morte si elle ne se confronte pas au réel. Ce n’est pas une lettre de mission, ni un programme de travail. C’est l’action de tendre vers -intensio- un horizon dont pourtant je ne connais que les vagues contours. Un risque ?


Je n’ai pas l’intention de me laisser faire !

L’intention que l’on se donne est une forme d’émancipation. Le criminel refusera sciemment la Loi ou alors bénéficiera de l’excuse de la folie. Mon intention doit trouver sa légitimité dans un cadre moral et éthique. La mise en tension s’exercera entre mes valeurs et la réalité de la vie, ses contraintes, ses accidents, la rencontre de l’autre. Si je m’en tiens à une vision dogmatique, le déchirement risque d’être trop dur.

Rodrigue, as-tu du cœur ?

Don Diègue et Don Gomès ont projeté d’unir Rodrigue et Chimène, qui s’aiment. Cette intention partagée sera contrecarrée par le comte qui par jalousie lorsque le vieux Don Diègue est choisi comme précepteur du prince lui donne un soufflet. Don Diègue, aurait l’intention de se venger mais en est incapable du fait de son âge. Et le voilà remettant sa vengeance entre les mains de son fils Rodrigue. Faut-il écouter son amour ou son devoir ? La suite est dans le Cid bien sûr…

Dans « Quel est son prénom déjà ? » (roman en libre accès ici ), Orlane va tout programmer de sa vie dans le moindre détail et tout faire pour parvenir à ses intentions qu’elle avait pu formuler très tôt avec précision. Un mari, une maison, trois garçons. C’est ce qu’elle veut. Sa volonté lui permettra de parvenir à ses fins. Mais la réalité cruelle va hélas la rattraper.

Le plan soviétique d’hier nous a montré ses limites. L’impéritie d’aujourd’hui ses dangers.

« Il l’a bien cherché » disons-nous souvent d’une personne noyée dans des difficultés.

« J’ai bien l’intention de rester discret… » dit-un autre qui refuse de s’exposer. Certains ont le projet de ne rien faire ce qui est un choix et un message.

Celui qui a l’intention de faire carrière en écrasant les autres est juste un salaud. Mais celui qui par crainte de l’imposture n’ose pas s’élancer, renonce et s’abandonne. Pourtant, l’intention ne saurait se confondre avec la réussite. « L’important c’est de participer » disait l’autre qui n’avait pas que des qualités.

 » J’ai l’intention de suivre un régime pour pouvoir remettre ce pantalon. » Me voilà en recherche d’une clé, d’une autorisation, d’un chemin, d’une démarche…

L’intentionnalité

Si je me fixe un but, je serai déçu dans deux cas : si je ne parviens pas à l’atteindre. Je pourrais en concevoir du ressentiment contre moi-même ou contre autrui. Si je parviens à l’atteindre, je ne saurai me contenter de rester statique. Que faire de sa réussite ?

Plutôt que de chercher un sens, l’idée est de donner du sens.

Je peux agir, faire sans intention apparente ou sans être capable d’expliciter ce que je fais. Les habitudes y compris sociales nous envahissent vite et nous « mangeons sans faim ».

Mon intention ne pourra se mettre en œuvre que si je suis capable de me focaliser, me centrer, donner mon attention à une action précise au service de cette intention… Je vais devoir choisir quitte à me singulariser.

Quand j’ai fait part de mon intention de déménager et quitter la Bretagne, j’ai entendu souvent : « alors vous allez nous quitter ?  » Mon intention n’était pas de quitter des personnes appréciées mais de découvrir un nouvel univers et de nouvelles personnes, quitte à accepter certaines pertes et ruptures, certains éloignements. Mon intention focalisée sur un objet n’avait pas tout pris en compte. On entend souvent dire : « on sait ce qu’on perd, pas ce qu’on trouve« .

Donner du sens à ce que je fais

Quand je me suis lancé dans la mise en ligne de ce site, je voulais un espace pour partager des créations et puis j’ai éprouvé l’envie ensuite de m’exprimer, partager des réflexions. Ce n’est qu’au fil des réflexions qu’est venue l’idée de « vivre heureux en poésie » (comme une intention générale) en prenant appui sur une « boussole » dont les quatre points cardinaux sont les suivants : si je veux qu’une journée soit réussie, je dois pouvoir avoir appris quelque chose, crée, partagé et pris soin de moi ou d’autrui. L’intention de ce site est de chercher la cohérence et pour cela de s’inscrire dans un cadre éthique, sans dogmatisme… Loin d’un modèle théorique, tout cela n’est qu’une illustration et un guide de ce que je cherche à vivre, m’appliquer à moi-même. Il s’agit d’une démarche où l’intention initiale, le cheminement, la perception du réel et d’autrui… tout cela se construit au fur et à mesure.

Une intention en amène une autre, une découverte peut conduire à une autre, y compris de façon imprévue.

Dans les textes suivants, je vais avoir besoin de réfléchir à la façon d’orienter mon intention, comment questionner mon intention, comment m’assurer de sa sincérité, comment la conduire et comment la relier au présent en me permettant de trouver le « flow » ?

à suivre !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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